King of Fighters XV : mon Street Fighter préféré

Oui, j’aime être choquant. Provoquer le puriste avec une association de termes qui, pour lui, n’ont rien à faire ensemble, voilà qui me réjouit au plus haut point. L’entendre gueuler qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes, d’un côté comme de l’autre, est un plaisir qui n’a pas de prix. Je le répète, cependant, je le signe et contresigne : King Of Fighters XV n’est pas simplement un clone de Street Fighter avec son Unreal Engine maintenant connu pour déformer les proportions physiques de manière très malsaine, son roster et même le mapping des touches. KOF est devenu ce que Street Fighter aurait dû être en 2022. Et ça, c’est très grave, ma bonne dame.

 

“La vie est un combat, accepte-le” – Mère Thérésa

Petit retour en arrière dans les années 1990-2000, que l’on appelle aussi plus communément l’âge d’or du jeu de baston japonais (et aussi accessoirement du rap français, mais cela n’a rien à voir, quoique …. ). Deux camps se tiraient la bourre sur la scène du versus 2D. D’un côté, les partisans de Capcom avec un Street Fighter qui avait rameuté les foules dès la sortie du second épisode (car le premier était une purge infâme) permettant aux combattants virtuels de s’affronter partout, aussi bien sur borne d’arcade que sur console de salon avec un portage Super Nintendo particulièrement réussi. De l’autre, les joueurs SNK qui se la racontaient avec des séries innombrables (Fatal Fury, KOF, Garou MOTW …) aux suites pléthoriques qui n’apportaient pas forcément de révolution à chaque itération, sauf peut-être pour KOF 1998 et Garou. D’ailleurs les jeux étaient peu accessibles au grand public puisque la Neo Geo était très chère et peu répandue. C’est maintenant terminé avec des portages SNK accessibles sur de nombreuses consoles modernes, pour la plus grande joie des fans.

Fight screenOn retrouve évidemment les personnages légendaires de la saga

 

Choqué et déçu par les pieds de Ryu en 2008

Dans l’évolution graphique du passage à la 3D, la série des Street Fighter a connu la consécration avec un quatrième épisode tenant du génie et considéré comme le ténor du genre avec une reconnaissance immense de la scène e-sport. La série des King of Fighters s’est quant à elle bien rapprochée de sa rivale avec un passage à la 3D qui pourra peut-être choquer au début quand on s’est habitué aux sprites 2D de la Neo Geo, mais qui avait été préparé par celui de SF. La direction artistique de ce dernier avait également heurté à l’époque, Unreal Engine oblige. Certes, les modèles 3D proposés par KOF XV ont des proportions assez étrange, mais beaucoup moins que sur SF4 et on s’y habitue très vite.

Ryo cinematicDésopilant : Adjectif que j’apprécie, autrefois utilisé par les boomers notamment

Jean-Michel Waifu

En tout cas, c’est un grand bonheur de retrouver les persos emblématiques de la saga de SNK en 3D et superbement animés. Tous ont un character design très marqué et nous pourrions d’ailleurs discuter longuement de certains persos, nous finirions inévitablement par déboucher sur ce que l’équipe de développement consomme quand elle se retrouve au boulot. Nous partirons cependant du principe qu’il vaut toujours mieux quelque chose de barré pour un jeu de versus, plutôt qu’une direction artistique plate dans l’ensemble, sauf pour les mensurations des personnages féminins. C’est le moment rêvé pour placer le terme “Namco” discrètement entre deux raclements de gorge.

combatLe gameplay ne dépaysera pas les vieux de la vieille

Jean-Michel Netcode

Puisqu’il faut parler Netcode, et que je n’ai aucune idée de ce que cela signifie car mon expertise des jeux de baston se résumait avant KOF XV à être meilleur que mes adversaires en enchaînant les arcs de cercle dans tous les sens avec le bon timing, disons simplement que ce titre s’en sort superbement. Les coups emblématiques des persos sont là et ils sortent vraiment bien. Poing léger, poing fort, pied léger, pied fort, et c’est tout.

KOF XV rosterLe roster est varié et bien fourni

Le mapping a été simplifié grâce aux gâchettes sans pour autant rogner sur le côté mindgame et vous ne pourrez tout simplement pas annihiler vos proches en les bombardant de bas-bas à droite-droite+deux poings car les parades et les counter sont très accessibles. Les fenêtres de contact sont particulièrement bien codées et il ne suffira que de quelques jours à un novice pour parvenir au niveau du mindgame qui consiste à arrêter de marteler les boutons aléatoirement au petit bonheur la chance, en espérant sortir un coup spécial de la mort qui détruit la moitié de la barre de vie d’un coup.

Jean-Michel Comparatif

C’était d’ailleurs le génie de SF4, et j’ai retrouvé dans KOF XV les sensations que m’avait déjà apportées le maître à l’époque. Quand vous arrêtez de faire n’importe quoi, que vous commencez à regarder ce que fait votre adversaire, que vous vous saisissez de son gameplay comme d’une musique et que votre partie commence à ressembler à un jeu d’échecs, vous commencez à prendre un panard infini qui vous forcera à garder le jeu installé sur votre PC indéfiniment.

KOF training modeIl vous faudra passer par le mode entraînement pour devenir juste OK

Et pourtant, j’en ai testé pas mal, des jeux de versus. Dragon Ball Fighter Z : pas mal, mais trop brouillon sur les patterns. Soul Calibur 6 : sympa, mais tellement de contenu qu’il finit par en devenir chiant et mou. Tekken 7 : n’en parlons pas, je vous prie, le système est pété depuis l’épisode 3 sur PSone. Quant à Street Fighter V le maudit, j’y ai joué une heure je crois, et j’ai laissé tomber. En revanche, KOF XV mérite vraiment d’être tryhardé à ce jour, et je pèse mes mots. En attendant la sortie de Street Fighter 6 ?

Toucher le divin du bout du poing

Pourquoi céder à l’alternative, me direz-vous, quand on peut opter pour une Champion Edition de Street Fighter V avec tous les persos en 2022 ? Pour plusieurs raisons. D’abord KOF XV reste fidèle à ce qui fait son originalité avec ses combats à trois persos différents pour un roster de plus de 30 combattants avec le jeu de base. Un mode histoire gourmand et croquant qui permet de s’intéresser au background des personnages pour ceux que cela intéresse avec des cinématiques type manga et des voix doublées. Une bande son dingue, mais alors dingue, et je pèse mes mots avec des thèmes représentant tous les styles et toujours fort à propos, même pour les musiques les plus jap-core du lot.

stage ProvenceStage réservé aux Français et aux Allemands : La Provence infestée de combis VW

Cette variété se retrouve aussi dans des stages magnifiques qui habillent très bien l’ensemble. Entre autres, vous pourrez dénicher un stage en Provence beaucoup trop cool et même un niveau inspiré de Metal Slug qui a fini d’achever le fanboy en moi, avec les petits prisonniers à libérer qui s’agitent dans tous les sens. Voilà, après cela, je n’ai rien à ajouter, car vous êtes convaincus.

 

Note : 10/10

Cette mouture de KOF épisode XV est tout simplement la version de l’amour et de la gourmandise avec un contenu juste indécent pour la version de base. Vous aurez de quoi vous occuper et tryharder pour longtemps dans cette épisode sans fausse note pour un joueur n’ayant pas goûté à la version XIV. Il faut en tenir compte pour la note finale, mais aussi de ma subjectivité maintenant manifeste. SNK, c’est la vie. SNK c’est beau, c’est classe, c’est raffiné, c’est un peu comme Aston Martin pour les jeux vidéo. Pourquoi n’a-t-on pas davantage de jeux SNK dans notre vie, dans d’autres genres ? Ne rêvez-vous pas d’un MMO SNK, d’un survival-craft SNK, d’un grand strategy SNK ? Viendrez-vous signer ma pétition sur Change.org ?

Test réalisé par Tardigrade sur PC, merci à l’éditeur pour la copie fournie.

 

Catégories : jeu de combat versus orienté E-sport

Plateformes : PC, PS4, PS5, Xbox Series

PEGI : 12

Langues : Textes en français, doublages japonais

Taille : 65 Go

Date de publication : 17/02/2022

Développeur : SNK

Éditeur : SNK

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