Ghost of Tsushima – Le test sur Playstation 4

Ghost of Tsushima

Catégories : Action, Aventure

Plateforme : PS4

PEGI : 18

Langues : Audio et textes disponibles en Français + autres dont Japonais

Taille : 34,78 GB

Date de publication : 17/07/2020

  Développeur : Sucker Punch Productions

Éditeur : Sony Interactive

Disponible en téléchargement et en boîte

 

Ghost of Tsushima fait partie de ces titres dont les premières images ont tout de suite suscité l’engouement, comme la promesse d’un jeu qui allait nous régaler les mirettes et nous inviter à parcourir un univers dont bon nombre d’entre nous sont friands, à savoir le Japon féodal. Cette dernière grande exclusivité Playstation 4 était ainsi très attendue, avec cette question sur toutes les lèvres : Le titre développé par le studio Sucker Punch – papa de la série inFAMOUS – allait-il être à la hauteur des espérances des joueurs et savoir boucler la boucle de la quatrième génération de Playstation de la plus belle manière qui soit ?

Les premiers pas dans Ghost of Tsushima confirment qu’un soin tout particulier a été apporté à l’ambiance visuelle, notamment en matière d’effets de lumière et que le travail sur l’univers du jeu, qui met en scène un conflit entre des envahisseurs Mongols et des samouraïs, a subi le même traitement. Mais apparaissent rapidement quelques points en retrait qui, pris individuellement ne sont pas foncièrement gênants, mais dont l’accumulation va amener le sentiment qu’il manque quelque chose pour que Ghost of Tsushima soit un jeu d’exception.

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Pour illustrer la mise en situation brutale dans Ghost of Tsushima, rien de tel qu’une vidéo des premiers instants, un avant-goût de ce que le studio a imaginé pour nous :

Sucker Punch souhaitait embarquer le joueur dans une aventure basée sur les productions cinématographiques qui font honneur au Japon féodal et à l’ère des samouraïs. De ce côté, c’est une réussite, on y retrouve le même style d’ambiance, avec entre autres les notions d’honneur, de loyauté, de respect, ainsi qu’un code de conduite spécifique aux samouraïs, l’ensemble mis en valeur par un doublage japonais qui apporte indéniablement un plus. Jin, notre protagoniste, va même se retrouver confronté à des choix moraux qui vont le mettre face à ces notions. L’exploitation de ces idées, notamment la transgression du code des Samouraïs va être mise en scène par le biais de l’évolution du gameplay, mais Ghost of Tsushima est avant tout un titre qui invite à l’exploration, sur fond de contexte historique, de recrutement de combattants pour aller botter le train du grand manitou Mongol, et bien sûr d’affrontements au katana, Kunaï, à l’arc, ou autres bombes et lames.

Abordons une bonne fois pour toute les points qui pèchent (de manière toute relative, nous allons le voir), à commencer par la collecte des ressources qui ne fait pas même esquisser un mouvement à notre personnage, qu’il soit à pied ou à cheval. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela contraste avec l’immersion apportée par les graphismes et un certain réalisme, mais à titre personnel j’en suis vite venue à apprécier de ne pas avoir à descendre de cheval à chaque fois que je devais ramasser la moindre fleur ou un morceau de métal. Autre point, les commandes peuvent manquer de réactivité, un temps d’adaptation peut donc être nécessaire afin de bien appréhender le laps de temps que demandent deux actions différentes afin d’être prises en compte. Dans le même genre, la caméra est régulièrement prise en défaut lors des combats rapprochés et demande là encore un temps d’adaptation, tout comme le passage d’une arme secondaire à une autre qui peut vous pénaliser. Enfin, l’ennemi de cette catégorie de jeu est la redondance et Ghost of Tsushima n’y échappe pas, notamment dans ses quêtes ou combats. J’ai rapidement fait un parallèle avec un autre titre – que j’avais fort apprécié – et qui demandait également de nettoyer des camps de son hostile population : Horizon Zero Dawn. Même chose dans Ghost of Tsushima, à la différence près que ce ne sont pas des nids de factions ennemies mais essentiellement des camps Mongols qui devront être éradiqués. En parlant de combats, nous devrons ponctuellement réaliser des affrontements en duel et là encore, une pointe de répétitivité se traduit, initiée par une courte saynète d’introduction systématiquement conçue de la même manière.

Mais, mais, mais – trois fois mais – Ghost of Tsushima est surtout et avant tout un jeu au gameplay qui s’enrichit continuellement et dont chaque quête, même la plus anodine, va récompenser le joueur. En effet, tout ce que vous allez réaliser sera gratifié d’un peu plus de renommée, d’un objet, d’une ressource, d’une nouvelle compétence, d’une technique de combat, d’un bonus passif… En plus des interactions avec certains PNJ qui proposent d’améliorer notre équipement, l’essentiel des améliorations dont votre personnage va bénéficier est possible grâce à ces points de renommée acquis durant votre progression, points que vous aurez le choix d’attribuer à l’une ou l’autre des catégories concernées. Elles se répartissent entre plusieurs sections, qui vont de vos armes – améliorables donc, elles vont vous accompagner jusqu’au bout – à vos compétences, en passant par vos postures. Les postures, voici un élément intéressant du gameplay. A celle de départ viennent se greffer de nouvelles, déblocables lors de la progression du personnage. Chacune d’entre elles est efficace contre un type d’ennemi, comme la posture de l’eau utile lorsqu’on affronte un adversaire muni d’un bouclier, la suivante parfaite pour lutter contre un lancier… Le tout est switchable à la volée, tout comme le passage d’une arme secondaire à une autre, ce dernier pouvant cependant être dommageable car contrairement au changement de posture, il ne ralentit pas le temps.

Enfin, lorsque vous combattez, les coups portés permettent de faire gonfler votre détermination, qui elle-même vous permet de remplir une portion de votre jauge de vie afin d’éviter de la voir complètement vide, ce qui entraînerait la vision de la scène durant laquelle l’ennemi achève cruellement votre protagoniste.

Ghost of Tsushima, c’est aussi une bonne dose d’infiltration et d’éliminations furtives accompagnées par un système de repérage des ennemis via une aura rouge qui les entoure. On peut trouver un principe de visualisation des adversaires ressemblant dans The Last of Us – et dans d’autres titres, mais ayant expérimenté le grand, très grand TLOU2 dernièrement… Par ailleurs, que ce soit lors de l’exploration ou de l’infiltration, en plus de proposer de s’accroupir pour se cacher ou de ramper pour se glisser dans des passages à ras le sol, Ghost of Tsushima exploite la verticalité. Jin peut ainsi escalader certaines zones précises, ou se déplacer sur les toits des habitations, voire y pénétrer lorsque une fenêtre le permet. Il est d’ailleurs possible de souligner un manque de compétence des IA lors de nos passages en hauteur, qui nous rendent invisibles à leurs yeux.

Ghost of Tsushima c’est également l’absence de carte qui s’affiche en jeu. Il est possible de la consulter via le menu et de cibler notre objectif, ce qui aura pour conséquence de faire apparaitre un souffle de vent qui nous indique la direction à suivre. Un simple effleurement du pavé tactile de notre manette permet de faire à nouveau apparaître ce souffle si on souhaite vérifier notre trajectoire. Il faudra cependant adapter notre route en tenant compte de la topographie. Va – presque – où le vent te pousse.

Vous l’aurez compris, Ghost of Tsushima fait la part belle à l’exploration, la rendant à la fois gratifiante puisqu’elle rend Jin Sakaï plus puissant et habile, notamment grâce aux quêtes qui lui permettent d’obtenir des équipements ou techniques exceptionnels, à la fois agréable pour nos sens. Je reviens sur le doublage japonais qui donne un cachet supplémentaire – mais dont j’ai dû me passer pour une affaire de sous-titres sur YouTube – se mariant à merveille avec l’ambiance musicale du titre. Mais ne boudons pas cet audio en Français et soulignons l’effort du studio à ce niveau qui propose une liste de langues conséquente, que ce soit pour l’audio ou les textes.

A quoi reconnait-on un excellent jeu ? Question qui semble simple, mais qui est pourtant très complexe, tant elle induit de subjectivité et dépend des attentes et des goûts de chacun. Prenez The Last of Us 2 par exemple, ce titre m’a marquée, profondément. Un jeu auquel je pense régulièrement depuis que j’ai vu le générique de fin. Un titre que j’ai d’ores et déjà envie de refaire, mais que j’attends d’avoir « digéré ». On est bien d’accord, tous ceux qui l’ont expérimenté entièrement n’ont pas le même avis que moi : à mes yeux, il s’inscrit au panthéon des JV, alors que pour d’autres, il s’agit uniquement d’un (très) bon jeu. Ghost of Tsushima ne m’a pas fait le même effet lorsque j’ai finalement posé la manette, il lui manque une force, un aboutissement, une richesse dans l’écriture qui auraient pu le propulser parmi ces jeux d’exception. Pour autant, je considère que Sucker Punch a fait un travail remarquable. Le titre est de ces jeux qui vous font attendre avec hâte votre prochaine session, vous donnent envie de découvrir quelle sera la prochaine puissante technique ou amélioration que vous pourrez acquérir, de parcourir son univers, de ressentir à nouveau cette satisfaction lorsque vous réalisez un combat « parfait », riche en mouvements efficaces et en esquives réussies, en head shot à l’arc, le tout avec un sens de la beauté du geste capable de satisfaire les plus esthètes d’entre nous – d’autant plus les amateurs du Japon féodal. Aussi, c’est ce que je retiens de Ghost of Tsushima : il s’agit d’un très bon jeu, très plaisant à parcourir, qui aurait pu être excellent avec une approche et un travail différents des points mentionnés dans ce test.

Test réalisé par Midnailah, merci à Julien de Playstation France pour la copie fournie.

Retrouvez mon let’s play ici == > Ghost of Tsushima en vidéo

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