The Outer Worlds- Le test sur PlayStation 4

Catégories : RPG, FPS, Space Opera

Plateformes : PS4, Xbox One, Nintendo Switch (sortie prévue en 2020) et PC

PEGI : 18+

Langues : Textes en français disponibles

Taille : 17 GO sur consoles, 38 GO sur PC

Date de publication : 25 octobre 2019

Développeur : Obsidian Entertainment

Éditeur : Private Division (filiale de Take Two)

Disponible en dématérialisé (également compris dans le Xbox Game Pass) et en boîte

Avec la participation de Shepard qui s’est concentré sur la Version PC du jeu.

 

Connu pour ses Star Wars Knights of The Old Republic 2 (ou KOTOR 2 pour les intimes), Fallout New Vegas, l’excellentissime Alpha Protocol et South Park le bâton de la Vérité, le studio Obsidian est réputé pour être l’un des meilleurs studios de la scène vidéoludique. Quand ce dernier annonça son nouveau projet, une nouvelle IP pour couronner le tout, il n’en fallu pas vraiment plus pour que nous attendions sa sortie avec impatience. Que vaut The Outer Worlds ? Réponse dans un test à la variable pas si invariable que ceci cela.

Avant d’aller plus en avant, histoire de poser les bases qui vont bien, il faut savoir que l’une des choses qui nous excitaient un peu avant de prendre la manette, c’est de savoir qui était à la tête de The Outer Worlds, en effet, on retrouve deux visages très connus des fans de Fallout by Interplay, du temps où ils n’étaient pas développés par Bethesda, on parle donc de Tim Cain et Leonard Boyarski. Rien que ça.

Sorti de votre sommeil cryogénique en quatrième vitesse par un bien étrange personnage du nom de Phinéas Wells, qui a quand même l’extrême honneur d’avoir un avis de recherche au dessus de la tête lancé par le Conseil, vous découvrez dans un premier temps que vous êtes restés congelés 60 ans de plus que ce qui était prévu au départ et que votre vaisseau, le Hope, est déclaré disparu dans les confins de l’espace. Personne n’a daigné découvrir le pourquoi du comment. Après avoir pris le temps de créer votre personnage, homme ou femme, avec vos attributs et plus si affinités, vous comprenez tout doucement la portée de la situation : l’espace est détenu en grande majorité par le Conseil, un conglomérat d’entreprises qui a racheté parcelle par parcelle les Galaxies et y fait littéralement ce qu’il veut, c’est à dire du pognon plein les tubes, au détriment des hommes et des femmes qui se font broyer par la machine capitaliste devenue détraquée et qui rince jusqu’à la dernière goutte ce magnifique concept instauré par les plus riches, qui choquerait un Olivier Besancenot entre deux tournées de courriers, mais qui offrirait un paradis la tête dans les étoiles à certains membres de la classe politique actuelle.

C’est ainsi que vous êtes envoyé sur Terra 2, dans la Galaxie Halcyon, où votre première mission sera de rencontrer un informateur. Sauf que votre contact initial avec lui ne se passera pas comme « prévu » et nous dirons que pour un premier contact, hé bien, hum, il est venu « trop » à notre contact ? Quoi qu’il en soit, vous récupérez son vaisseau, l’Imposteur, son IA, Ada, ainsi que votre première vraie mission, qui sera de partir de la planète en récupérant une source d’énergie. Le début d’une longue et spectaculaire aventure inter-galactique à l’ancienne qui nous à surpris de façon très positive et qui a aussi le mérite de ne mettre personne d’accord sur ses qualités et ses défauts.

Au niveau de la prise en main, celle sur consoles est plutôt agréable, sans non plus être révolutionnaire. Une touche pour viser, tirer, pour reprendre de la santé, activer un ralenti faisant furieusement penser au VATS de Fallout (ici, il est appelé Dilatation Temporelle Tactique ou DTT, conséquence de votre long séjour en cryogénisation). Partagé en trois parties, les combats, l’exploration et enfin les dialogues. Le gameplay est donc assez nerveux et pour un FPS, ça fait juste le job. Mais ce n’est pas là où on l’attend réellement pour être franc. The Outer Worlds se veut être un Space Opéra avec énormément d’inspiration puisée dans les Fallout, les Mass Effect et dans certaines séries TV comme Firefly. Tout ce cocktail, une fois agité et versé nous offre une œuvre pour le coup totalement inédite et fort bienvenue dans notre paysage vidéoludique.

Mais qu’est-ce qu’on y fait dans The Outer Worlds au juste ? Hé bien… Ce que vous voulez ou presque. Tout dépendra de vous et de ce que vous souhaitez être pour tout le beau monde qui vous attendra. De notre côté, la première fois que nous entrons dans notre vaisseau, taillant une bavette avec notre IA, on se décide à opter pour un axe politiquement incorrect : nous allons mentir à tout bout de champ en endossant l’identité de l’informateur que nous devions rencontrer. Se faisant, nous devenons un fieffé menteur, tout en se faisant passer pour le gentil de l’histoire, pourvu que nos intérêts y gagnent. Peu importe notre façon de voir la mission du moment, notre profit personnel était la seule raison de venir en aide aux entreprises, enfin aux gens, oups. Au passage, on ne s’est pas gêné pour mentir, voler, escroquer, et mentir encore afin de couvrir le premier mensonge, voir même celui qui arrive histoire de se faire le max de crédits… Ah c’est beau la vie de mercenaire de l’espace quand même, non ? De fil en aiguille, on s’est surpris à devenir un ennemi « naturel » pour le Conseil, qui est le cliché ultime de l’état de notre monde mais en (très) exagéré, bien assez pour qu’on aille même jusqu’à parler de « satire ». Le capitalisme exacerbé du Conseil et ses travers sont poussés à l’extrême et très souvent dans notre aventure, nous nous sommes surpris à réfléchir à la situation ainsi qu’à la portée de nos actions et de nos décisions. Sans entrer dans les détails, The Outer Worlds vous demandera souvent de prendre de grosses décisions et de les assumer. Une habitude chez Obsidian mais étant donné que The Outer Worlds est bien l’une des seules œuvres sortie cette année à pousser le curseur aussi loin, il est de bon ton de vous le communiquer.

Votre aventure dans les étoiles vous offrira une multitude de personnes à rencontrer, avec une tonne de quêtes secondaires à remplir si le cœur vous en dit, une dizaine de lieux semi-ouverts à explorer (avec souvent le panorama qui va bien), avec toujours la même constante du souci d’écriture qui donne cette envie de toujours poursuivre (bon on avoue, ça paye très bien en terme d’expérience également…), des compagnons à recruter, six pour être précis, avec leur propre série de quêtes à faire si vous le souhaitez (ou non). On se permet de vous dire que nos compagnons préféré(es) sont Ellie et Parvati. Charismatiques comme on les aime, mais aussi assez humaines et touchantes dans leur écriture, elles sont là, elles réagissent à vos propos et vos actions, aident même pas mal en combat, ce qui nous surprend puisqu’on a enfin de « vrais » compagnons avec nous et pas des mulets de circonstance (c’est ce que nous faisions dans les Fallout de chez Bethesda…). Mais rassurez vous, le reste du casting de compagnons reste intéressant à suivre, entre un Vicaire en quête de lui-même, une chasseuse de monstres championne de la Galaxie de vidage d’alcool ou un petit jeune un brin susceptible quand on parle du sport local, bref, nous n’avons pas boudé notre plaisir de rencontrer de nouveaux personnages hauts en couleur.

On en parle un peu plus haut, en effet The Outer Worlds n’est pas un Open World mais nous propose des lieux semi-ouverts, assez grands, avec tout de même un cycle jour nuit, qui nous offre des vues absolument splendides en termes artistiques et souvent, on se surprend à avoir la tête levée, vers le ciel et même dans les étoiles, tant la vue est absolument superbe… Et surtout, au contraire de ce qu’on a pu lire à droite et à gauche, l’exploration vous récompense un peu. Bien entendu, nous ne sommes pas dans un looter qui vous noie dans du loot inutile, non. Mais si vous sortez un peu du sentier balisé, vous pourrez explorer et retomber sur une petite récompense, comme un combat avec de l’expérience ou des petits coffres avec des munitions à la clé. C’est peu, c’est sûr, mais en soit, l’exploration mérite de se perdre un peu entre deux quêtes et il fallait le noter.

Mais outre la touche artistique très SF des années 50, le vrai contenu de The Outer Worlds, c’est le souci du détail dans son écriture. Pour un AA, elle est remarquable et nous plonge dans notre aventure avec une justesse et une générosité que nous n’avons vu nulle part ailleurs dans d’autres productions. Même si nous regrettons l’absence de romance pour notre protagoniste. Car oui il y a un peu de romance mais pour vos compagnons, vous, vous pouvez servir de chaperon… Si le cœur vous en dit, bien évidemment.

Mais qu’on se rassure, The Outer Worlds vous propose aussi de l’équipement, classé en trois catégories que sont tenue légère, standard et lourde, avec un système de bonus/malus, des armes qui vont de l’arme de corps à corps, à l’arme de poing jusqu’à la sulfateuse, elles aussi réparties en trois sortes : dégâts normaux, dégâts plasma et électrique. Régies par un système d’usure, il faudra passer de temps en temps à un établi pour réparer aussi bien vos armes que votre tenue, avec au passage la possibilité d’y mettre un mod d’arme ou d’armure histoire d’avoir des petits effets non négligeables. Nous regrettons seulement l’absence d’un vrai fusil à pompe, ça nous aurait bien aidés mais ce n’est pas si grave que cela. Bref, il y a une certaine liberté de ce côté là que nous laissons à votre discrétion pleine et entière. Nous finissons sur la partie du loot « alimentaire », qui même si il vous offre des petits effets si ingérés, ne sert hélas pas à grand chose, sauf à être revendu, histoire d’amasser quelques crédits supplémentaires, qui eux peuvent servir, soit à vous acheter une tenue, des munitions ou même carrément à l’établi afin d’upgrader la puissance de feu et la protection offerte par votre armure. Ceci-dit, nous vous conseillons d’être au niveau maximum (30) et d’être vers la fin de votre aventure afin de maximiser le processus.

Graphiquement, nous en parlons au dessus, la patte artistique de The Outer Worlds est absolument magnifique et le moteur Unreal Engine 4 se débrouille plutôt pas trop mal, sauf quelques petits ralentissements au tout début de l’aventure, dans les premières minutes, pour après se stabiliser. Sur Xbox One S ainsi que sur PS4, The Outer Worlds est techniquement propre et une fois que nous nous sommes lancés dans notre aventure, aucun souci ne nous a stoppé dans notre élan. Du côté de la durée de vie, tout dépendra de vous mais de notre côté, nous avons accompli notre aventure en plus de 42 heures et quelques minutes, tout en sachant avoir peut-être raté une ou deux quêtes secondaires. Pour un AA, nous trouvons que la durée de vie est assez exemplaire puisque le rythme ne faiblit jamais, que chaque quête que nous avons accompli était vraiment intéressante à suivre et enfin et surtout qu’au moment de voir le générique de fin apparaître, un petit pincement au cœur nous faisait clairement comprendre que nous n’en avions pas eu assez, gage des plus grands.

Néanmoins, ce qui pourrait rebuter pas mal de joueuses et de joueurs, c’est bien le fait que The Outer Worlds ne propose absolument pas de Version Française dans son doublage. Tout juste une traduction avec une fâcheuse manie d’avoir une police d’écriture toute riquiqui, ce qui est clairement un problème. C’est un coup à prendre mais si vous jouez assez « loin » de votre écran, nous vous conseillons de vous en rapprocher… Ou de vous attacher une loupe devant les yeux. Quand à la bande son, celle ci se laisse écouter. Nous ne sommes pas des experts en OST certes, mais cette dernière fait le travail. Douce, chaleureuse et discrète dans les moments calmes et énergique quand ça se bastonne. Un mot sur le doublage VO, nous avons reconnu Ashley Burch (Aloy dans Horizon Zero Dawn et Chloé Price dans la 1ère saison de Life Is Strange) qui double ici Parvati Holcomb. Dans l’ensemble, on sent que les membres du casting sont convaincus dans leurs rôles respectifs et nous offre donc une prestation globale de haute volée, tout comme l’ensemble de The Outer Worlds d’ailleurs.

Le mot de Shepard :

Coté PC, techniquement, le titre est impérial, avec des temps de chargement de l’ordre de la poignée de secondes, un jeu fluide en toutes circonstances et quelques panoramas véritablement exquis. En revanche je n’ai pas encore terminé le jeu, la faute à un bug concernant une quête de compagnon. Chaque quête étant un moment mémorable (surtout celles qui concernent nos coéquipiers) je préfère attendre un patch correctif pour terminer mon aventure dans son intégralité. Un soucis fâcheux quand on sait que, d’autre part, à l’époque où les jeux ont la mauvaise habitude de sortir à moitié finis, The Outer Worlds est quasiment dénué de ce genre de problème.

Nous pourrions aisément vous parler de The Outer Worlds durant des heures et des heures sans nous lasser, tant l’attente que nous avions placée en lui est comblée voir même dépassée. Nous parlons bien d’une nouvelle IP, avec un budget moyen et en soit, force est de constater que le contrat est rempli d’une main de maître, celle d’Obsidian, qui confirme et conforte tout le bien que nous pouvons penser de ces messieurs dames. The Outer Worlds n’est ni une hype éphémère ni un jeu moyen qu’il faudrait faire par dépit comme on a pu lire à droite et à gauche, c’est bel et bien le commencement d’une oeuvre marchant délibérément du côté de Fallout, en lui montrant qu’offrir une aventure solo écrite avec respect envers les joueurs est encore parfaitement possible en 2019. De notre côté, entre la dernière production de Bethesda que nous qualifions aisément d’escroquerie en bande organisée et The Outer Worlds, jeune rookie qui à des arguments à faire valoir, le choix est vite fait. C’est maintenant à Obsidian de jouer un immense va tout qui pourrait, ou non, confirmer nos dires. En espérant que Microsoft, désormais propriétaire du studio, mettra la main au portefeuille et permettra au talentueux studio de développement d’avoir enfin les moyens de leurs ambitions. Quand on voit ce qu’ils sont capables de faire avec un budget serré, on ne peut que rêver de cette possibilité. 

Test réalisé par Jensen à partir d’une Version PS4 fournie par l’éditeur.

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