Pawarumi – Le test sur Nintendo Switch

Catégories : Shoot Them Up

Plateformes : Switch, Xbox One, PC

PEGI : 7

Langues : Français, Allemand, Anglais, Espagnol, Italien, Japonais, Coréen, Portugais, Russe, Chinois

Taille : 1418,72 MB

Date de publication : 24/07/2019

  Développeur : Manufacture 43

Éditeur : Manufacture 43

Disponible en téléchargement

 

Sortir un Shoot Them Up, c’est un pari risqué. Le genre a été exploité maintes et maintes fois à la grande époque de la 2D, puis encore et encore lorsque la 3D a fait son entrée. Les itérations les plus récentes sont fort différentes de celles que nous pouvions voir à l’époque, mais pour autant, se démarquer de la concurrence à l’heure actuelle, c’est loin d’être une chose aisée. Pour y parvenir, il n’y a pas à tergiverser : il faut être différent, innovant et tenir la route. Et bien le studio français Manufacture 43 a relevé le défi, se hissant à la hauteur d’un Ikaruga.

Ce shmups a deux particularités qui font sa force. La première réside dans son gameplay, qui propose un concept unique, inspiré du jeu de notre enfance, pierre feuille ciseaux, mais avec un trio de couleurs, sachant que chacune d’entre elles va dominer l’autre. Concrètement, les vaisseaux ennemis sont rouges, bleus ou verts, votre vaisseau peut passer de l’une à l’autre de ces trois mêmes couleurs (assignées aux boutons Y, B et A et liées à 3 divinités Aztèques : Jaguar, Serpent, Condor), chacune d’entre elles infligeant plus de dégâts à l’un ou l’autre des coloris. Impossible de ne pas penser à la licence Fire Emblem qui, du moins jusqu’à l’opus fraîchement sorti, proposait un triangle de type d’armes qui se dominaient l’une l’autre (épée > hache > lance > épée).

Mais ce n’est pas tout, si vous inversez la « supériorité » d’une couleur sur une autre et l’utilisez pour abattre un vaisseau ennemi, cela aura pour conséquence de remplir la jauge d’attaque spéciale, que vous pourrez déclencher via le dernier bouton disponible (X).

Enfin, vous pouvez également tirer sur un vaisseau avec le laser de même couleur, ce qui permet de remplir la jauge de bouclier, celle-ci se vidant par ailleurs un peu plus à chaque impact reçu. Le concept implique une dimension stratégique : abattre plus rapidement le vaisseau bleu avec la couleur adaptée, choisir d’utiliser celle qui va reconstituer votre bouclier ou bien celle qui va gonfler la jauge de spécial ?

Une dernière commande permet de freiner votre vaisseau (gâchette gauche), utile lorsque vous avez besoin de repasser face aux adversaires pour les abattre, ou lorsqu’il faut éviter une salve de projectiles et surfer entre les ennemis. C’est d’autant plus utile que vous ne disposez que d’une seule et unique vie. Une fois votre jauge de bouclier vide, c’en est fini de vous, c’est le game-over, il vous faut recommencer au début, l’art de l’esquive doit donc être maîtrisé.

La seconde particularité de Pawarumi se trouve dans son background. Son univers est riche et fort bien exploité, disposant en outre d’une trame scénaristique qui apporte un plus à l’ensemble. L’originalité et la « profondeur » du contenu démarque clairement le titre de la concurrence.

Avant de développer plus amplement la suite, quelques mots sur la version Switch qui se différencie des autres. En effet, lorsque vous jouez en mode portable, la couleur des joycons qui sont insérés sur la tablette modifie la couleur de votre vaisseau. Le trailer dédié donne un aperçu de cette fonctionnalité :

Pawarumi propose un mode entraînement qui dispose des trois mêmes niveaux de difficultés que le mode Arcade, à savoir les classiques facile, normal et difficile. Sans être insurmontable pour les moins à l’aise avec le genre, la réussite en mode facile nécessite déjà une certaine maîtrise et un temps d’adaptation. La mécanique s’assimile cependant vite et comme dans tout bon shmup qui se respecte, nous apprenons de nos erreurs, la mémorisation et la persévérance font le reste.

Chaque niveau de difficulté est composé de plusieurs stages, certains sont communs aux trois alors que d’autres s’ajoutent. Ceci dit, les stages en commun ne sont pas en tous points identiques, assurant, en plus de la rejouabilité, de vivre une expérience qui diffère.

Vous l’aurez compris, la durée de vie de Pawarumi est une donnée à grande variabilité. Elle dépendra de votre réussite, du niveau de difficulté choisi et de votre envie de défi. Celui qui a un skill de haut vol et qui commence par le niveau difficile y passera forcément moins de temps qu’un débutant qui progresse doucement et qui veut se frotter aux trois niveaux de difficulté, ou encore que celui qui veut améliorer encore et encore son score afin de figurer en haut du classement en ligne. Quoi qu’il en soit, il est possible de regretter le faible nombre de maps disponibles, les plus performants d’entre nous risquent de rester sur leur faim, d’autant plus que le jeu fait filer le temps de manière vertigineuse.

Le temps qui trace, l’univers de Pawaruni n’y est pas pour rien. On peut dire ce qu’on veut, un jeu qui est beau, varié et bien soutenu pas sa musique, ça change tout. On a envie d’y rester, et non de poser la manette. Les développeurs ont d’ailleurs fort bien fait de choisir une ambiance inspirée de l’univers pré-colombien / péruvien, d’une part car c’est unique dans la catégorie des Shoot Them Up et d’autre part car ils ont exploité le filon jusqu’au bout, intégrant des sonorités typiques dans les musiques. J’imagine que le côté coloré ne va cependant pas plaire à tout le monde, mais c’est tout simplement et fichtrement bien foutu. Totalement cohérent avec l’univers choisi, agréable à l’œil, d’autant plus que Manufacture 43 a pris soin de laisser une bonne lisibilité de l’ensemble, même lorsque les effets et les ennemis sont nombreux. Ici, pas de joyeux foutoir dans lequel on n’est pas capable de voir ou comprendre quoi que ce soit : malgré la richesse visuelle de Pawarumi, on s’y retrouve.

Une réelle, grande et belle surprise que ce Pawarumi. Pépite dans le genre des Shoot Them Up, le titre dispose de bien plus de qualités que de défauts, à commencer par son univers si bien exploité et son gameplay unique et original. En outre, le jeu a le gros avantage d’être non seulement accessible, mais aussi suffisamment dense et pointu pour satisfaire les plus exigeants d’entre nous. Un incontournable à posséder par tous les amateurs du genre, mais pas que. Pawarumi rivalise non seulement avec Ikaruga, le titre référence dont il s’inspire, mais propose aussi un contenu qui saura séduire ceux qui seraient les moins au fait des shmup.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par Manufacture 43.

Merci à eux !

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