Lecture – L’histoire de la Wii : Révolution au palais de Kyoto

L’histoire de la Wii : Révolution au palais de Kyoto

 

L’auteur de cette chronique et moi, faisons partie de la même génération, nous avons quoi, une poignée d’années de différence à tout casser. Évidemment, ça ne change rien à nos avis respectifs concernant la Wii, mais force est de constater qu’il y a quelques similitudes entre nos ressentis au moment de l’arrivée de cette console. Mais il y a aussi quelques différences, la plus marquante est que je n’ai pas attendu un an avant de me procurer ma console, c’est même tout le contraire. Je me souviens encore être allée dans mon magasin habituel un mois avant la sortie de cette console « révolutionnaire », histoire de réserver une machine, histoire d’être sûre d’en avoir une, car il ne faisait aucun doute à mes yeux que l’engouement général qui semblait se profiler allait poser des problèmes de stocks. Bien m’en a pris, car mon vendeur attitré (qui allait devenir un ami) m’a bien expliqué le jour où je suis venue la chercher – soit Day One, dès l’ouverture du magasin, avant d’aller bosser – qu’il n’en avait reçu que quelques exemplaires, tous réservés, et qu’il n’avait donc pas une seule Wii à mettre en rayon ! Après une longue, très longue journée de travail, une soirée à m’occuper de mes enfants et l’ouverture fébrile de l’emballage de ma console une fois que tout ce petit monde était couché, c’est avec émotion que j’ai lancé Twilight Princess, celui qui allait devenir mon jeu favori, celui qui n’a encore jamais été détrôné par aucune des merveilles que j’ai pu expérimenter depuis. Oh que oui, j’ai pesté contre ce motion gaming parfois frustrant, tant il pouvait être imprécis, voire carrément aux pâquerettes, mais dont les défauts n’ont jamais pu supplanter le plaisir de combattre à cheval, de tirer à l’arc, à grand renfort de mouvements immersifs. La Wii, ma console de coeur, pour toujours.

Merci à C2ric pour le partage de sa chronique, initialement publiée sur https://raoulzecat.fr/

 

2001, soit l’année où après la débâcle SEGA je me suis désintéressé du jeu vidéo. Terminé les consoles nouvelle génération, vive la Dreamcast et la sacro sainte Saturn ! Durant quelques années, je suis resté cloitré dans un monde où le temps s’était arrêté, continuant à jouer avec mes jeux sur ces chères consoles SEGA. Au pire quelques parties de Mario Kart et de Burnout sur la Game Cube des potes. Mais n’ayant jamais été attiré par Nintendo et toujours désintéressé de Playstation (encore moins la 2), les jeux vidéo étaient devenus inintéressants. Il aura fallu l’arrivée de la Wii et de la folie qui l’a entourée pour éveiller mon intérêt. Comment ne pas se poser des questions sur sa manette (certes pas nouvelle visuellement), mais dont l’utilisation était révolutionnaire. Je voyais souvent jusqu’alors des non joueurs se lancer dans des jeux de voiture en tournant leur manette de Super Nintendo ou de Master System comme un volant, ou faisant sauter leur pad comme ils font sauter Mario ou Donkey Kong et là, cette petite télécommande permettait de le faire vraiment. C’était incroyable ! Le jeu vidéo allait devenir accessible à tous !
Pas de doute tout allait changer. Il aura tout de même fallu attendre un an avant d’en acheter une d’occasion.
J’étais fasciné devant cette console au design épuré, à cette lumière bleue hypnotique, au menu d’une simplicité déconcertante, à la possibilité de jouer à la ludothèque Game Cube et surtout à la prise en main ultra naturelle qui permettait aussi de rappeler cette bonne vieille manette NES. Et puis cette communication sans faille, mettant en avant dans les publicités le plaisir de jouer seul ou entre ami, plutôt que le jeu vidéo lui-même (totalement l’inverse de ce que faisait Playstation notamment avec le Comité Anti Playstation, où on ne voyait que du jeu). Et enfin, ce nom, Wii (nous), du génie pur, surtout accompagné du Mii (je) qui crée une relation unique entre le constructeur et le joueur.
Clairement admiratif devant tant d’évolution depuis la Dreamcast, j’étais aussi admiratif face à cette révolution.
Redevenu casual et non plus gamer, la Wii était ce que je pensais être la console idéale, sans défaut et destinée à tous.
Lorsque j’ai vu les ventes exploser auprès des non joueurs (tant jeunes que retraités), je me suis dit que Nintendo avait réalisé là un coup de maître. J’avais même vu des consoles dans les hôtels style B&B en location pour une soirée, un truc inimaginable quelques années encore avant.

La console avait beau ne pas payer de mine avec ses graphismes rappelant la génération Game Cube, il y avait tout autour d’elle de quoi appâter malgré tout le client en recherche de sensation vidéo ludique. Le meilleur coup reste évidemment Wii Sport. Un jeu tellement simple que n’importe qui n’ayant jamais touché une manette de sa vie pouvait devenir un champion du tennis ou bien du bowling. 15 ans après, il reste indémodable et toujours aussi addictif. La console possède son lot de hits casual, mais Nintendo a également fait un tour de force impressionnant, c’est de proposer des titres destinés également aux gamers et de rallier sans trop de soucis ses fans.
Malheureusement la Wii s’est engluée comme la première Playstation dans un méli mélo de titres bien trop nombreux et surtout de mauvaise qualité. Il fallait faire le tri. Mais les éditeurs tiers ne se sont pas vraiment posé la question, « C’est sur Wii, ça va se vendre, les casuals achètent n’importe quoi tant que c’est écrit Wii sur la console » (notez que ça fonctionne également pour la Switch). Après quelques années de bons et loyaux services à jouer en famille à New Super Mario ou Kirby et à utiliser le service en ligne (jeux en multi, météo et autres mise à jour, sans oublier le génial WiiWare et ses jeux PC Engine ou Megadrive) la console ne trône plus fièrement à côté de la télé du salon. Elle a rejoint la gaming room quelques temps pour profiter des titres qui sont passés au travers des mailles du filet. Zack et Wiki en tête, mais aussi bons nombres de RPG de qualité qui sont passés inaperçus. Maintenant on la ressort pour profiter des titres plus adultes, comme Madworld ou les rails shooter issus de la licence Resident Evil lors des soirées Halloween de l’asso. Car oui, la Wii a aussi eu des titres pour les adultes, avec des jeux sanglants, Nintendo ayant lâché la bride quant aux fameux PEGI. Et puis l’increvable série des Guitar Hero, qui malgré des graphismes dégueulasses nous fait passer de bons moments seuls ou à quatre.
C’est aussi la console de salon Nintendo qui a vu revenir Square Enix. Le développeur/éditeur fournissant des Final Fantasy et surtout un Dragon Quest épique, à la durée de vie étonnante.
D’autres titres viendront également rendre la console attachante et franchement unique ! Comment ne pas penser à Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi 3 où l’on devait reproduire les mouvement de nos héros. Quel pied, a t’on déjà vu un jeu de baston aussi ludique ? Il y aura aussi un titre Capcom issu de la série des Versus Series, du nom de Tatsunoko VS Capcom arrivera en exclusivité sur la console de Nintendo. Et puis je ne pourrai pas oublier le si beau Muramasa : The Demon Blade signé Vanillaware.

Mais finalement avec le recul la Wii c’était quand même beaucoup de soucis. Un Motion Gaming pas vraiment précis mettant à mal le gameplay sur beaucoup de titres (et cela malgré l’arrivé du Motion Plus), des jeux Nintendo nombreux au début, puis de plus en plus absents, laissant les éditeurs tiers s’occuper de faire le service après vente, de nombreux accessoires plus gadget qu’autre chose. C’est aussi la première console de Big N à devenir une machine à recycler (comme la Switch aujourd’hui). En effet, la dame blanche a vu pas mal de titres issu de la console précédente, la Game Cube, n’ayant pas trop bien fonctionné, dans des versions plus ou moins réussies et plus ou moins convaincantes et utilisant le fameux Motion Gaming.
Je n’oublierai pas de mentionner les petits soucis techniques, comme le Zelda et sa sauvegarde, les dragonnes et le silicone, les soucis sociétaux également qui ont posé des problèmes avec les limites d’âge etc… Des soucis qui nous paraissent bien loin pour nous Européens, mais qui ont le mérite d’exister. En y regardant de plus près, si pour certains, la Wii est la console qui a fait découvrir le jeu vidéo (sans doute à toute une génération, comme la Playstation 1 à son époque) et ils en gardent du fait un excellent souvenir (premier Zelda, Xenoblade…), pour les autres la Wii n’est pas plus appréciée que ça. Si la Wii possède un nombre de jeux incroyables et pour certains de bonne qualité, les véritables pépites et titres inoubliables sont rares. Et c’est étonnamment du côté des éditeurs tiers que sont les véritables réussites (World of Goo). De plus le Motion Gaming ne reste pas vraiment dans leur bon souvenirs. Rien ne vaut une véritable manette parait-il. La console a aussi été une championne du craquage, avec comme la Dreamcast à son époque, une certaine facilité à se faire dépouiller par les informaticiens en herbe. Nintendo ne les aime pas c’est certain, puisque la société a tout fait pour y mettre un terme. Je n’ai sombré dans l’illégalité que tardivement (bien après la mort de la console en Europe) avec une bonne affaire lors d’une brocante, mais pour finalement ne rien en faire.


Tout ce que j’ai vécu, avec la Wii et peut-être aussi ce que vous avez vécu est dans le livre de Thomas Pillon et bien plus encore.
L’auteur dans son livre nous raconte la vie de la console, de sa présentation par Iwata à son déclin. Les réflexions de Nintendo quant à leurs échecs concernant la N64, mais surtout la Game Cube, la transformation de la société après la déculotté 128 Bits sont aussi traités. Thomas Pillon s’attarde également sur le sujet alors épineux à l’époque des sociétés -voulant profiter de la manne financière – attaquant alors la société nippone pour des raison de droit et de brevet. Un sujet très intéressant. Enfin quelques jeux mythiques de la console sont aussi présents. Peut-on comparer la folie Wii avec la folie Switch ? En lisant ce livre, j’ai souvent fait le rapprochement entre les deux machines. Je vous laisse seuls juges, mais sachez que parfois la ressemblance est à s’y méprendre. Je terminerai juste par cette petite question qui me brule les lèvres depuis 2006 : Pourquoi Nintendo a choisi de vendre une console blanche plutôt que noire comme elle était pourtant présentée par Iwata lors de l’E3 2005 ?

Chronique à retrouver sur raoulzecat.fr

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