A Plague Tale : Innocence – Le test sur PC

Catégories : Action, Aventure

Plateformes : Steam, PS4, Xbox One

PEGI : 18

Langues : Audio Français, Anglais, Allemand – Textes Français, Anglais, Italien, Allemand, Espagnol, Tchèque, Polonais, Portugais, Russe, Chinois

Taille : 50 GB d’espace requis

Date de publication : 13/05/2019

  Développeur : Asobo Studio

Éditeur : Focus Home Interactive

Prix : 44,99€ en téléchargement

39,99€ en boîte

La première fois que j’ai approché A Plague Tale : Innocence, ce fut lors de la Gamescom 2018 et de la diffusion des nombreux trailers mis en ligne à cette occasion. La vidéo de gameplay de 16 minutes qui a été diffusée est ressortie du lot, le studio Asobo paraissait avoir réussi à concevoir un titre au fort potentiel. Sans surprise, après avoir pris en main la version finale, je rejoins l’avis de ceux qui ont eu l’opportunité d’explorer l’univers de A Plague Tale : le titre est à la hauteur de ce qu’il avait laissé entrevoir.

Amicia et Hugo De Rune vivent en France au XIVème siècle, au sein d’une famille noble. Aucun nuage à l’horizon jusqu’au jour où la peste vient décimer la population. A Plague Tale : Innocence va alors nous embarquer dans le périple des deux enfants, à travers des contrées hostiles, ravagées par cette épidémie.

L’histoire vous met aux commandes d’Amicia qui va endosser le rôle de grande sœur protectrice, une fonction toute nouvelle pour cette jeune fille dont les relations avec son frère étaient assez superficielles jusqu’alors.

Armée de sa fronde, Amicia va devoir mener une double quête, consistant à la fois à se rebeller contre l’inquisition, à la fois à maintenir son frère et elle-même en vie. Utilisant des cailloux comme projectiles, elle doit s’en servir pour détruire ses cibles et progresser, assommer ou éliminer un ennemi, ou encore détourner l’attention. En effet, le gameplay est essentiellement axé sur l’infiltration, la discrétion donc est un élément incontournable et si le duo se fait repérer, les espoirs d’échapper au game-over sont minces. Aussi, il faut quelques temps de pratique pour bien appréhender les moyens de rester invisible et le fonctionnement de l’IA. La ruse fait également partie des techniques sommaires mais utiles à disposition, soit en utilisant des éléments du décor pour se cacher, ou bien en lançant les ennemis sur de fausses pistes.

Les éléments du gameplay vont se renouveler suite à l’arrivée des rats au cours du troisième chapitre, impliquant de nouvelles interactions avec l’environnement des personnages. Amicia reste l’élément central puisqu’elle va réaliser quasiment toutes les actions demandées, que ce soit la résolution des énigmes pour progresser, l’utilisation du lance-pierre, ou encore le port d’une torche afin d’éloigner les rats… ou bien de les diriger vers les personnages dont la jeune fille souhaite se débarrasser. Ponctuellement, il peut être nécessaire de lâcher la main du petit frère afin de gagner en rapidité pour réaliser une action, mais il existe une limite de temps : laissez le seul trop longtemps et il se met à crier, ruinant ainsi vos efforts de discrétion. Hugo peut également être envoyé à certains endroits inaccessibles pour sa sœur afin de continuer à progresser.

Si on devait décrire en deux mots le gameplay, ce serait « simple et efficace ». Jamais ennuyeux, car il sait tout de même se renouveler au fil de l’histoire, il accompagne fort bien le réalisme recherché dans la situation des deux enfants. Cette authenticité visuelle le sert parfaitement.

La progression dans A Plague Tale : Innocence est plutôt dirigée, nous sommes continuellement guidés d’une manière ou d’une autre à travers les 17 chapitres qui composent le jeu. Globalement, le jeu laisse peu de marge de manœuvre, il n’y a pas moult possibilités de progression et, même si les puzzles gagnent en complexité, certains pourront reprocher au titre de manquer de sel.

Comme exposé précédemment, l’infiltration compose l’essentiel de l’expérience et la fronde d’Amicia à son rôle à jouer dans la réussite de ces phases. La précision est primordiale, afin de réussir à atteindre les ennemis à la tête (à laquelle s’ajoute une concoction aux effets particuliers utile pour les ennemis munis de casques), mais il y a également des boss à affronter dont les patterns ont quelques particularités à découvrir. L’action va prendre le pas sur la discrétion durant les derniers chapitres, même si votre matière grise va tout de même être sollicitée jusqu’au bout.

Aux éléments de gameplay déjà cités, vont venir s’ajouter des compétences en alchimie qu’Amicia va développer au fil de l’aventure. Le panel des possibilités va de la production de flammes, à une possibilité de les éteindre à distance, en passant par des moyens d’attirer ou de détruire les rats, ou encore une compétence dont je tairai la nature, afin d’éviter un spoiler désagréable.

Quoi qu’il en soit, l’ensemble de l’aventure vous prendra une quinzaine d’heures. Le gameplay et le contenu exposés représentent une partie de ce qui vous attend, la Direction Artistique et le scénario vont représenter l’autre partie, et pas des moindres :  c’est elle qui fait la force de A Plague Tale : Innocence.

Je ne tiens pas à minimiser le rôle des mécaniques de jeu et du contenu du titre, ils sont très bien pensés et font partie intégrante de la qualité de l’expérience. Mais ce qui rend A Plague Tale : Innocence exceptionnel, c’est cette alchimie entre ces éléments et l’histoire que nous traversons. Entre autres, les deux protagonistes vont croiser des enfants et les relations entre eux vont apporter de la matière à l’intrigue, tout comme les cinématiques, par ailleurs de belle qualité. Le titre permet également de bénéficier de moments durant lesquels la contemplation des environs, ou même la possibilité de profiter du soin apporté aux détails graphiques des personnages vont être de mise.

C’est une évidence, mais je la souligne cependant : le « petit » studio Asobo a réussi à nous offrir une réalisation graphique digne des grands. C’est superbe et efficace, notamment le rendu des hordes de rats qui réussissent à imposer une certaine oppression, accentuée par les sons qui les accompagnent. Le contraste entre l’environnement sombre, jonché de cadavres et l’innocence qui se dégage des enfants accentue la sensation de vulnérabilité qui pèse sur eux. C’est d’autant plus marquant que les phases d’affrontement ont été réalisées de manière à marquer l’incompétence logique d’Amicia au combat. Est-il utile de parler de la qualité des détails des visages, des tenues, de la physionomie équilibrée des personnages ? Les images parlent d’elles-mêmes. Seule une certaine rigidité des mouvements vient apporter un bémol.

Concernant la bande sonore, j’ai noté quelques incohérences. Par exemple, on peut entendre un son qui est censé s’être arrêté. En outre, ayant fait des sessions au casque, j’ai noté des contradictions. Un exemple concret : la protagoniste devait trouver un animal en le localisant via le bruit qu’il émettait. L’animal se trouvait à sa gauche et le son sortait du haut parleur droit de mon casque. C’est un détail qui rend l’orientation dans le jeu plus aléatoire, mais qui est compensé par ce côté dirigiste qui rend quasi impossible la probabilité de se perdre. Quoi qu’il en soit, l’ambiance sonore est juste et soignée.

Quelques mots au sujet de l’optimisation. Correcte sur PC, elle va cependant mettre en difficulté les configurations les plus modestes. En revanche, la version Playstation 4, également testée, offre une qualité supérieure à celle escomptée.

Je vais conclure ce test en parlant du studio Asobo et du travail titanesque accompli. A Plague Tale : Innocence, ce sont 4 ans et demi de développement et un budget loin des productions triple A. De toute évidence, c’est aussi une quantité astronomique d’heures à créer, penser, coder, imaginer et mettre en œuvre. A Plague Tale, ce sont des mois à douter, à s’investir corps et âme pour un résultat incertain, car aussi bon un jeu soit-il, personne ne peut savoir comment il va être accueilli par ceux pour lequel il a été créé.

Certes, le résultat est imparfait. On peut noter une certaine rigidité dans la manière de résoudre les énigmes, quelques incohérences sonores et peut-être une certaine facilité dans la progression qui ne satisfera pas tous les joueurs. Mais cette œuvre, c’est aussi et surtout une expérience unique, une histoire prenante, une réalisation cohérente, un ressenti, une atmosphère, le tout dans un enrobage graphique de qualité.

Un grand merci à l’équipe d’Asobo pour le travail accompli, A Plague tale : Innocence se hisse à la hauteur des meilleurs jeux de sa génération.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par Focus Home Interactive.

Merci à eux  pour leur confiance, ainsi que pour avoir édité A Plague Tale : Innocence.

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