Candleman : The Complete Journey – Le test sur Nintendo Switch

Catégories : Plateforme, Puzzle, Aventure

Plateformes : Switch, Xbox One, PS4, PC

PEGI : 7

Langues : Français, Allemand, Anglais, Espagnol, Italien, Japonais, Coréen, Néerlandais, Portugais, Russe, Chinois

Taille : 1487 MB

Date de publication : 03/10/2019

  Développeur : Spotlightor Interactive

Éditeur : Indienova

Disponible en téléchargement

Version boîte prévue en avril 2020

 

Il aura suffit de l’unique mot qui compose le titre et d’un court trailer pour titiller ma curiosité. Candleman, un jeu dans lequel nous incarnons un protagoniste peu banal, puisqu’il s’agit d’une bougie toute simple, arpentant des environnements à la direction artistique fort agréable pour nos rétines. Ajoutez à cela la promesse d’un gameplay qui repose sur le caractère éphémère du personnage, et voici un cocktail qui s’annonce savoureux.

A l’origine, Candleman vient de l’imagination de quelques personnes, qui ont créé le concept et une première mouture du jeu en deux jours, dans le cadre d’une compétition réunissant des développeurs de jeu vidéo, la Ludum Dare. Si Spotlightor ne remporte pas le premier prix de la catégorie exigeant de respecter le thème « 10 secondes », Candleman fait une première entrée dans le monde vidéoludique en 2016 en qualité d’exclusivité Xbox One, puis se voit étoffé des trois chapitres et d’une version The Complete Journey sur PC en janvier 2018. Cette mouture a inévitablement trouvé son chemin vers une Switch devenue un terrain – de jeu – fertile pour les indépendants. Si sa sortie sur la console de Nintendo est passée sous notre radar, nous avons maintenant l’opportunité de tester le titre, qui refait parler de lui grâce à l’annonce de son arrivée prochaine en version physique.

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Le génie de Candleman repose sur la simplicité et le minimalisme de son gameplay. Nous ne sommes pas encombrés par une multitude de commandes, nos deux seules possibilités sont le saut et celle d’allumer notre petite bougie en quête d’identité. C’est sur ce point qu’intervient le concept des 10 secondes, en effet Candleman va entièrement se consumer dans ce laps de temps, ce qui entraine sa mort. Nous devrons donc allumer sa flamme avec parcimonie, avec stratégie, par petites touches, afin de parvenir à la fin du niveau sans avoir utilisé tout notre potentiel.

Notre objectif est donc d’accompagner la bougie vers un objectif final et dont les motivations se dévoilent au fil du temps, le tout en arpentant des zones mêlant plateforme en 3D et énigmes à résoudre afin de progresser. Il est également demandé de parvenir à allumer un nombre préétabli de bougies présentes dans chacun des niveaux qui composent les 12 chapitres du jeu. Il n’est cependant pas nécessaire de toutes les trouver pour passer au niveau suivant, atteindre le portail de fin suffit à débloquer la suite, ce point ouvrant une possibilité – cependant restreinte, au regard de la facilité globale – de rejouabilité en dégotant les bougies que nous aurions manqué. Ponctuellement, nous croisons un autre type de bougie qui fait office de checkpoint et nous disposons de 10 tentatives pour tenter de boucler chaque stage. Dans l’ensemble, le titre n’est pas très difficile, le nombre de vies et d’opportunités de réussir étant élevé et la complexité à l’opposé plutôt basse.

Si sur le fond le reste des mécaniques est classique (plateforme à déplacer, obstacles à détruire pour se frayer un chemin, utiliser un soufle pour s’élever, etc), la forme l’est beaucoup moins, Candleman est surprenant, intelligent et captivant. Nous devrons ainsi jouer avec l’obscurité et la lumière, faire s’épanouir d’immenses fleurs à la lumière de notre bougie afin de les utiliser en guise de plateforme, marcher sur de longs parchemins en accordéon qui se déploient pour nous permettre d’atteindre une zone, tenir compte des ombres… Malgré une certaine facilité, jamais l’ennui de pointe son nez, car chaque environnement parvient à distiller son lot de surprises. Il est cependant à noter que l’issue du neuvième chapitre marque la seule montée en puissance marquante du jeu, mais quel moment intense ! Le ressenti est d’autant plus fort que l’intensité de cette phase contraste avec la tranquillité globale du jeu. On sent clairement que cette phase sonnait la fin de la mouture d’origine, fin qui est d’ailleurs assez brutale. Les trois chapitres suivants ont été ajouté à postériori et s’avèrent très satisfaisants, de par la plus-value qu’ils apportent à l’histoire, mais aussi par des mécaniques renouvelées et imaginatives.

N’ayant pas eu l’opportunité d’expérimenter le titre sur une autre plateforme que la Switch, il m’est impossible de réaliser une comparaison, mais une chose est sûre, l’optimisation est excellente. Durant les quelques heures passées avec Candleman, je n’ai constaté qu’un, ou peut-être deux ralentissements gênants. En outre, Spotlightor Interactive a réalisé un travail d’orfèvre concernant la gestion des angles de vues, la précision des sauts et le dosage de leur latence. Jamais pris en défaut, ces points garantissent l’absence de frustration et des échecs qui seront exclusivement dûs à une erreur de notre part.

Exclusivement expérimenté console sur son dock, Candleman est fort agréable à regarder sur grand écran. Le rendu des couleurs, des ombres et des lumières met en valeur une direction artistique fort plaisante et variée. A l’opposé de certains jeux de plateforme qui manquent de diversité dans leurs environnements et qui reprennent des thèmes vus et revus, Candleman est à la fois simple et imaginatif, un voyage visuel qui sait se faire riche tout en étant minimaliste. Un régal, parfaitement servi par une bande son impeccable, des musiques douces qui rendent parfaitement l’atmosphère recherchée et celles plus dynamiques des phases plus intenses.

Une partie de la narration passe par une voix-off féminine qui s’exprime en anglais et là encore, le ton, le rythme sont de qualité, pour une présence ponctuelle non invasive. A l’instar d’un titre comme Gris qui se passe entièrement de dialogues ou de textes en faisant passer sa narration par l’image et la musique, Candleman aurait pu se contenter de ces mêmes moyens pour faire passer son message. Néanmoins, le jeu bénéficie de textes proposés dans de nombreuses langues dont le français et si on constate que la traduction est approximative, la compréhension n’est pas entravée. On ne peut qu’apprécier l’effort consenti par les développeurs et l’éditeur afin de faciliter l’accès du titre aux non anglophones, effort plus encore remarquable quand il s’agit de petits studios aux moyens limités.

Candleman a-t’il été aussi savoureux qu’escompté ? Sans conteste la réponse est oui. Jamais frustrante, très bien calibrée, l’aventure a été un régal visuel et auditif, une expérience stimulante, une invitation à la rêverie teintée de réflexion, que ce soit dans ses énigmes ou dans le message délivré. A l’issue de mon expérience, je ne saurais cependant dire s’il faut regretter le manque de difficulté ou s’il est finalement une bénédiction, car si l’ensemble manque de moments épiques, il nous permet d’évoluer dans les environnements sans frustration et de profiter pleinement des propositions remplies d’imagination du titre.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : si vous recherchez du défi, Candleman n’est pas fait pour vous. Mais si vous êtes à la recherche d’un titre relativement calme, surprenant, avec des moments plus intenses, n’hésitez pas, cette petite bougie en quête d’identité saura vous inviter dans son voyage et vous faire ressentir la force de l’issue de sa quête. La première belle découverte de ce début d’année et dont un nouvel épisode serait accueilli à bras ouverts, de par tout le potentiel démontré.

Ce test a été réalisé par Midnailah sur une version offerte par l’Editeur, que nous remercions pour cette opportunité.

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