Doom Eternal – Le test sur Playstation 4

Catégories : FPS, Action

Plateformes : PS4, Xbox One, PC

PEGI : 18

Langues : Audio et textes en français

Taille : 41,34 GB

Date de publication : 20/03/2020

  Développeur : id Software

Éditeur : Bethesda

Disponible en téléchargement et en boîte

 

S’il y a bien une licence qui a marqué l’histoire des FPS, c’est celle créée par id Software en 1993. L’univers gore et violent de Doom a frappé les esprits, un des premiers du genre à être accompagné d’une 3D immersive, ainsi que d’un mode multijoueur local. De nombreux opus ont vu le jour depuis, mais le Doom de 2016 à signé le grand retour de la saga, grâce à un épisode empreint de l’ADN de ses aïeuls. Les amateurs y ont retrouvé ce gameplay furieux et brutal, qui a marqué la différence avec celui de Doom troisième du nom plus axé sur la survie.

L’histoire de Doom Eternal est la suite directe de celle de son prédécesseur et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouvel opus était très attendu, comme une promesse de faire plus beau, plus fort et encore plus abouti. A peine le jeu en main, il est évident qu’id Software et Bethesda ont été à la hauteur des attentes de la communauté Doom, ces quatre années qui séparent l’opus de 2016 et Eternal ont été mises efficacement à contribution, afin de nous offrir le titre le plus extatique de la série et peut-être le meilleur fast FPS jamais créé ?

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Pas de motion sickness ?

Contrairement aux aficionados de la saga, je n’avais pas d’attentes particulièrement hautes concernant Eternal. Ne connaissant la série que de nom, mon objectif était de pouvoir passer des sessions à me défouler sur des démons affreusement affreux et d’assister à des cinématiques de combat bien gores et sanguinolentes. Oui, même les femmes peuvent apprécier ce genre de FPS frénétiques aux effets visuels particulièrement vomitifs. La seule crainte que j’avais était celle que connaissent mes compagnons de galère atteint de motion sickness – une sombre affaire de conflit entre les informations transmises par nos yeux et celles transmises par notre oreille interne à notre cerveau – à savoir de ne pas pouvoir aligner plus de 10 ou 15 minutes de jeu d’affilée sans avoir la gerbe. A mon grand désarroi, cette saleté m’a privé depuis toujours de toutes les expériences proposées par les jeux de tir à la première personne, tout en venant également m’enquiquiner dans d’autres titres, là où je m’y attendais pas forcément. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise quand, lors de ma première session sur Doom Eternal, je me suis aperçue que je venais de butter des démons deux bonnes heures durant sans ressentir le moindre malaise. Oui, pas la moindre sensation désagréable, pas l’ombre d’une nausée. Renseignements pris, j’ai constaté que je n’étais pas la seule à ne pas avoir eu la visite de monsieur motion sickness, mais aussi qu’une option anti-gerbe était déjà intégrée à l’épisode de 2016.

Si je souligne ce point, c’est qu’il me semble primordial, afin que d’autres joueuses et joueurs qui se verraient privés de FPS en général et ne tenteraient ainsi pas l’aventure Doom Eternal en particulier, puissent savoir que oui, il est possible pour eux de connaître sans peine l’expérience unique que les développeurs nous ont concoctée.

Plus de lore, mais pas moins de gameplay

Dès les premiers instants passés dans la peau de Doom Slayer, le protagoniste emblématique de la série, j’ai ressenti le charisme de la saga. Cela va au delà de l’histoire proposée qui ne serait rien sans ce gameplay nerveux et tactique, même si elle revêt plus de profondeur que celle de son prédécesseur (j’ai eu ouïe dire que Doom 2016 était des plus bourrins) avec un développement du lore qui prend racine dans des cinématiques captivantes, parfois bien sales et oppressantes. Vous avez bien lu, on parle de tactique. Même si nous sommes loin des jeux de stratégie les plus pointus, si vous envisagiez simplement de courir et sauter partout en faisant pleuvoir des projectiles divers et variés sur des hordes de moches, il va falloir revoir votre copie. Si Doom Eternal invite effectivement à une certaine frénésie et aussi balèze soit votre Slayer, il n’en reste pas moins seul face à plusieurs démons ou face à un panel de boss bien agressifs qu’il va rencontrer en 1vs1 lors d’affrontements exigeants. Cet état de fait demande la maîtrise d’un tryptique sans laquelle vous risquez de subir et de vous faire rouler dessus. Il inclut l’utilisation du trio Cracheur ardent, Tronçonneuse et le célébrissime Glorykill. La tronçonneuse vous sera octroyée rapidement dans la phase de prologue et elle permet à la fois d’achever un démon dans une délicieuse cinématique que je qualifie de douce boucherie, mais aussi de lui faire lâcher dans un dernier râle quantité de munitions adaptées aux deux catégories d’armes dont dispose Doom Slayer. Ce délicat objet de torture impose cependant une contrainte de taille : pour fonctionner, il lui faut du carburant et le moins que l’on puisse dire, c’est que la bête consomme et que les jerricanes ne courent pas les sentiers, les rues, l’enfer sur Terre – rayez les mentions inutiles. Le seul moment où l’engin pourra fonctionner malgré la panne sèche est celui où vous serez à court de munitions, imposant un affrontement au corps-à-corps qui sera particulièrement punitif… pour vous.

Un peu plus tard, le Cracheur ardent vient compléter l’arsenal, un lance-flamme fixé sur votre armure qui permet évidemment d’aller faire brûler en enfer… disons plutôt de cramer les ennemis sur place et de leur faire libérer des plaques d’armure qui augmentent votre résistance. Enfin, abordons le fameux Glorykill, cet évènement qui se déclenche une fois que vos tirs ont suffisamment affaibli vos adversaires et que cet état de faiblesse est signalé par leur aspect luminescent. L’espace de quelques secondes, ils brillent et restent figés, le moment idéal pour les achever et leur faire libérer quelques menus points de vie.

Je dois dire qu’en qualité de noob absolue en matière de FPS (pour le motif évoqué plus haut) et malgré une expérience bien plus conséquente des jeux de tir à la troisième personne, mes débuts ont été particulièrement douloureux. J’ai pourtant été raisonnable et n’ai pas surestimé mes capacités en optant pour le niveau de difficulté bleusaille, le plus faible parmi un panel à faire frémir les petits nouveaux. Au fil des heures, la maîtrise finit cependant par venir, soutenue par de nouvelles compétences et améliorations, des variations d’armes et des bonus passifs, qui viennent se greffer aux possibilités de déplacement telles que le double saut, un dash je dois dire assez jubilatoire, la possibilité de s’agripper et se déplacer sur certaines surfaces ou encore d’autres techniques et objets favorisant la progression.

Un court répit nous est accordé lors de nos passages dans la Forteresse, le hub de Doom Eternal qui centralise des possibilités hétéroclites et parfois inattendues, comme des défis, une zone d’entraînement, ou encore la possibilité d’observer des figurines et autres objets appartenant à Doom Slayer.

Ce que je retiens de mes pérégrinations dans le mode Campagne, c’est sans conteste ce rapport effort / récompense nourri par la difficulté, avec cette sensation extrêmement satisfaisante procurée par mes réussites. J’admets également avoir ressenti des moments de découragement, balayés par l’irrésistible envie d’y retourner, de repousser mes limites. Plus notre parcours améliore nos capacités et compétences, plus la dimension esthétique des combats prend de l’ampleur, comme un ballet morbide dans lequel on se surprend à vouloir réaliser le plus bel enchaînement de mouvements et de shoots. La beauté du geste et la sensation de puissance sont transcendées par une bande son phénoménale dont la réalisation a été confiée une nouvelle fois à Mick Gordon, le compositeur des musiques du précédent Doom ainsi que de plusieurs opus de la série Wolfenstein. Ceux qui voudraient faire un détour par les coulisses de la création de la bande son peuvent visionner cette vidéo proposée par Bethesda :

Un mode multijoueur revisité

Accessible d’entrée de jeu, le Battlemode invite à opter pour un démon au choix parmi cinq aux caractéristiques différentes (Arch-Vile, Mancubus, Maraudeur, Doloris ou Revenant), ou bien d’incarner le Doom Slayer qui se battra seul contre deux monstres. Ce système asymétrique 2 versus 1 demande de remporter la victoire en trois manches gagnantes, avec une section qui permet d’opter pour une amélioration entre chaque manche. Les deux joueurs qui endossent le rôle d’un démon vont choisir un pack d’invocations et compétences, mais aussi avoir la possibilité d’invoquer des ennemis qui vont intégrer la zone de combat, tandis que celui qui opte pour le Slayer retrouve les possibilités de déplacement et de récupération de ressources (munitions, vie, armure) similaires à ce que le gameplay de la Campagne propose, ainsi que des portails de téléportation. Son objectif est d’abattre les deux démons dans un temps limité, sachant que s’il ne parvient à n’en terrasser qu’un dans le temps imparti, celui-ci revient dans l’arène. Du côté des méchants, la victoire sera acquise après avoir fait la peau au Slayer.

Au moment de la rédaction de ce test, le nombre de packs pour démon et celui des arènes de combat disponibles restent maigres. Contrairement à d’autres FPS qui sont taillés pour le multi, Doom Eternal semble avoir misé sur son expérience solo qui peut vous tenir en haleine jusqu’à trois dizaines d’heures, en fonction de votre skill, de votre capacité d’adaptation aux différents patterns et caractéristiques des démons et boss.

J’ai abordé plus haut le sujet de la bande son, particulièrement bien réalisée, qui porte à merveille l’expérience. Entre les voix gutturales qui nous transpercent et la dureté des musiques qui accentue à la fois notre investissement dans les affrontements et l’ambiance sombre de Doom Eternal, nous sommes royalement servis. Pulvériser des démons et assister au déploiement d’une histoire bien amenée (avec le confort de l’audio en français), casque vissé aux oreilles a été un véritable plaisir.

Ce test a été réalisé à partir d’une copie pour Playstation 4, sur une version standard de la console de Sony. Visuellement, c’est très propre, bien détaillé, même si certains décors et démons manquent de précision lors des plans éloignés, ce qui contraste avec la qualité de réalisation des créatures en plan rapproché. Mais cela n’empêche pas de profiter des différents environnements qui ont visiblement bénéficié d’un soin notable en ce qui concerne leur variété. Ceci dit, le titre exploite pleinement le potentiel de la PS4, il n’était pas possible de faire mieux compte tenu des spécifications de la machine, qui, même si elle permet au jeu de tourner en 60 fps, reste évidemment en retrait lorsqu’on observe les images de Doom Eternal en 60 fps / 1080p sur un PC bien garni, pour un résultat tout bonnement superbe.

Ce n’est pas parce qu’on découvre (enfin) un genre qu’il ne nous est pas possible de jauger la qualité d’un titre. Évidement, je n’ai pas de point de comparaison, mais s’il y a une chose dont je suis sûre, c’est qu’un grand jeu se reconnaît sans difficulté, grâce à l’expérience qu’il fournit. Il s’agit d’un argument d’autant plus acceptable quand justement, notre jugement n’est pas biaisé par un quelconque fanboy-isme et qu’on peut porter un regard neuf et objectif.

Doom Eternal m’a fait forte, très forte impression. Je ne compte plus les jeux que j’ai eu l’occasion, l’opportunité, ou même le désagrément de croiser ou de tester dans ma vie de gameuse et ceux qui ont pu me transcender, m’amener pleinement dans leur univers, ou encore me donner la furieuse envie de ne plus poser ma manette ne sont pas si nombreux. Eternal fait partie de ces trois catégories à la fois. Il m’a constamment ballotée entre souffrance et extase, entre découragement et envie de me dépasser, tout en étant portée par une direction artistique visuelle comme sonore totalement en adéquation avec l’univers et l’intensité des sessions qui m’ont mise ko, vidée par la concentration nécessaire et la réactivité exigée. Tout fast FPS est un défi à part entière et cet opus ne déroge pas à la règle, chaque niveau de difficulté va proposer un challenge à la hauteur des compétences des joueurs de tout acabit.

Malgré une baisse de régime au milieu de notre excursion parmi les démons, Doom Eternal parvient à nous éviter les écueils d’un gameplay redondant en misant sur une variété d’environnements plus étoffée que dans le précédent opus. Ajoutez à cela la recherche de cet esthétisme glauque dans nos massacres, vous obtenez un cocktail qui fait que la campagne à elle seule justifie d’attribuer le titre de fast FPS ultime au dernier bébé d’id Software, qui vient accessoirement de m’offrir une des expériences de gaming les plus intenses que j’ai vécu.

 

9,5/10

 

Test réalisé par Midnailah, merci à Bethesda et Minuit Douze pour la copie fournie.

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