Need For Speed Heat – Le Test sur PlayStation 4

author image by Jensen | Tests | 1 Comment | 18 Nov 2019

Catégories : Course auto urbaine

Plateformes : PS4, Xbox One et PC

PEGI : 16

Langues : Version Française intégrale

Taille : 26,7 GO

Date de publication : 8 novembre 2019

Développeur : Ghost Games

Éditeur : Electronic Arts

Disponible en dématérialisé ou en boîte

Fêtant dignement ses 25 ans d’existence, la saga Need For Speed a enchaîné les courses, les productions vidéoludiques ainsi qu’un film avec Aaron Paul (je vous avoue que contrairement au consensus général, je le trouve plutôt bon, je l’assume entièrement) et nous propose donc son dernier opus en date : Heat. Une saga aussi vieille dans le paysage vidéoludique mérite un peu de respect certes, mais malheureusement pour le studio Ghost Games et une série que je porte dans mon petit cœur de joueur, j’ai la triste nouvelle de vous annoncer la mort de Need For Speed. Pas de chant du cygne, ni de retraite bien méritée, tout juste une sortie de route dans le décor au détour d’un virage dangereux. Paix à ton âme Need For Speed.

Tout partait pourtant plutôt bien. Depuis Rivals en 2013, le studio Ghost Games nous proposait un opus tout les deux ans, Need For Speed en 2015, Payback en 2017 et enfin Heat cette année (2019 pour les deux du fond que j’ai perdu). Après deux épisodes plutôt bons, empruntant une bonne voie, même si Payback avait un peu de plomb dans l’aile avec son histoire de speedcards, sorte de micro-transaction à peine déguisée, j’étais le premier à soutenir les efforts des messieurs dames du studio car je croyais en eux. Sauf qu’après avoir passé un certain nombre d’heures dessus, je dresse un constat où je me dois d’être cash avec vous : Heat est une immense catastrophe qui déçoit tant le travail du studio après quatre opus aurait dû être différent de ce que j’ai constaté durant mes sessions.

NFS Heat nous emmène à Palm City, sorte de Miami fictif plutôt belle, avec un climat tropical oscillant entre temps dégagé et grosse pluie de bel effet. Le scénario, qui n’a jamais été le point fort du studio, nous met en place deux camps bien déterminés : les pilotes qui réalisent des courses légales et illégales d’un côté, et les forces de l’ordre menées par un certain Frank Mercer et ses deux acolytes – décidant de prendre les choses en main et de calmer tout ce beau monde – de l’autre. Pris sous les ailes de la très jolie Ana, vous allez devoir monter les échelons de l’échelle sociale, vous faire un nom et défier la Ligue, le boss de fin de ce cru 2019. Ah j’ai failli oublier deux choses, les pilotes de course sont les gentils et les flics… méchants. Très méchants même. Que ce soit au travers des cinématiques frôlant le ridicule et repoussant la barrière du malsain à longueur de temps et in game, où les courses poursuite que j’ai faites se sont (presque) toutes soldées par un game over, du moins au début, puisque j’ai très vite compris qu’en ratissant les ruelles mal famées à bord d’une grosse berline bien connue des fans du Transporteur (les films avec Statham, pas la série), j’ai donc compris que je pouvais leur échapper. Hé oui, pas de courses poursuites, pas de risques de perdre la moitié de mes gains et la totalité de ma réputation, pas bête l’Augmenté, n’est-ce pas ?

Parce que oui dans NFS Heat, quand (je dis bien quand et pas si, puisque les flics sont tellement vénères qu’il vous chopent tout le temps), non seulement vous perdez la moitié de votre cash mais aussi la totalité de vos points de réputation. La première fois, on découvre la chose, on se dit bon d’accord, je ferais attention. Par contre, au bout de la 3ème fois, on se dit « qu’est-ce que c’est que ce bazar Tarconi… ? ». Parce que NFS Heat est un calvaire de bout en bout, que ce soit au niveau de la « bande son » et manette en main. Justement, j’y arrive à ce fameux gameplay. Et c’est pas du joli, sortez votre caisse à outil, l’huile moteur va couler dans le garage.

Manette en main, NFS Heat est morne comme la pluie,  voir ultra répétitif même. Enfin quoique, la pluie de Palm City reste intéressante à observer. Non seulement le gameplay complexifie beaucoup trop la chose mais en plus, on ne ressent rien. Parce que oui dans le passé au moins, NFS nous a toujours habitué à cette sensation de vitesse qui lui offrait une identité propre que j’aimais. Mais ça, c’était hier. Parce que maintenant avec Heat, tout est balayé d’un levé de pied sur l’accélérateur, en tournant légèrement le joystick gauche et hop on drift comme dans le troisième volet de Fast And Furious Tokyo Drift et bim bam boum la voiture nous fait une manœuvre comme dans les vieux films d’actions américains quand il y avait des courses poursuites. Alors oui, ça offre parfois des moments assez spectaculaires mais le gameplay est tellement assisté en permanence que j’ai failli m’endormir durant une de mes sessions sur le jeu… En pleine course contre l’IA. A un NFS. Je sais, moi aussi je ne comprends toujours pas, je devais être fatigué ce jour là… Le gameplay de ce NFS Heat est littéralement un naufrage donc. Je ne ressens rien lors de mes sessions (mis à part un ennui total…) et je me suis dit que peut être, j’aurais pu me réfugier dans un autre secteur que le jeu aurait pu me proposer. Sauf qu’hélas, et vous allez le voir, NFS Heat cumule beaucoup trop de choses négatives pour au moins se sortir la roue arrière de la gadoue dans laquelle il s’est fourré…

Au niveau du contenu, il y a de quoi faire ! C’est bourré à ras la tartine niveau quantité, surtout en terme de catalogue de voitures et de leur customisation, à savoir qu’on peut choisir dans quelle catégorie elle vous sera utile entre course, route, drift et off road, de la personnalisation de votre personnage (que vous pouvez choisir sur une vingtaine de personnages, tous clichés au possible et avec un large choix de vêtements tous aussi ridicules les uns que les autres, même si il y a des marques officielles comme Adidas. Qui, mis à part les gens gavés de pub, oserait s’habiller avec « ça » ?). Mais au niveau de la qualité, c’est discutable. Très, voir trop discutable même. Vous avez le choix entre les courses sur circuit (vous faites trois tours de piste), les sprints (d’un point A à un point B) et les courses de drift. Pour l’instant, c’est cool, tout va bien, la saga nous propose toujours la même chose et c’est tant mieux. Ensuite, on retrouve les épreuves de vitesse, de drift et de saut disséminées un peu partout sur la map, là encore ça fait le travail. Et pour finir, on retrouve les collectibles distribués non plus sur la map (ils le sont toujours) mais par quartier où, quand vous complétez la petite liste, vous ressortez avec des récompenses plus ou moins grosses selon le type de collectibles. NFS Heat va donc vous demander, attention accrochez vous bien, de défoncer des panneaux, de trouver des tags et de mettre la main sur des flamands roses. Oui, des flamands roses. A ce niveau, ça ne s’invente plus.

Alors oui, NFS Heat vous offre de quoi faire, c’est vrai, je ne le nie pas, mais rien qui ne me convainc, pas un seul instant, surtout en cette fin d’année ultra chargée, d’y mettre on ne sait combien d’heures pour faire l’intégralité du contenu… De plus, NFS Heat enlève son cycle jour nuit pour nous offrir le choix de changer l’heure à notre convenance. En effet, si vous jouez de jour, tout ce que vous faîtes servira à vous remplir les poches de brouzoufs histoire de vous acheter véhicules, pièces de performances, beaux vêtements et de quoi rendre votre voiture ultra classe, quand à la nuit, où tous les chats sont gris, tout ce que vous ferez servira pour monter votre réputation et ce jusqu’au level max 50. Sur le papier, c’est une idée qui se tient. Ingame, c’est encore une fois une catastrophe. Non seulement Palm City ne vit pas le jour, mais la nuit, c’est pareil. De plus, pourquoi avoir dissocié l’argent et la réputation ? Dans la vraie vie, quand on accomplit des courses clandestines, peu importe l’heure du jour ou de la nuit, on ne se fait pas connaitre ? Genre « ah bah non, tu cours le jour, nous ne savons pas qui vous êtes monsieur ! » On repassera pour la logique…

Ça n’aurait pas été complètement un problème si d’une part la Police était très mal calibrée et limite invincible, qu’on te force à devoir farmer encore et encore au niveau du cash et de la réputation pour continuer la quête principale (un procédé vieux de 10-15 ans quand même) et d’une autre part que le jeu ne te punissait pas en te prenant pas toute ta réputation et la moitié de ton cash quand tu te fais choper. Je ne sais pas vous mais de mon point de vue, j’ai passé l’âge d’être puni mais bon pourquoi pas après tout, chacun son petit plaisir, personnellement il ne se trouve pas là dedans.

Encore et toujours développé sur le Frostbite, moteur maison vieillissant (faudrait songer à le mettre à la retraite à un moment, il a fait son temps le pépère) de EA, NFS Heat n’est ni moche, ni magnifique, il est assez quelconque finalement. Même si, sur PS4 Pro, j’ai réellement apprécié le comportement de la pluie ainsi que de la voir sur les véhicules. Les visages des différents protagonistes sont particuliers à observer malgré celui plus réussi de Ana. On a toutes et tous nos faiblesses… Embarquant toujours une Version Française, NFS Heat nous en offre une particulièrement… ratée. Aucune implication des comédiens et des comédiennes, c’est tellement ridicule que j’en ai souvent tiré un sourire gêné devant mon écran. Quant à la bande son…

Les différents moteurs sont vraiment réussis mais alors la bande son et je parle avant tout de la Tracklist, parlons en. A travers ses différentes productions « sportives » (NBA Live, FIFA et justement NFS), l’éditeur nous à toujours habitué à découvrir de nouveaux talents musicaux avec une certaine justesse et un savoir faire qui fait que j’ai réellement aimé les Tracklists des deux précédents NFS (je m’écoute encore parfois celle de Payback que j’aime réellement). Mais alors celle de Heat, soit les gens derrière ce travail de découverte et de compilation se sont fait virer ou alors le service manque cruellement de moyens parce que là encore NFS Heat cumule un négatif certain. Censée retranscrire l’atmosphère très latino de Palm City, la tracklist de Heat mélange musique latino, rap et une très légère pincée d’électro et n’est ni plus ni moins qu’un raté sonore. Oui vous lisez bien. A un tel point que pour la première fois de ma vie, j’ai dû me créer un compte Spotify histoire de protéger mes oreilles de « ça ». De toute évidence, NFS Heat m’a fait souffrir dans pratiquement tout ses compartiments.

Après Need For Speed en 2015 et Payback en 2017, j’ai réellement cru dans le studio Ghost Games. Mais après lui avoir consacré un certain nombre d’heures dans ce NFS Heat où j’ai beaucoup plus souffert que réellement pris du bon temps (c’est censé être un Jeu Vidéo, je le rappelle), je suis bien obligé de dresser le constat suivant : je n’ai rien à retenir de positif sur NFS Heat. Même pire, moi fan de la saga depuis Underground 2, j’assiste à la fin funeste d’une licence que j’ai toujours aimé, malgré ses opus inégaux. Voir que Need For Speed ne peut plus rien produire de mieux que Heat m’attriste vraiment et me rendre compte que non, je ne suis pas sévère mais honnête me fend légèrement le cœur. Allez Ghost Games, il est temps de confier le développement à quelqu’un d’autre. La saga peut se relever d’un tel coup dur mais par pitié, arrêtez les Need For Speed, si vous n’avez plus rien à dire autour d’une série qui mérite notre respect et qui a peut-être perdu le vôtre. Quand à vous, joueurs et joueuses, fuyez NFS Heat s’il vous plaît. Need For Speed n’est pas cet opus Heat, NFS c’était avant tout Underground 2, Most Wanted (de 2005), peut être l’opus Carbon mais certainement pas celui-ci qui cumule le mauvais, le très mauvais, le ridicule, le gênant et un malaise constant alors qu’avec un peu de bonne volonté, il aurait pu et dû être meilleur que ce résultat final désastreux. Fuyez, pauvres fous, fuyez, je vous en conjure.

Test réalisé par Jensen sur une version offerte par l’éditeur.

Merci à eux !

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