Tropico 6 – Le test sur PC

Catégories : Gestion, Simulation

Plateformes : PC – Steam

PEGI : 16

Langues : Français, Allemand, Anglais, Espagnol

Taille : 16 GB requis

Date de publication : 29/03/2019

  Développeur : Limbic Entertainment

Éditeur : Kalypso Media

Disponible en téléchargement et en boîte

 

C’est pratiquement 10 ans après Tropico 3, l’opus référence de la série phare de Kalypso, que débarque Tropico 6.

Succédant à deux épisodes agréables mais bien trop similaires, il est temps de constater si cette nouvelle mouture rendra la révolution possible au pays de la dictature. Tropico c’est le jeu qui sent bon le Cuba Libre, le cigare de La Havane et la Salsa endiablée. Un préambule qui fait envie, mais qui n’oublie pas de dénoncer, sous un masque d’humour, le communisme liberticide de l’île des caraïbes. Malgré cela, on incarne toujours avec un certain plaisir coupable El Presidente, gérant ses îles Caribéennes d’une main de fer.

Dans Tropico vous devrez gérer la croissance de votre population, l’argent à votre disposition (ainsi que celui que vous détournerez en Suisse comme tout bon chef d’état corrompu) mais aussi et surtout le soutien du peuple et de ses différentes factions. Sans eux, vous ne serez pas réélu, ce qui entraînera la fin de la partie, à moins que vous ne truquiez les élections, un choix qui a des conséquences. Il existe 3 modes de difficulté : en facile, le jeu est très permissif, le didacticiel est assez complet également, de quoi satisfaire les néophytes du genre tout en étant assez complexe pour les gestionnaires avertis.

En effet, nombreux sont les paramètres à prendre en compte pour mener à bien vos parties.

Vous devrez gérer les habitants de l’île mais aussi vos relations envers les différents pays avec qui vous échangerez des biens commerciaux, allant de l’or au rhum, en passant par tous les matériaux et denrées possibles et imaginables. Heureusement, un filtre est là pour vous permettre de déceler toutes les ressources disponibles sur votre archipel, en sachant qu’elles ne sont pas les mêmes selon la map.

Vous naviguerez chronologiquement d’une ère à une autre, depuis l’époque coloniale vers les temps modernes, en passant par la guerre mondiale et la guerre froide. Grâce à elles, vous débloquerez progressivement de nouveaux bâtiments, recherches, et décrets. Vos pirates des mers deviendront même des pirates informatiques !

Les développeurs ont jugé bon d’ajouter des nouveautés afin de rendre le jeu plus complet et tenter d’atténuer cette sensation de simple mise à jour. Parmi elles, on compte les raids : en construisant une crique de pirates, vous générerez des points de raid qui permettront de procéder à diverses opérations allant du sauvetage à la contrebande. Une nouvelle mécanique bienvenue afin de diversifier le gameplay. Les pirates vous permettront également de voler des monuments célèbres dans d’autres contrées, Statue de la Liberté et Tour Eiffel incluses.

Autre innovation : la taille de votre terrain de jeu. Les îles sont devenues de véritables archipels. Bien que déroutant de prime abord, cet expansion donne lieu à un sentiment de liberté accru. En contrepartie il faudra organiser le transport des marchandises ainsi que la logistique de manière plus habile qu’auparavant.

L’apparition du Négociant est un autre ajout notable, l’argent que vous aurez malicieusement placé sur votre compte en Suisse aura cette fois une utilité contrairement aux précédentes itérations (où il ne faisait que booster votre score). Dorénavant, il vous permettra de vous offrir les divers services de ce curieux personnage. Cela va d’une hausse de popularité auprès des autres pays jusqu’à l’achat d’une clinique en solde en passant par un nouveau décret (obtenue habituellement grâce à des points de recherche donnés par les écoles).

Pour éviter toute monotonie vous serez confronté à des demandes émanant des différentes factions. Si elles sont bienvenues et drôles lors de vos premières parties, elles deviendront malheureusement rapidement redondantes.

Heureusement Penultimo est toujours là pour vous motiver et vous mettre dans l’ambiance, d’ailleurs la première mission scénarisée concerne ce personnage cher au coeur des aficionados. Penultimo est votre fidèle assistant et en débutant le jeu vous devrez le secourir. Son accent à couper au couteau, ses répliques cultes et sa bonne humeur permanente sont un régal. Les temps de chargements sont l’occasion de découvrir des anecdotes assez incroyables sur les dictateurs de la vraie vie. Vous apprendrez par exemple que Saddam Hussein a utilisé I Will Always Love You de Whitney Houston dans un de ses clips de campagne.

Il est possible de personnaliser son président et son palais directement depuis le menu principal du jeu. Les choix ne sont pas légion mais un effort a été fait vis à vis des précédents épisodes puisque l’on peut déterminer le sexe, la barbe, les cheveux, le cigare, la couleur de peau ainsi que la tenue de notre président. Pour ce qui est du palais, la disposition du bâtiment, sa couleur et différentes décos sont disponibles afin de façonner comme bon nous semble le QG de notre dictateur.

Le jeu dispose d’un mode histoire plutôt bien scénarisé comprenant pas moins de 15 missions. Chacune d’elle vous prendra en moyenne 2 à 3h et si votre île vous plaît vous pourrez continuer à la diriger même après avoir effectué votre dernier objectif.

Un mode “bac à sable” plus libre et des sessions multijoueurs sont aussi de la partie. Autant dire qu’il y a de quoi faire sur les plages de sable fin.

Graphiquement le jeu est agréable sans être somptueux, néanmoins il se situe dans la gamme haute des jeux de gestion sur ce point. Les menus ont bénéficié d’une légère refonte, anecdotique mais bienvenue. Coté bande son les musiques vous feront voyager, cependant Kalypso ne doit plus avoir les moyens de s’offrir des oeuvres sous licence car si les sonorités sont agréables elle n’arrivent pas à la cheville de celles des 3 derniers opus, la plupart n’ont pas de paroles et sont assez simplistes, de plus elles manquent cruellement de variété.

Pour résumer, le dépaysement est présent mais il aurait pu être plus réussi. C’est un peu comme aller au bout du monde dans un endroit magnifique pour passer ses vacances dans un Club Med.

Tropico 6 n’est définitivement pas le soulèvement révolutionnaire tant attendu par les amateurs de la saga. Opus le plus complet pour ceux qui découvriront l’univers, ses nouveautés, bien qu’appréciables, ne suffisent pas à apporter le souffle nécessaire pour briser la répétitivité s’installant au fil des mandats. Ceci étant dit, avec une campagne longue et variée, l’effort visuel effectué, ses ajouts de gameplay et une bande son « caliente », Tropico 6 reste un jeu de gestion agréable, bourré d’humour et à part dans le paysage des simulateurs.

Le futur épisode parviendra t-il à renouveler la formule une bonne fois pour toute ? Même s’il s’efforce de rendre son île de plus en plus attractive le moment est venu pour le président de convaincre ses électeurs au prochain scrutin, ils pourraient se lasser et s’abstenir de voter et cette fois aucune fraude ne pourra le sauver.

 

Test réalisé par Shepard sur une version offerte par l’éditeur.

Merci à eux !

%d blogueurs aiment cette page :