Terminator : Resistance – Le test sur Xbox One

Catégories : FPS, Science Fiction, Action, Infiltration

PEGI : 16+

Plateformes : PS4, Xbox One et PC

Langues : VOSTFR

Taille : 18 GO

Date de publication : 15 novembre 2019

Développeur : Teyon

Éditeur : Reef Entertainment

Disponible en dématérialisé ou en boîte

Objet de 6 films (je compte le dernier en date Dark Fate), d’une série TV Les chroniques de Sarah Connor et de quelques jeux vidéo – 14 avant celui ci – la saga Terminator est culte selon certains – dont je fais partie – et quelconque pour d’autres. Malgré une saga qui semble à bout de souffle au cinéma, il se pourrait bien que du côté du JV, il y ait de l’espoir. La saga Terminator nous raconte qu’en 1997, Skynet, IA conçue par les humains, se retourne alors contre ses créateurs et déclenche la fin du monde, appelée « le Jugement dernier ». Après plus d’une trentaine d’années de guerre, les humains réussissent à remporter la victoire sur Skynet. Néanmoins, sentant venir la défaite, Skynet envoie alors dans le passé, grâce à une technologie appelée EDT (Engin de Déplacement Temporel) un T-800 pour tuer une certaine Sarah Connor, afin qu’elle ne puisse pas mettre au monde son fils John, leader de la Résistance. L’œuvre de James Cameron s’est imposée dans le cœur de bon nombre de cinéphiles au fil des années, avant de connaître un déclin certain à partir de l’opus Genisys, sans même parler de Dark Fate, qui s’est éloigné des standards qui ont fait le succès de ses aînés. Terminator : Resistance aurait pu être de cette trempe, ça ne m’aurait pas tant étonné que cela et je m’étais forgé un avis ultra négatif sur son compte à peine fut-il annoncé. Fort heureusement pour moi, la nouvelle production de Reef Entertainment, l’équipe derrière le très oubliable rail-shooter Rambo, m’a très légèrement fait fermer mon claquet. Comment ? Pourquoi ? C’est très simple : même en ayant les deux pieds et poings liés, il se hisse dans le haut du panier des adaptations de films en JV en nous proposant un scénario inédit, à l’ancienne, avec un respect certain de l’œuvre et un gros soupçon de fan service en veux tu en voilà. Et durant l’écriture de ce test, j’en redemande même encore.

Dans Terminator Resistance, nous incarnons Jacob Rivers, résistant membre d’une cellule de Los Angeles. Au cours d’une opération, son unité tombe dans un piège formé par une menace nouvelle et seul Jacob survit, sauvé par un étrange samaritain, lequel lui intime l’ordre de fuir. Jacob s’exécute et rencontre un groupe de survivants qu’il peut très bien aider ou non. Une fois fait, tout ce beau monde se réfugie dans un abri de fortune et c’est ainsi que débute Terminator : Resistance. Après avoir récupéré de ses émotions, c’est alors qu’on nous révèle que si Jacob Rivers est au centre des attentions, c’est qu’il fait partie d’une longue liste de personnes que Skynet veut abattre quoi qu’il en coûte. Et c’est sur ce flou scénaristique que le jeu va jouer durant les 10-12 heures qu’il m’a fallu pour arriver jusqu’au générique de fin. En enchaînant surprises sur surprises, quand bien même dans les grandes lignes je savais à l’avance ce qui allait arriver.

FPS pur souche, Terminator se veut être un mix entre Fallout et Homefront et vous proposera son lot d’armes à feu conventionnelles et armes à énergies. Au début de votre aventure, il faudra la jouer de façon intelligente et essayer de ne pas rentrer dans le tas immédiatement. Ce qui amène un poil de profondeur puisqu’on ressent une certaine urgence dans la situation. Nous sommes un humain contre une foule de machines en face et en soit, il faudra la jouer fine jusqu’à mettre la main sur un fusil laser et là, le jeu se transforme, du moins en mode normal, en shooter assez tactique où il faudra faire avec une IA qui sait que pour une fois, elle peut incarner l’objet de ses rêves absolus : un T-800 (et bien d’autres modèles) qui n’hésitent pas à vous foncer dessus dès qu’ils vous voient ou vous entendent, ce que d’habitude une IA vidéo-ludique ne peut faire sous peine de voir son JV en prendre plein la tronche à cause d’elle. Un gameplay classique, sans aucune nouvelles features pour se démarquer mais efficace sans vraiment renouveler la gamme des émotions qu’on pourrait ressentir manette en main. C’est solide mais en étant oubliable une fois la console éteinte.

Terminator Resistance vous propose donc une trame principale pouvant se finir en ligne droite en grand max 7 heures (selon votre difficulté) mais histoire de rallonger un peu la note, des quêtes secondaires facultatives viennent s’ajouter, réparties dans des zones qu’il faudra explorer pour les accomplir tout en fouillant comme il le faut votre environnement. Elles permettent de mettre la main sur des denrées constituant votre argent in game, histoire d’aller le dépenser en items bonus divers et variés. De plus, tout un système RPG est mis en place et vous offrira des points de compétences à répartir dans trois branches, à condition d’obtenir de l’expérience. Pour ce faire, pas de secrets, il faudra accomplir l’histoire, les quêtes secondaires et tuer vos ennemis. Il y a également deux « mini-jeux » pour vous permettre de crocheter des portes ou des coffres verrouillés en forçant le verrou, des phases issues directement des Fallout by Bethesda en moins précises. Puis le second mini-jeu, lui, vous demandera de pirater les terminaux de Skynet avec un exercice d’observation et de rapidité pas bien compliqué à faire. Mais la « vraie » plus value au niveau du contenu, c’est bel et bien l’écriture générale de ce Terminator : Resistance. J’étais surpris de découvrir une œuvre respectueuse de son matériel d’origine, profitant d’une époque bien trop peu mise en scène (Salvation avec le duo Bale-Worthington avait eu l’audace de vouloir nous proposer le début d’une trilogie voulant explorer cette époque d’après Jugement Dernier, en vain vu son flop au box office) et qui ne tombe pas dans les pièges bien trop faciles d’une adaptation à la scène près des films, ouf. L’écriture du scénario dans sa globalité me surprend donc, ainsi que certains personnages comme Jennifer et Baron, deux demoiselles (on ne se refait pas…) qui se révèlent humaines tout en étant fortes et évitent de nous servir la même soupe que Dark Fate.

Néanmoins, il me faut vous le dire, Terminator Resistance a comme qui dirait une génération de retard sur la mise en scène mais se sauve grâce à un artifice auquel je n’aurais pas pensé : la nostalgie. La nostalgie d’une époque où nous pouvions sans problème aucun, parler de tout et de rien sans qu’on nous tombe dessus, la nostalgie d’une époque où nous n’avions pas besoin d’avoir un Open World dans notre JV pour passer un bon moment. La nostalgie de la génération précédente qui nous avait abreuvé de JV « courts », qui nous accrochaient du début à la fin, sans nous perdre un seul instant. La nostalgie d’une époque révolue maintenant et qui m’a sauté au visage durant mes deux sessions sur Terminator : Resistance, lui offrant un charme et un charisme d’avant, perdu au milieu des JV actuels qui jouent à celui qui sera le plus grand, le plus beau et le plus creux. Oui le tarif demandé pour Terminator : Resistance est un poil élevé à sa sortie, mais si c’est le prix à payer pour que le studio et/ou l’éditeur continuent sur leur lancée, alors soit. Je laisse à votre pleine et entière discrétion d’être d’accord ou non sur cette réflexion concernant la somme à débourser.

Développé à partir de l’Unreal Engine, Terminator : Resistance risque d’en faire décrocher un paquet ne jurant que par les graphismes clinquants et je pourrais comprendre aisément, tant ça s’avère en deça des standards actuels et révèle une donnée importante : Le titre à très certainement été développé sur un budget serré, très serré même. Cela dit, il est très propre et je n’ai subi aucun bug important ni aucun freeze sur Xbox One S. Quand aux sons, mention spéciale à la bande son, hé oui. Embarquant directement le Main Thème iconique de la saga cinématographique, certaines musiques, lors des bastons font très rock à l’ancienne, c’est de bon ton et se révèle être vraiment de bonne facture. De plus, le jeu est traduit en français s’il vous plaît. Bref, un travail à été fait sur la bande son, sur les bruits des armes à feu, surtout les armes à énergies (on retrouve les mêmes bruits que dans les deux premiers films !), tout est fait pour propulser mes petites oreilles de fan dans cette guerre entre ce qu’il reste de l’humanité et Skynet. Jusqu’à une fin où j’ai même éprouvé des frissons tant celle-ci nous offre un moment à la « chevauchée des Valkyries », le main thème de la saga accompagnant un moment que je classe sans hésiter dans les scènes cultes du JV de cette génération.

Terminator : Resistance aurait sans conteste pu être un énième adaptation ratée d’une licence cinématographique et j’assume entièrement avoir été médisant sur toi Terminator : Resistance, en premier lieu en tenant compte de nombreux paramètres, comme le budget nécessaire pour parvenir à sortir un jeu qui tienne la route. Mais tu peut être fier de toi car rares sont les adaptations de films en JV qui ont réussi le tour de force de me faire changer d’avis. Graphiquement à la traîne certes, Terminator : Resistance se révèle être une bien belle surprise. Bien écrit, avec un respect de l’œuvre dont il s’inspire et du fan que je suis, j’ai réellement passé un excellent moment – 10 à 12 heures pour faire à la fois le scénario et toute les quêtes secondaires – d’une durée que je juge parfaite. Ni trop long, ni trop court, le rythme et le temps nécessaire à la complétion de Terminator : Resistance m’ont littéralement propulsés à une époque où les JV « courts » avaient le beau rôle. Une nostalgie qui me saute donc au visage et qui m’a bercé tout du long, jusqu’à parvenir au générique de fin, alors qu’une page se referme sur le passé d’une époque qui me manque encore, une époque où nous étions libre de dire ce que nous voulions sans pression sociale d’aucune sorte, à une époque où les JV n’avaient pas besoin d’être longs pour pas grand chose et creux pour contenter un certain public dont regorge notre époque. Simple, efficace et mené tambour battant, voilà comment je vois ce Terminator : Resistance. Merci Reef Entertainment de me respecter en tant que fan de cette saga culte de la Science Fiction, en tant que joueur souhaitant simplement avoir la liberté de jouer à un Jeu Vidéo sans propagande d’aucune sorte, histoire de pouvoir me vider la tête d’un monde toujours prompt à nous lessiver le corps et l’esprit à longueur de temps.

Test réalisé par Jensen sur une version offerte par l’éditeur.

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