Just Ignore Them – Le test sur Playstation 4

Catégories : Point and click, Horreur, Aventure

Plateformes : PS4, Switch, Xbox One, PC

PEGI : 16+

Langues : Textes en français et autres langues

Taille : 294,81 MB

Date de publication : 18/10/2019

  Développeur : Stranga

Éditeur : Ratalaika Games

Disponible en téléchargement

 

Just Ignore Them n’est pas la dernière production horrifico-fantastique de Netflix mais bel et bien le point and click de Stranga sorti en 2017 sur Steam, qui arrive enfin, sur les consoles de salon. Comme toute histoire d’horreur qui se respecte, le point de départ de terribles évènements arrive un soir. Mark, âgée de 8 ans, se retrouve seul dans sa maison. Etrangement, sa mère semble partie faire des courses alors qu’il est très tard… N’arrivant pas à trouver le sommeil et apeuré par des bruits provenant de son placard et de l’aération de sa chambre, Mark décide de se réfugier dans celle de sa mère. Malheureusement, il retrouve sa mère morte, tuée probablement par des monstres ressemblant au « Ghostface » de Scream. Depuis ce soir-là, Mark erre sur les routes poursuivi par des créatures sanguinaires. Pourquoi lui ? Ce sera à vous de le découvrir.

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Vous l’aurez compris, le jeu de Stranga n’est pas des plus joyeux. Nous sommes loin de l’humour débridé d’un Grim Fandango ou d’un Day of Tentacle. Le but ici est de vous faire frissonner tout en instaurant chez vous l’envie de connaître la fin de mot de l’histoire. En ce sens, Just Ignore Them se rapproche plus, sur le plan cinématographique, des genres du slasher ou du giallo. Il y aura des séquences gores mais aussi du suspens. Qui sont ces monstres ? Sont-ils réels ? Est-ce quelqu’un qui les contrôle ?
Seulement, le joueur se rend compte très vite que l’histoire ne repose sur rien d’autre que son postulat de départ alléchant. Stranga Games ne parvient pas à capter l’attention sur son histoire tant elle se révèle au final incohérente et abracadabrantesque. Elle n’est tout simplement pas travaillée. Pire que cela, les personnages n’existent pas. Leurs caractères sont tracés en deux grosses lignes et changent au gré des séquences. Dans ces conditions, il est difficile de s’attacher à des personnages que l’on doit protéger de monstres.

Ce manque de finition dans la partie « histoire » se ressent également dans ce qu’on appelle la narration environnementale. Dans un point and click, l’histoire se développe à travers des lignes de dialogues mais aussi des scénettes, une télévision montrant une émission, des affiches, des photos ou autres éléments. Ici, Just Ignore Them se contente de peu. Une lettre, une photo et c’est à peu près tout. C’est le comble quand il s’agit de développer des personnages, un univers et une ambiance.
De plus, la traduction française n’aide pas à comprendre au mieux les enjeux. Des contresens sont faits, des tutoiements deviennent des vouvoiements, des expressions sont traduites littéralement. Il y a de quoi embrouiller l’esprit de ceux qui veulent vraiment entrer dans cette aventure.
Malheureusement, ce constat de manque de finition s’étend également au gameplay du titre et notamment sur son portage console. En effet, le jeu reste simple à prendre en main comme tout bon point and click. Un bouton pour regarder son environnement, un bouton pour interagir avec. Cependant, manette en main, nous constatons un manque de précision lorsqu’il s’agit d’interagir avec des objets. Il faut parfois être au pixel près pour qu’une action se fasse. C’est frustrant. Ensuite, il n’y a pas de bouton dédié pour faire apparaître les objets à utiliser. Pour utiliser un objet, il faut mettre son curseur tout en haut de l’écran. Cela fera apparaitre le menu où il faudra alors « cliquer » sur l’objet pour le prendre en main. L’ergonomie n’est pas optimale. Malgré ces imperfections, nous sommes loin d’un cas qui nous empêcherait de jouer mais cela se sent que le titre avait d’abord été pensé pour le PC et non pour les consoles.
Enfin, Just Ignore Them n’est pas un point and click pour les acharnés du genre. Il reste simple dans ses mécaniques, ses énigmes. Ce qui n’est pas un défaut en soi. Les énigmes sont logiques et non pas tordues comme nous avons pu le voir plus jeune dans des titres comme Day Of Tentacle. Le jeu est accessible, très accessible. Néanmoins, cette facilité nuit clairement à la longévité du titre. Il suffira d’une toute petite heure pour le finir si on débute dans ce type de jeu. Vous pouvez rajouter 30 minutes si vous voulez voir les deux fins… C’est un peu court.

La particularité du jeu est surtout son aspect visuel. Les développeurs de Stranga ont pris le parti de donner un aspect 8-16 bits lissée et minimaliste à leur projet. Le choix est surprenant surtout quand il s’agit de faire un minimum peur. Pour être honnête, cela ne fonctionne pas du tout. Le jeu manque de personnalité dans sa DA. C’est trop classique. Visuellement, rien ne viendra marquer l’esprit du joueur, même les scènes de tueries. Aucun soin n’a été apporté aux différents lieux que vous allez arpenter. Pourtant, des jeux proches de Just Ignore Them comme 2Dark de Frédérik Raynal et son Voxel ont réussi à avoir une réelle direction artistique à défaut d’être de bons jeux. Par conséquent, il est difficile de s’imprégner d’une éventuelle ambiance oppressante avec une DA quelconque.
Ce minimalisme acharnée est partout notamment sur la partie sonore du jeu. Une fois encore, ce choix n’est pas payant. La majorité du temps, c’est le silence. Il n’y a quasiment aucun bruitage. Par exemple, Mark se retrouve seul dans une maison qui semble vide. C’est le silence. Pas de musique, pas de bruitages venant d’une télé allumée ou d’un parquet qui grince sous nos pas. Cela ne permet pas de ressentir la peur. Le contraste entre une télé qui fait du bruit et le silence de la maison aurait pu apporter ce sentiment d’étrangeté, d’oppression nécessaire à un titre comme Just Ignore Them. Les rares fois où des notes de musique se font entendre sont lors des apparitions des monstres. A la manière du film « Halloween » de John Carpenter, des notes stridentes font office de mort pour les personnages à l’écran. Cependant, si les quelques notes de musique de Carpenter sont toujours autant marquantes plus de quarante après pour les spectateurs, ceux de Just Ignore Them peinent à faire frissonner.

Just Ignore Them est typiquement le jeu qui part avec une bonne idée mais qui n’arrive pas à la soutenir tout le long et surtout qui rate tout ce qu’il entreprend. Quel contraste avec My Big Sister, un autre titre de Stranga bien plus inspiré, qui est le parfait opposé de Just Ignore Them. L’histoire est bâclée, l’ambiance n’est pas réussie, la direction artistique est inexistante et le portage sur consoles est fainéant… Dans ces conditions, il est impossible de recommander le jeu de Stranga malgré son petit prix. Les amateurs de point and click passeront tristement leur chemin.

Test réalisé par Gwoka sur une version offerte par l’éditeur.

Merci à eux !

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