Metro Exodus – Le test sur Playstation 4

Catégories : Action, Shoot, Aventure

Plateformes : PS4, Xbox One, PC

PEGI : 18

Langues : Audio Français, Allemand, Russe, Anglais, Italien, Espagnol – Sous-titres mêmes langues + Polonais

Taille : 48,58 GB

Date de publication : 15/02/2019

  Développeur : 4A Games

Éditeur : Deep Silver

Prix : 69,99€ en téléchargement

55,99€ en boîte

 

Les jeux-vidéo Metro sont inspirés de l’oeuvre de Dmitry Glukhovsky, écrivain russe qui y dépeint un monde post-apocalyptique ravagé par une guerre nucléaire, dans lequel les hommes se sont réfugiés sous terre. A la surface, il existe une double menace : la radioactivité et les monstruosités engendrées par celle-ci.

C’est dans ce contexte que nous (re)découvrons Artyom, protagoniste qui arpentait déjà les tunnels du métropolitain dans les opus précédents. Metro Exodus est tiré de 2035, le dernier livre d’une série de trois tomes, qui nous place parmi une communauté qui tente de survivre, à l’abri tout relatif du monde extérieur. Mais Artyom refuse cette fatalité : selon lui, il reste une chance même infime que d’autres hommes vivent à la surface. N’acceptant pas de baisser les bras, il persiste à tenter de rentrer en contact radio avec de potentiels autres survivants. Cet épisode va nous mener au coeur de cette Russie dont il ne reste rien, en dehors de ruines et de dangers… vraiment rien ?

Ce monde semi-ouvert va rompre avec les bases de cet univers qui confinaient les protagonistes dans les méandres du réseau du métropolitain. Fidèle à l’histoire proposée par le livre, Metro Exodus nous amène à arpenter la surface hostile, et contre toute attente, peuplée non seulement de monstres agressifs mais également par ce qu’il reste de l’humanité. C’est ainsi que va se développer le scénario du jeu, articulé autour de trois grands axes : les affrontements, l’infiltration et la narration. Si l’ensemble des directions proposées se répète tout le long d’une aventure qui nous fait traverser les saisons, les nouveaux cadres et circonstances étoffent l’expérience. Ceux qui connaissent la licence vont y trouver de la nouveauté et les ceux qui la découvrent une bonne variété de situations et de contextes.

Les combats se font essentiellement à l’arme à feu et vous disposez d’un arsenal varié, aux munitions disponibles en quantité limitée. Il faut donc être attentif et ramasser tout ce que qui se trouve dans les environs, mais aussi sur les cadavres que vous laissez derrière vous. Notez que le troc de cartouches est une fonctionnalité qui a été supprimée de cet opus. Un détail à souligner, lorsque Artyom tire, l’effet de recul de l’arme bénéficie d’un bon rendu, qui vous obligera à réajuster votre visée pour le prochain tir. Il est également possible de réaliser des attaques silencieuses en corps à corps, grâce aux armes blanches ou encore en donnant un coup à l’ennemi.

Metro Exodus propose différents niveaux de difficulté qui vont impacter la disponibilité des balles et la robustesse des ennemis. Une version soft permettant de découvrir l’univers sans trop de complications est également disponible.

Les affrontements et l’infiltration – essentiellement basée sur votre capacité à disparaître dans les zones non éclairées – comportent un défaut : les IA qui semblent avoir un QI d’escargot. Il est possible de voir un troupeau d’ennemis s’obstiner à tirer continuellement dans la même direction, pendant que votre personnage se fraye un chemin tranquilou vers son objectif. Si ce manquement fait l’affaire des novices – comme moi – les plus aguerris vont s’agacer de retrouver cet inconvénient récurrent dans la saga dont ils auraient espéré parler au passé. On ne peut que leur conseiller de taper d’entrée de jeu dans le haut du panier des difficultés proposées.

Enfin, j’aborde le dernier axe, celui qui m’a fait tout particulièrement apprécier Metro Exodus : l’histoire et sa mise en avant. Les FPS purs et durs, dans lesquels ça tire à tout va, ont tendance à me donner de l’urticaire, d’une part car je suis vraiment mauvaise – il n’y a pas de gyroscope intégré à la manette, vous comprenez… – d’autre part car ils me rendent physiquement malade. Aussi, l’alternance des phases de jeu permet de se poser et d’éviter le malaise. Ensuite, et surtout, les nombreuses lignes de dialogue permettent d’apporter de la profondeur à l’aventure et de se lier avec les personnages. On partage leur quotidien, on découvre leurs personnalités, on vit avec eux l’horreur de leur situation. Il est possible de ne pas s’attarder sur cet aspect du jeu en zappant ces phases de dialogue ou l’exploration des zones dédiées, ce qui est à mon sens fort regrettable, car cela fait partie des points qui donnent de l’âme à Metro.

Enfin, j’ai noté une prise en main des commandes pas nécessairement intuitive, du moins pour qui n’est pas habitué à la série. Toutes les touches de la manette sont exploitées de toutes les manières possibles et en l’absence d’explications précises, il peut y avoir un moment de flottement lors de l’arrivée d’une nouvelle mécanique ou fonctionnalité. Viennent s’ajouter des possibilités de craft, le nettoyage des armes – qu’il ne faudra pas négliger – ou encore leur amélioration, les différents objets utiles qui étoffent l’inventaire (dont les kits de soin), tous ces éléments vont s’avérer assez nombreux.

Metro Exodus bénéficie d’une Direction Artistique irréprochable. Tout à été pensé dans les moindres détails, chaque plan, chaque scène, chaque environnement ne peuvent que vous bluffer, tant ils sont bien réalisés, en plus de correspondre parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’un monde dévasté par des bombes à neutrons. Le thème est particulièrement bien développé dans cet opus, par l’exploration d’une surface portant les stigmates de la guerre, mais aussi par toute l’oppression ressentie dans les environnements clos. Si on doit chipoter, il est possible de noter une petite rigidité dans les expressions faciales, mais au vu de la qualité offerte par ailleurs, cela n’amoindrit en rien le ressenti positif procuré par les graphismes. Par ailleurs, je n’ai pas relevé de défaut notable spécifique à cette version sur Playstation 4.

Quelques mots sur le mode photo qui permet de réaliser des prises de vues in game et dont le rendu est excellent. Idéal pour les collectionneurs d’images, ce sera l’occasion de saisir les plus beaux environnements et d’accéder directement à la fonctionnalité Share de votre PS4. Il est bien sûr possible de faire disparaître l’affichage des réglages et ainsi obtenir une prise de vue pleine et entière.

A l’instar de ses prédécesseurs, dans Metro Exodus Artyom est toujours muet. A mon sens, ce choix favorisant l’identification au protagoniste que nous incarnons présente néanmoins un inconvénient majeur : les dialogues comportent des blancs qui donnent une sensation de vide. Bon nombre de productions font ce choix, le dernier jeu en date que j’ai pu expérimenter et qui avait ce même travers est God Eater 3. Pourtant, entre l’identification et le réalisme des échanges, la balance penche en faveur de ce deuxième point.

Pour le reste de l’ambiance sonore, l’évidence est qu’un jeu de cette catégorie n’est rien sans une bande son irréprochable, à l’image de Resident Evil 2 revisité récemment par Capcom. En l’occurrence, Metro Exodus se rapproche de la perfection auditive. Cependant, j’ai joué casque greffé sur les oreilles et j’ai relevé quelques points techniques en deça de la qualité globale du reste de l’environnement sonore, à commencer par des incohérences entre le volume perçu et la distance entre les ennemis et le protagoniste, ce qui rend difficile l’évaluation de leur position. En outre, quand l’ennemi arrive à droite, le son est diffusé de ce côté, sauf que parfois, il y a un raté dans cette répartition. Enfin, le doublage en français manque de conviction, notamment celui  du personnage d’Anna dont le ton neutre est accentué par l’absence d’interaction verbale venant d’Artyom.

L’aventure terminée, Metro Exodus s’impose comme l’opus du renouveau, tout en conservant les bases qui ont fait le succès de la série. On en prend plein les yeux et les oreilles, de quoi confirmer la position du jeu-vidéo comme un art à part entière, si toutefois il demeurait des doutes à ce sujet. Les différentes phases de jeu s’articulent parfaitement et leur dosage est équilibré, alternant l’exploration des environnements de la surface et celle des zones plus confinées – et oppressantes – constituant l’essence même de Metro. En dehors de quelques détails techniques (qui vont probablement gêner plus particulièrement les adeptes de la série) et d’une ergonomie à revoir, cet opus certes imparfait reste néanmoins marquant, que ce soit en terme de ressenti, de vécu ou d’expérience. Pour ma part, cela a été un grand moment de gaming, comme je les aime : riche, intense et vivant.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par Koch Media

Merci à eux !

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