EQQO – Le test sur Nintendo Switch

Catégories : Aventure, Point and Click

Plateformes : Switch, iOS, Android

PEGI : 3

Langues : Audio et textes en français

Taille : 699 MB

Date de publication : 07/02/2020

  Développeur : Parallel Studio

Éditeur : Nakana.io

Disponible en téléchargement

 

Je suis un petit garçon. Privé du sens de la vue, je suis guidé par l’humain derrière sa console, à travers un périple que je mène accompagné d’un œuf énigmatique.

Créé par les développeurs indépendants de Parallel Studio (fondé par d’anciens membres de DontNod, Ubisoft ou Quantic Dream !), Eqqo nous invite à réaliser un voyage onirique et initiatique inspiré de légendes éthiopiennes. A l’origine conçu pour l’expérience VR sur appareils mobiles, Eqqo chemine jusqu’à nos Nintendo Switch dans une mouture qui va s’avérer particulièrement adaptée au mode nomade de la console et exploiter sa fonction gyroscopique.

La version Switch bénéficie du DLC « Eqqo Donation »qui permet au personnage d’obtenir un arbre pour faire la sieste, attribué au hasard parmi les cinq types d’arbres qui ont été créés pour l’occasion. Mais l’intérêt principal de ce DLC, qui ne coûte qu’un euro, réside dans le fait que Nakana.io transférera les revenus nets générés à WeForest, une association à but non lucratif qui plante des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique. Il est possible d’utiliser le hashtag #EqqoDonation pour tout partage et d’obtenir plus de détails au sujet de l’utilisation des sommes dégagées sur le site de Nakana.io.

Un principe similaire a déjà été mis en place pour le titre Lydia, lui aussi édité par Nakana.io, dans le but de reverser de l’argent à l’association à but non lucratif Fragile Childhood.

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Ce qui marque lors de nos premiers pas dans Eqqo, ce sont les similitudes entre le titre du studio parisien et Rime, cette aventure touchante dans laquelle nous incarnons un enfant qui doit résoudre des énigmes environnementales pour progresser. Dans les deux titres, le protagoniste est un enfant et le principe fondateur du gameplay est semblable. Contrairement à Rime, Eqqo s’articule cependant sur un type de déplacement assimilé à celui d’un Point and Click, puisqu’il demande de pointer un emplacement dans la zone à l’écran et d’appuyer sur le bouton dédié de la manette / sur l’écran tactile pour qu’Eqqo s’y rende.

Le jeune garçon va ainsi observer son environnement pour tenter de comprendre comment interagir avec les éléments qui l’entourent. C’est ici que l’on sent que le titre a été créé pour la VR et que les gyroscopes de la Switch permettent d’exploiter la visualisation à 360°, par conséquent bien plus pratique en mode portable que la console figée dans son dock. Compatible avec la manette pro, Eqqo peut bien sûr se manœuvrer aux joysticks, mais cela reste moins confortable. De plus, la maniabilité du pointeur couplée à celle de la caméra (dont la vitesse est réglable) peut manquer de précision et de fluidité, rendant ainsi les différentes actions et les changements d’angle plus aléatoires manette en main.

L’essentiel des tâches à réaliser va ainsi consister, entre autres, à lancer un projectile vers son objectif, appuyer sur des interrupteurs, actionner un mécanisme, interagir avec des éléments en tenant éventuellement compte d’un ordre prédéterminé, l’ensemble accompagné de l’œuf qu’il faudra transporter et parfois poser pour progresser. Il est également possible de zoomer afin d’avoir une vue plus précise d’un point en particulier, ce qui peut s’avérer utile compte tenu du fait que l’avancée d’Eqqo se fait par zone, chacune étant visible depuis un point fixe.

Mais Eqqo n’est pas seulement un balade onirique tranquille, un zeste de pression se fait sentir lors de certaines séquences. Le mystérieux œuf est convoité par une présence hostile qui va vouloir le voler. Dans ces moments plus intenses, les limites de maniabilité du titre vont se faire sentir plus encore, infligeant quelques ratés dûs à son manque de précision.

Pour aller au bout de l’aventure proposée par Parallel Studio, comptez une petite demi-douzaine d’heures, une durée de vie équilibrée au regard de la répétitivité globale des énigmes et du tarif proposé. Lorsque le générique de fin se montre, on a la sensation que le titre a montré tout ce qu’il avait à proposer, avec un ressenti de ni trop, ni trop peu. Notez que 25 parchemins cachés son disséminés dans le jeu et que les trouver apporte du bonus à l’histoire.

Les aventure d’Eqqo sont narrées par sa mère, voix-off qui va apporter une touche de narration en français, tout comme les textes du jeu. De jolies musiques subtilement discrètes vont accompagner le parcours de l’enfant, pour une ambiance sonore qui colle à la perfection à l’atmosphère du jeu.

Quant à la direction artistique, elle est faite d’un minimalisme agréable, de textures simples et maîtrisées. Si des limites techniques se font sentir sur l’aspect des environnements et la profondeur, elles ne desservent pas pour autant l’histoire, l’effet onirique recherché, ni les messages que les développeurs ont souhaité faire passer. En matière de jeu vidéo, des graphismes poussés, si ils ne desservent pas l’immersion, ne sont pas essentiels pour porter ce genre de production.

Entre belle histoire, symbolique et allégorie, Eqqo a des choses à nous dire. Malgré quelques points qui pèchent dans le gameplay et une pointe de redondance, le titre parvient à faire passer son message et à nous emporter dans son concept. Passés les premiers moments qui demandent d’appréhender les mécaniques et la caméra, on prend plaisir à suivre cet enfant et son œuf. Demeure un petit regret : avec une adaptation différente de ses bases VR, cette mouture pour console d’Eqqo aurait gagné en maniabilité et aurait pu ainsi gommer son principal défaut, ainsi qu’un léger manque d’ambition.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par Nakana.io

Merci à eux !

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