Yomawari : The Long Night Collection – Le test sur Nintendo Switch

Catégories : Aventure, Action, Casse-tête, Survival-horror

Plateformes : Switch

PEGI : 16

Langue : Anglais

Taille : 1536,16 MB

Date de publication : 26/10/2018

  Développeur : Nippon Ichi Software

Éditeur : Nis America

Prix : 39,99€ en téléchargement

39,99€ en boîte

 

Yomawari : The Long Night Collection n’est autre qu’un bundle contenant les 2 titres existant de la série, Night Alone et Midnight shadows. Dans le premier vous incarnez une toute jeune fille, qui va devoir rechercher sa sœur et son chien Poro, tous deux disparus successivement dans d’étranges conditions. L’exploration nocturne de la ville où elle réside va s’avérer dangereuse : le lieu est peuplé de créatures fantomatiques hostiles.

Le second opus va nous mener dans une expérience similaire, mais vous incarnez cette fois-ci deux amies prénommées Yui et Haru, qui vont être confrontées aux esprits malfaisants qui vivent à proximité, à commencer par ceux qui rôdent dans la forêt avoisinante.

Initialement sortis en Europe en octobre 2016 et 2017 sur PS Vita, PS4 et PC, c’est tout naturellement que cette compilation prend vie sur une Switch devenue incontournable et prisée par Nippon Ichi Software / Nis America. Autant vous avertir, ne vous attendez pas à une mignonne petite histoire, comme les graphismes kawai pourraient le laisser entendre. Yomawari est cruel et angoissant.

Dans Night Alone, le 1er opus, vous vous familiarisez avec des commandes simples, à l’occasion d’une introduction in game qui va vous mettre dans l’ambiance de manière… brutale. Vous allez ensuite rencontrer vos premières créatures, votre but sera de les éviter ou bien plus souvent de les esquiver. Le moindre contact vous sanctionne immédiatement : vous reprenez votre aventure au dernier checkpoint. Très vite, des points de sauvegarde rapide vont se matérialiser sous forme de statues disséminées sur la carte, auxquelles il faudra offrir une pièce pour enregistrer votre progression. Elles vous permettront également de vous déplacer instantanément d’un checkpoint à un autre, mais si votre progression en est facilitée, cela peut aussi retirer un peu de son « charme » à l’expérience. Ces pièces font partie des objets utiles que vous pouvez trouver lors de votre progression, tout comme de simples cailloux qui vont vous permettre de faire diversion et ainsi parvenir à vous mettre provisoirement en sécurité. Pour ce faire, les buissons sur votre chemin seront vos alliés. Autre soutien de taille, la lampe torche de votre sœur que vous allez trouver rapidement et qui vous permet de repérer les esprits, invisibles sans elle. Enfin, vous disposez d’une jauge d’endurance, qui va fondre comme neige au soleil lorsque votre personnage court et plus encore à proximité d’un ennemi. La pression ressentie est accentuée par les battements de cœur de la fillette qui se font de plus en plus rapides et sonores lorsque la jauge se vide ou lorsque qu’une créature se rapproche. Ajoutez l’aura rougeâtre qui se dégage de ces êtres malfaisants lorsque vous êtes caché, vous obtenez un duo visuel et auditif à la fois stressant, à la fois utile : il permet d’estimer la distance qui vous sépare de vos assaillants et de ce fait vous aide à évaluer le trajet et le timing qui vous permettront de vous échapper. Pour ne pas perdre de vue votre objectif, vous disposez d’une carte sommaire mais cependant efficace.

Le second opus reprend le même principe que son prédécesseur, avec quelques aménagements qui diminuent l’effet Die & Retry assez présent dans Yomawari 1er du nom. En effet, vous pouvez diriger plus facilement la lumière de votre lampe, il y a plus de checkpoints (toujours sous forme de statues) et votre jauge d’endurance diminue plus lentement. De plus, vous bénéficiez de bonus à équiper qui octroient diverses capacités, ou bien un supplément d’endurance par exemple. Enfin, contrairement à Night Alone dans lequel vous incarnez un unique personnage, Midnight Shadows alterne entre l’expérience de Yui et celle de Haru, qui évoluent dans une zone plus vaste que celle du précédent épisode. La carte disponible et les statues de sauvegarde rapide trouvent donc ici un intérêt tout particulier.

 

L’histoire est constituée de plusieurs sections dont le début (ou la fin) est marqué par votre retour dans les murs de votre maison, ce qui vous permettra également de réaliser une sauvegarde complète. Night Alone peut se boucler en une dizaine d’heures en exploitant les divers contenus facultatifs dont recèle la carte, tandis que le générique de fin de Midnight shadows pourra être atteint après une durée similaire. Les différents ajouts précédemment cités, qui rendent la tache un peu plus « simple », mais ce 2ème épisode étant plus vaste, sa durée de vie rejoint celle de son prédécesseur. Vous retrouverez dans les 2 opus des variantes dans les caractéristiques des 40 Yokai (esprits/fantômes/démons au Japon) qui peuplent les lieux, différences qui nécessiteront d’adapter le comportement de votre protagoniste et sa manière de leur échapper.

Le jeu terminé, vous aurez la possibilité de vous balader dans les divers lieux afin d’examiner en détail le moindre buisson ou zone inexplorée. Je dois dire que je ne sais pas quoi penser de ce contenu additionnel, si ce n’est qu’il va prolonger la durée du jeu, de manière pertinente ou non en fonction des attentes de chacun.

Comme vous pouvez le constater, le choix du design des personnages est à l’opposé de l’ambiance du titre : L’un est mignon, presque attendrissant, l’autre est sombre et angoissante. Cela participe grandement à l’implication dans l’histoire et à la crainte ressentie. On ne peut que s’attacher à ces personnages enfantins qui sont victimes des esprits qui rôdent. Chaque séquence de stress, chaque screamer va vous retourner comme une crêpe, avec ce sentiment d’injustice procuré par le fait que les ennemis s’en prennent à des enfants. Le contraste recherché est diablement efficace.

Concernant les backgrounds, les décors et environnements vont être plus variés et détaillés dans le 2ème opus. Cette amélioration était nécessaire, elle atténue la sensation de redondance du 1er Yomawari, déjà exacerbée par un gameplay répétitif.

L’autre atout de la direction artistique réside dans la bande son. La quasi inexistence des musiques met l’accent sur une ambiance sonore réaliste, faite de bruit de pas et de bruitages environnementaux. Et que dire de ces battements cardiaques qui vont amener notre palpitant à se mettre au diapason de ceux de la protagoniste. Là encore, le tout est d’une efficacité redoutable.

Pour conclure, un mot sur la langue utilisée dans le jeu. Si un niveau correct en anglais est appréciable, ceux qui sont le moins à l’aise pourront tout de même saisir l’essentiel de ce qui est attendu.

Yomawari est le parfait contre-exemple des jeux de la catégorie des Survival-horor, dans lesquels l’hémoglobine est abondante, où les protagonistes sont tous plus vilains et inquiétants les uns que les autres, pour un contenu le plus gore possible. La force du titre réside justement dans cette différence : les fillettes aux graphismes doux et leur innocence rendent ces nuits de cauchemar si injustes et angoissantes. Une bande son parfaitement maîtrisée vient enfoncer le clou, afin de nous faire vivre une expérience forte et éprouvante. Afin de bien profiter de l’ambiance sonore et ainsi mettre en retrait la redondance du gameplay, rien de mieux qu’un casque et une faible luminosité alentours, comme vous pourriez le faire pour un titre comme Outlast. En fonction de la capacité de chacun à lâcher prise et à se laisser prendre au jeu, Yomawari : The Long Night Collection va séduire les uns et rebuter les autres, mais une chose est sûre : son côté dérangeant et angoissant ne va jamais laisser indifférent.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par Nis America

Merci à eux !

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