Bundle Icewind Dale & Planescape Torment – Le test sur Nintendo Switch

Catégories : RPG, Aventure

Plateformes : Switch, PS4, Xbox One

PEGI : 16

Langues : Textes en Français et autres langues

Taille : 4,6 GB

Date de publication : 15/10/2019

  Développeur : Beamdog

Éditeur : Skybound Games

Disponible en téléchargement ou en boîte

 

Comment aborder Icewind Dale et Planescape Torment sans tout d’abord faire un détour du côté de Baldur’s Gate, le RPG développé par BioWare qui a marqué le début d’une nouvelle aire vidéoludique ? En 1998, la licence voyait le jour sur PC, proposant un univers fondé sur les Royaumes oubliés, un décor de campagne du mythique jeu de rôle Donjons & Dragons. Cela fait maintenant plus de 20 ans et encore aujourd’hui, Baldur’s Gate est connu pour être la référence, le titre qui a construit les fondations sur lesquelles vont se baser les RPG qui vont suivre. Mais qui de mieux pour en parler qu’une personne qui était au cœur de l’évènement qu’a été l’arrivée de ce désormais mythique jeu de rôle ? J’ai eu l’opportunité d’échanger avec Anne-Karine Denoble, une journaliste qui occupait un poste de RP (Relation Presse) pour Interplay, la société qui a distribué le jeu. Elle a participé au lancement du titre lorsqu’il est sorti et considère cette expérience comme l’une des plus mémorables de sa vie professionnelle : “L’expérience la plus forte que j’ai vécu durant cette période de ma carrière a été celle du lancement de Baldur’s Gate. Seuls quelques passionnés connaissaient le jeu de rôle… tout était à construire. Nous avons développé la campagne de relation presse en commençant par les gamers pour ensuite glisser vers le grand public. Le jeu étant excellent, la campagne a merveilleusement bien fonctionné et Baldur’s Gate est encore aujourd’hui la référence du genre”.

C’est dans ce contexte que Planescape Torment et Icewind Dale arrivent, respectivement en janvier et juillet 2000, édités par Interplay, tous deux développés par Black Isle Studios. Reprenant les fondements du genre précédemment créés par Baldur’s Gate, ces deux aventures elles aussi tirées de la franchise Donjons & Dragons ont bénéficié d’une Enhanced Edition sur PC et se voient aujourd’hui, pour la première fois de leur histoire, portées sur consoles, accompagnées de tous les DLC existants.

Ce test est hors normes à plusieurs titres, d’une part car il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour pleinement apprécier les deux titres, d’autre part car il implique de se mettre dans l’atmosphère unique de chacun d’entre eux. Vous trouverez donc ci après deux parties distinctes qui seront consacrées indépendamment à l’un et l’autre. Bienvenue à bord, pour un bond dans le temps qui nous ramène 19 ans en arrière, aux origines du RPG.

Planescape Torment

Planescape Torment est donc de la même famille que Baldur’s Gate -et autant vous le dire tour de suite, la qualité de son écriture le place en position de meilleur RPG de tous les temps, l’élève a surpassé le maître-. Comme son nom l’indique l’action prend place dans le monde de Planescape, issu d’Advanced Dungeons & Dragons, la deuxième mouture du jeu de rôle sur table, dont le point central est Sigil la grande capitale, ses rues et les nombreux plans à explorer (cf ce lien). Nous retrouvons notre protagoniste dans une chambre funéraire, censé être… mort et ayant perdu la mémoire. Le titre va se développer autour de sa quête pour retrouver ses souvenirs, savoir qui il est, comment et pourquoi il s’est retrouvé là, mais aussi les raisons qui poussent bon nombre de gens qu’il croise à vouloir l’éliminer. Il n’entreprend pas son voyage seul, une tête de mort nommée… Morte qui vole à ses côté va l’accompagner.

Concrètement, vous voilà, vous le joueur muni d’une manette, à diriger une team de personnages au fil de son exploration et de la réalisation de moult quêtes essentielles ou secondaires. Vous pouvez opter pour le déplacement en meute, auquel cas vous incarnez le chef, tel Olimar suivi par ses Pikmins (pas que ses partenaires ressemblent à des Pikmins, on est plus dans le démon ou le personnage qui possède une queue de rat). En effet, dans ce cas, votre team va se déplacer comme bon lui semble. Vous pouvez aussi opter pour une solution qui nécessite de passer d’un personnage à l’autre via les gâchettes et ainsi pouvoir les déplacer individuellement.

D’ailleurs, qui dit console dit commandes entièrement repensées, dont la prise en main différente ne va en toute logique pas perturber ceux qui la découvrent, mais les PCistes vont quant à eux avoir besoin d’un laps de temps plus ou moins important pour s’y faire, d’autant plus que l’interface a elle aussi été remaniée. Ceci-dit, il est vite évident que le passage sur console comporte un travers qui va impacter l’ensemble des joueurs : il implique une lourdeur dans le gameplay, avec sa navigation dans les menus et fonctions très souvent nécessaire, demandant de trop nombreuses manœuvres.

A l’époque ou Torment est sorti, le titre avait bénéficié d’une amélioration graphique par rapport à Baldur’s Gate, puis d’un léger lissage pour la version Enhanced dont est issu le portage dont il est question aujourd’hui. Le titre n’a pas été retravaillé spécifiquement pour ce portage et sur Nintendo Switch, c’est tout à fait honnête. Ceci dit, sans surprise, certaines séquences sont moins nettes et précises sur grand écran en comparaison de ce qui est permis avec un PC.

 

Icewind Dale

Dans Icewind Dale, l’action prend place dans les Royaumes Oubliés, plus précisément dans sa Toundra glaciale, pour une expérience toujours axée sur un univers Fantasy, mais cependant plus dark et ténébreux que son aîné Baldur’s Gate.

En terme de gameplay, la principale différence de cet opus se trouve dans la possibilité de création des six personnages qui vont constituer le groupe que vous allez manier tout au long de l’aventure. Constituer ce groupe est déjà une épreuve en soi, pas que les mécaniques de création soient complexes à appréhender, mais si vous débarquez dans l’univers, il y a de quoi être un peu dépassé par les subtilités et les caractéristiques requises pour former une team efficace et équilibrée. C’est d’autant plus important que Icewind Dale met l’accent sur l’exploration et l’action, cette dernière impliquant de faire face à des combats qui demandent une certaine dose de stratégie. Sachant que vous avez à dispostion une grosse centaine de sortilèges et un large panel de créatures à affronter, il est aisé de comprendre que les bases que vous allez donner à votre expérience sont primordiales. Notez cependant que vous pouvez débuter votre aventure aux commandes d’une team commise d’office.

Lorsqu’il est sorti en 2000, Icewind Dale a réussi a se hisser à la hauteur de Baldur’s Gate, voir même, selon une partie des joueurs à le surpasser. Sa première mouture sur PC, tout comme Torment, avait déjà bénéficié des acquis permis par son aîné et ainsi proposer une expérience avec plus de maturité technique. Ceci dit, nous pouvons aujourd’hui faire le même constat que celui posé quelques lignes plus haut concernant Planescape Torment, à  savoir que nous sommes face à un portage brut de la version Enhanced dont l’ergonomie n’est pas la plus adaptée au pad.

Prendre Planescape Torment et Icewind Dale en main aura été une expérience totalement atypique, à la fois tellement satisfaisante mais aussi frustrante. Satisfaisante car elle permet de découvrir des jeux cultes tels qu’ils étaient à l’origine, à l’état brut, sans quoi que ce soit qui les dénature. Lorsque vous posez votre manette, vous savez que vous venez d’enrichir votre culture vidéoludique de manière concrète, en plus d’expérimenter des titres d’une grande qualité, disposant pour la première fois de textes en français, ce qui n’est pas négligeable compte tenu de l’aspect scénaristique développé que possède chaque opus. Ceci dit, vient également la frustration, car il est évident que ces jeux restent fondamentalement des C-RPG, qui donnent le meilleur d’eux-même sur nos PC, que ce soit sur la forme ou sur le fond, avec leur gameplay moins intuitif à la manette. Reste également la question du prix, qui risque de freiner une partie des joueurs, en particulier ceux qui voudraient mettre la main sur les quatre opus actuellement parus, ainsi que sur Neverwinter Nights prévu pour le 3 décembre 2019. Quoi qu’il en soit, ces différents portages restent une opportunité pour ceux qui n’ont ni la possibilité, ni l’envie de passer du côté des PCistes de comprendre pourquoi Baldur’s Gate et cie ont tant marqué les esprits.  De plus, pour ce même public, les différences d’ergonomie seront ressenties dans une moindre mesure, en particulier les habitués de certains RPG sur console qui demandent de nombreuses manipulations dans les menus et l’interface. S’il est évident que les gamers qui connaissent déjà les Enhanced Editions originales n’ont pas d’intérêt particulier à réinvestir les titres sur console, il en est tout autre pour les consolistes, qui devront cependant être prêt à alléger leur porte-monnaie pour acquérir l’ensemble des opus proposés.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par Just For Games.

Merci à eux !

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