Atelier Ryza : Ever Darkness & the Secret Hideout – Le test sur Nintendo Switch

Catégories : J-RPG

Plateformes : Switch, PS4

PEGI : 12

Langues : Textes en anglais

Taille : 5,46 GB

Date de publication : 01/11/2019

  Développeur : Gust

Éditeur : Koei Tecmo

Disponible en téléchargement et en boîte

 

Le dernier opus de la prolifique série Atelier auquel j’ai eu l’occasion de jouer est Nelke & The Legendary Alchemists : Ateliers of The New World, un des deux opus sortis plus tôt cette année dans nos contrées. La rédaction de GamingNewZ a également eu en main Atelier Lulua : The Scion of Arland qui avait quant à lui su convaincre C2ric, plus que l’épisode testé par mes soins n’avait su le faire. Nelke & The Legendary Alchemists n’est pas un mauvais jeu, mais le parti pris du studio Gust d’utiliser la gestion comme élément fondateur de son titre, au détriment de l’exploration et du combat, lui a retiré une partie de son « âme ». Aussi, lorsque les éléments du gameplay de ce tout dernier opus ont été décrits, cela s’annonçait plutôt prometteur. Ceci dit, lorsqu’une série a fêté ses 20 ans et sa trentaine d’épisodes parus, il est légitime de se demander comment les développeurs vont parvenir à se renouveler avec trois titres publiés dans la même année. Ce dernier arrivé se trouve ainsi dans une situation inconfortable, celle de l’opus qui va devoir absolument faire ses preuves et convaincre les fans que le studio Gust n’a pas mis au monde l’épisode de trop.

Nous faisons ainsi la connaissance de Ryza, une jeune fille énergique au caractère bien trempé, qui rêve de rompre un quotidien ordinaire en partant à l’aventure. Elle réside sur l’île de Kûken et va entraîner ses deux amis Lent et Tao au delà des rives de l’île vers le continent, dans une excursion secrète. Le trio va ainsi faire connaissance de Empel, alors que le personnage les sort d’une situation dangereuse. A l’instar de Nelke dans l’opus précédemment cité, Ryza ignore tout de l’Alchimie. Elle va tout de suite tomber sous le charme de cette pratique utilisée par Empel et va demander à leur sauveur de la lui enseigner.

Après une mise en place du contexte qui ne dévoile pas une originalité notable dans la personnalité de nos trois protagonistes ou dans le scénario, nous allons découvrir les rudiments du gameplay en matière de combat. Cette mise en bouche confirme la première impression laissée par les quelques informations mises à disposition avant la sortie du jeu, les affrontements reprennent leurs droits, allant même au delà de ce qui était proposé dans Atelier Lulua. Gust nous propose ici un système de tour par tour en semi temps réel. Cela implique que, lorsque nous choisissons les actions que nous souhaitons pour Ryza, nos deux acolytes gérés par l’IA continuent le combat. Notez qu’il est possible de switcher d’un personnage à l’autre à l’envie, d’une simple pression sur les gâchettes et surtout qu’un système de Rôles à leur attribuer apporte encore un peu plus de profondeur à l’ensemble. En effet, chacun devra endosser celui de défenseur, support ou attaquant, sachant que le niveau de ces rôles augmente en fonction de l’équipement dont il vont disposer au fil de leur progression.

Venons en au cœur du combat. Lorsque vient son tour, le leader peut choisir parmi quatre actions. En plus de la possibilité de simplement déplacer le personnage – ou d’inverser sa position avec celle d’un des deux autres protagonistes – il est possible d’opter pour « Attaque », « Skills » ou accéder aux objets disponibles. Si ces derniers ont une utilité des plus évidentes, les deux autres options méritent quelques précisions. L’attaque est en toute logique le coup de base que va porter Ryza (ou le leader du moment) sur son ennemi. Elle est d’une importance primordiale, car elle permet de cumuler des AP, autrement dit des Points d’Action, qui vont à leur tour permettre d’utiliser les Skills. Un Skill est une attaque spéciale puissante qui consomme un nombre donné d’AP. Il existe des Skills différents que nous allons obtenir au fil du jeu et qui demandent un nombre variable de points pour être enclenchés. Les habitués de J-RPG ne vont pas être dépaysés, car il s’agit d’un mode opératoire qui fait partie des fondements du genre. En outre, les Attaques vont également permettre d’augmenter le niveau de Tactics, qui, plus il est élevé, plus il permet de réaliser des combos à fort potentiel de dégâts.

Pour conclure sur le système de combat, une dernière précision s’impose au sujet des Tactics.  Le Tactics 1 offre 10 AP, le Tactics 2 une vingtaine etc. Lorsque vous passez du niveau de Tactics 1 ou 2, du 2 ou 3, vous perdez les Points D’Action que vous aviez cumulé, qui vont à nouveau se cumuler jusqu’à atteindre la limite suivante. Il va donc être intéressant de garder un œil sur le niveau de Tactics afin d’optimiser l’utilisation des Skills. De plus, vos partenaires peuvent vous inviter à réaliser des actions précises lors des affrontements et si vous répondez à leurs attentes, une attaque en sus sera infligée aux ennemis. Au regard de tous ces éléments de gameplay, le système de combat d’Atelier Ryza apporte un réel plus par rapport à celui de ses prédécesseurs.

Le système d’Alchimie est un axe indissociable de la série Atelier. Dans cet opus, il va s’intégrer progressivement suite à la rencontre mentionnée au début de ce test. Il est cependant important de signaler qu’il ne faudra certainement faire preuve de persévérance car les pérégrinations  de départ et les premiers éléments au sujet du fonctionnement de l’alchimie vont être ponctués d’une trame scénaristique qui va peut-être sembler peu captivante à certains d’entre vous. Quoi qu’il en soit, Atelier Ryza propose une refonte de ce système d’alchimie, avec un arbre à embranchements, disposant de plusieurs cases sur lesquelles il faut positionner les ingrédients que nous souhaitons, selon un schéma spécifique à l’objet souhaité. Les ingrédients utilisés vont également apporter des subtilités, à expérimenter pour obtenir la centaine d’objets différents disponibles, en plus de ce que des recettes plus spécifiques peuvent apporter. En outre, un système de « recyclage » d’objet permet de récupérer des gemmes qui vont servir à bonifier un item déjà créé, via l’arbre d’Alchimie. Ce processus permet non seulement d’éviter la reprise fastidieuse d’une recette à son début, en permettant d’incorporer des éléments sur l’arbre d’un objet à ceux existants, mais aussi d’optimiser plus facilement et plus rapidement son équipement.

En termes de gameplay, Atelier Ryza : Ever Darkness & the Secret Hideout est donc une réussite. L’enthousiasme sera légèrement moindre concernant le scénario qui sans être inintéressant, montre des limites. Si certains thèmes abordés sont sérieux, l’ensemble garde un ton léger et positif, une façon d’aborder l’histoire qui peut être assimilée à un manque de profondeur par une partie des joueurs. Notez également que si on est loin de l’exploration et de l’ampleur peu accrocheuses de l’épisode Nelke & The Legendary Alchemists, Atelier Ryza ne se démarque pas particulièrement par sa richesse ou la liberté offerte au joueur.

Les environnements et le bestiaire ne proposent pas non plus une variété remarquable, mais Atelier Ryza est visuellement très propre. Les mouvements des tissus, ceux de la végétation mue par le vent et quelques autres détails du même acabit agrémentent une modélisation, une finesse et une fluidité très honnêtes. D’ailleurs, si le chara-design ne révolutionne pas le genre, reprenant les standards et les clichés chers aux J-RPG, certains personnages – par ailleurs finalement peu nombreux à rejoindre l’aventure – se démarquent et ont le petit-je-ne-sais-quoi qui font leur charisme. Celui de Ryza est particulièrement réussi, mais on peut noter une inégalité dans la qualité graphique des personnages selon les séquences. Une chose est sûre, cet Atelier se regarde avec plaisir et me paraît être plus abouti que ses aînés sur ce plan. Quant à la bande son, elle est juste parfaite. Le doublage japonais est excellent et, d’un point de vue très personnel, n’est ni surjoué, ni auditivement désagréable comme ça peut l’être dans certaines productions. L’éternel regret qui va cependant subsister est l’absence de localisation en français, qui prive, une fois de plus, les non anglophones d’une expérience qui vaut pourtant le détour.

Atelier Ryza : Ever Darkness & the Secret Hideout est un opus très agréable à parcourir, qui va s’avérer être le meilleur de tous ceux parus, en plus d’être l’épisode idéal pour aborder la prolifique saga. Son point le plus fort est sans conteste son gameplay, qui se démarque de ses aînés tout en conservant les fondements de la série. Le constat est le même concernant l’ambiance du jeu, qui nous transporte dans une aventure positive, comme Gust sait si bien les faire. Les amateurs de la première heure vont sans aucun doute apprécier à la fois de retrouver les éléments qui font qu’ils apprécient la licence, à la fois les changements apportés aux combats et à l’alchimie. Si le tableau n’est pas parfait – on peut reprocher un petit manque d’originalité du scénario, de certaines quêtes et de la personnalité des personnages, ainsi qu’un démarrage qui s’enlise dans des éléments de l’histoire moins intéressants que ceux proposés par la suite – Atelier Ryza est la meilleure expérience créée à ce jour par le studio pour sa série.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par l’éditeur et Koch Media.

Merci à eux !

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