Predator : Hunting Grounds – Le test sur Playstation 4

Catégories : Action, FPS, Shooter

Plateformes : PS4, PC

PEGI : 18

Langues : Français

Date de publication : 24/04/2020

  Développeur : ILLFonic

Éditeur : Sony Interactive Entertainment

Disponible en téléchargement et en boîte

 

Ceux qui connaissent Dead by Daylight, le jeu d’horreur de Behaviour Digital, ne seront pas dépaysés à la lecture des lignes qui vont suivre, puisque Predator : Hunting Grounds est basé sur un principe similaire. En effet, il s’agit d’un jeu asymétrique en 4 contre 1, dans lequel il est possible d’incarner un des quatre membres d’un commando d’élite, ou bien la star de cet opus, un Predator. Pour les amateurs du célébrissime Schwarzy ou de l’impressionnante créature qu’est le Predator, ce FPS a donc de quoi être attirant. Après une preview réalisée lors du week-end de démonstration durant lequel il a été possible d’accéder à l’intégralité du jeu, j’avais évalué le titre comme assez prometteur, suite à une expérience incomplète mais agréable à prendre en main. Le dernier né de ILLFonic étant maintenant disponible, de nouvelles sessions de plusieurs heures m’ont ainsi permis de me faire une idée plus concrète et précise de ce que le studio nous a concocté, notamment lorsqu’on incarne la cultissime créature qui, à ma grande satisfaction, nous embarque dans le versant TPS du titre.

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Pourquoi cette satisfaction ? N’ayant pas eu l’opportunité d’incarner un Predator faute de place disponible lors de la preview, j’ai imaginé que le principe du jeu de tir à la première personne choisi pour le pan commando était conservé pour l’ensemble des propositions. Que nenni, Hunting Grounds a l’intelligence d’opter pour cette vue à la troisième personne qui permet de profiter de la plastique de votre Predator, que vous pouvez customiser avec de plus en plus d’éléments au fil de votre progression. Les développeurs ont même fait le choix de permettre d’incarner une créature féminine – ce qui ne va certainement pas manquer de faire hurler au scandale certains puristes. Nous retrouvons ce même choix du sexe de notre combattant humain ainsi que des possibilités de customisation armes incluses, l’ensemble se débloquant au fur et à mesure que nous voyons nos points d’expérience augmenter.

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Afin d’introduire le gameplay, voici des images par le biais de deux vidéos, l’une donnant un aperçu des possibilités d’un membre de commando, l’autre celles d’un Predator. Si le but est du premier est de coopérer avec les autres joueurs afin de mener à bien des missions, de survivre et de parvenir à s’échapper avant de se faire réduire en charpie, le second se positionne en tant que chasseur traquant ses proies, muni d’un arsenal meurtrier fidèle à celui des films de la licence.

Comme il est possible de le voir, Predator : Hunting Grounds ajoute une dimension PvE (Joueur contre Environnement) à son concept asymétrique, puisque les trois membres de votre équipe et vous-même allez devoir également liquider d’autres bipèdes humains qui sont là pour vous empêcher de réussir vos missions et accessoirement vous descendre avant que vous ne le fassiez. Ces IA sont en mesure d’attaquer le Predator à grand renfort de balles, tandis que la créature peut aussi les tuer et ainsi améliorer sa performance réalisée à l’issue de la chasse.

Du côté du commando, avant d’être largué sur la zone de combat, vous passez par une interface qui vous permet de faire vos choix en matière d’équipement (sets d’armes, d’objets ou de bonus préalablement conçus par vos soins), pendant que vous découvrez vos compagnons ou adversaires de galère. Suite à une mise à jour, vous pouvez dorénavant choisir un point d’entrée sur une map aléatoirement choisie parmi les trois disponibles au moment de la rédaction de ces lignes. Pour vous aider à mener vos quêtes, la coopération est évidemment essentielle et la possibilité de jouer en ligne avec des amis – et surtout d’échanger en direct – est avantageuse. Dans la zone de mission, vous trouverez également des ressources, entre autres des munitions afin d’éviter la panne sèche ou des kits de soin. Vous pouvez également emporter quelques soins et à l’instar de Dead by Daylight, vos coéquipiers peuvent venir vous réanimer dans le cas où vos points de vie seraient réduits à néant, sachant qu’ils ne disposent que d’un temps limité pour ce faire. Sans quoi, c’est la mort définitive pour vous, à moins qu’un coéquipier ait activé l’item qui permet de demander des renforts, auquel cas vous reviendrez dans la partie après un certain laps de temps. Vous pouvez bien sûr en faire de même et tenter de sauver un autre joueur, sachant que c’est un moment délicieux pour le Predator, qui peut ainsi parvenir à dépecer la moitié de votre groupe en quelques secondes, voire à vous éliminer définitivement en vous arrachant la tête et colonne vertébrale. Notez que vous disposez d’une jauge d’énergie qui se vide notamment lorsque vous optez pour la course rapide, auquel cas il devient nécessaire de rester au repos pour qu’elle se remplisse à nouveau.

 

Pour l’exemple, lors d’une mission, le matchmaking n’ayant pas pu réunir les quatre joueurs requis, nous avons débuté la partie à deux et nous avons eu la malchance de tomber sur un Predator sous amphétamines, qui nous a tout bonnement roulé dessus. Il m’a terrassée et a fini le travail sur mon malheureux coéquipier qui tentait de me soigner – une action qui demande quelques longues secondes – en vain. Tous deux décédés, la mission fut donc un échec. Lors de sessions ultérieures, j’ai même dû réaliser une mission seule contre les IA, la matchmaking n’ayant pas pu trouver trois autres commandos dans les temps et le Predator ayant de ce fait abandonné la partie au dernier moment. J’ai vécu plusieurs cas de figure différents et autant vous dire que si j’ai survécu très longtemps seule contre les IA, le buff des Predator ne m’a laissé aucune chance lors de la partie suivante, en solo contre la créature.

Un autre point peut marquer la fin d’une mission, et cette fois-ci de manière moins désolante, il s’agit de l’extraction des membres du commando. En effet, une fois les demandes émises par radio remplies par votre team, un hélico vient chercher les survivants. Là encore, il faut tenir bon jusqu’à ce qu’un icône vous indique que vous pouvez saisir le câble qui va vous hisser jusqu’à l’hélicoptère. Une fois en sécurité, une cinématique s’enclenche et vous montre une scène automatiquement choisie en fonction des circonstances, qui peut par exemple montrer un Predator furieux de nous avoir laissé filer. D’autre part, si abattre la créature ennemie implique la fin de la mission, le joueur qui l’incarne peut enclencher l’auto-destruction, auquel cas il faut très rapidement quitter la zone de portée affichée à l’écran, au risque de se voir pulvérisé dans ce dernier souffle bien connu des amateurs de la licence.

Si les occasions de voir le Predator sont restées rares durant mes premières sessions, d’une part car les joueurs qui l’incarnaient ont majoritairement été très discrets et d’autre part car je n’ai malheureusement pas eu l’opportunité d’endosser le rôle de la bête, il en a été tout autrement par la suite. Lors de nos débuts, la prise en main du gameplay des commandos est très accessible et à tout type de joueurs, tandis que celui du Predator nécessite un peu plus de temps à apprivoiser, le temps de se familiariser avec les commandes et les possibilités conformes à celles dont dispose la créature dans le film d’origine, à savoir le camouflage qui le rend quasi invisible, son canon à plasma, ses lames de poignet, son bâton/lance, les saletés de disques qui vous découpent, ainsi qu’un arc, en plus de sa célèbre vision thermique. Une fois cette prise en main acquise, manipuler un Predator est quasi extatique, autant lors de ses déplacements dans les arbres qu’au sol. Le rendu de sa puissance, l’ampleur de ses bonds marquent clairement la différence avec le commun des mortels. Il aura cependant ce point en commun avec l’humanité de saigner, un fluide vert fluo qu’il va laisser derrière lui, permettant aux commandos de le suivre à la trace. Les soldats vont bénéficier quant à eux d’un panel d’équipements – notamment armes de poing, fusils d’assaut, couteaux, grenades etc – qui va s’étoffer au fil de la prise d’expérience.

Aussi, autant le Predator semblait ne pas être à la hauteur, affichant une telle « faiblesse » que le sentiment de stress et de danger à son approche était quasi inexistant, autant la prise d’expérience des joueurs et quelques mises à jours visant à buffer la créature ont totalement déséquilibré l’expérience en faveur du Predator. Il est devenu particulièrement difficile de remporter la partie, d’autant plus avec une meilleure maîtrise de l’auto-destruction qui, bien placée, peut annihiler tous les survivants de votre groupe. En outre, il est extrêmement dommage que cette explosion mette fin à la mission malgré la présence de survivants, même si les quêtes demandées n’ont pas été encore complétées. Il aurait été appréciable de donner une réelle sensation de réussite aux potentiels survivants et de faire durer un peu plus le plaisir – qui peut être de courte durée si le Predator cale bien l’explosion – en leur permettant de continuer les missions prévues avec pour adversaires des IA qui, bien que légèrement bas-de-plafond, peuvent poser difficulté lorsqu’on se retrouve seul ou à deux.

On nous a annoncé une ambiance et des designs inspirés du tout premier Predator de 1987 (déjà !) et il n’y a pas d’arnaque en la matière, à commencer par l’alien qui est une fidèle reproduction de celui qui dépèce tout ce qui bouge dans le film. Les amateurs vont être servis, notamment grâce aux possibilités de customisation très vastes, même si pour pouvoir les appliquer il va falloir prendre du grade. Les décors et l’ambiance sont dans le même esprit, nous arpentons des zones remplies d’une végétation dense dans lesquelles se trouvent des camps, engins et bâtiments à l’aspect militaire. La bande son retranscrit l’atmosphère recherchée avec des bruitages conformes aux lieux (bruits de la faune locale, bruissement au contact de la végétation…) et des dialogues automatiques donnent des indications sur ce que font nos coéquipiers, tandis qu’un vocabulaire fleuri fuse aussi bien de la bouche de tout ce beau monde. Mention spéciale à la qualité du son produit par le Predator, ce « claquement » typique qu’il produit et qui permet de savoir qu’il est dans le secteur ou qu’il s’approche dangereusement. Il en va de même pour les musiques qui nous plongent très bien dans l’ambiance sonore des films.

Votre membre de commando bénéficie du même traitement, même si l’on sent que l’accent a été mis sur la qualité du design du Predator, bien plus détaillé et aux variantes particulièrement fan-service. Ceci-dit, compte tenu du type de jeu dont il s’agit, il n’est pas exclu que de nouveaux skins viennent s’ajouter au fil du temps afin d’intégrer, par exemple, certains personnages du premier film dans le roster des commandos. A moins que cela ne soit déjà possible lorsqu’on atteint certains paliers de points d’XP…

Considérant l’ensemble des graphismes, il est cependant possible que certains fans reprochent à la production de ILLFonic un léger manque de réalisme. J’ai noté une inégalité dans la finesse des détails et des textures et connaissant les amateurs les plus exigeants, il est possible qu’un certain manque se fasse ressentir. Comme mentionné, le Predator a bénéficié d’un chara-design soigné, une qualité qu’on ne retrouve pas dans la même mesure pour les soldats et certains points dans les environnements. A titre personnel, cela n’a cependant pas eu d’incidence notable sur mon expérience de jeu, le niveau de qualité m’a paru suffisant pour fournir une immersion très correcte, d’autant plus que la vue à la première personne ne donne pas l’occasion d’apprécier la plastique des soldats lors des missions. La gêne se fait un peu plus sentir concernant les environnements, techniquement datés, d’autant plus que l’ensemble du jeu accuse un 30 fps sur Playstation 4 qui pique un peu et qui enlève du confort à ce FPS.

Sans aucune attente ou espoir particulier, Predator : Hunting Grounds m’a plutôt agréablement surprise lors de la preview. L’aspect asymétrique 1vs4 marié au PvE s’inscrit fort bien à ce FPS accessible et facile à prendre en main. Par la suite, l’expérience a été moins plaisante, du fait des parties qui se lancent alors que l’équipe est incomplète, et des Predator qui sont devenus bien difficiles à terrasser suite aux premières mises à jour. De plus, les habitués de cette catégorie de jeux et/ou les plus grands adeptes de la licence vont certainement émettre quelques réserves par rapport aux points évoqués dans ce test, déplorer un manque d’innovation ou encore le parti-pris des développeurs qui a consisté à opter uniquement pour une formule très loin du jeu d’aventure, dans laquelle nous aurions suivi une trame scénaristique aux commandes d’un Predator.

Pour ma part, j’ai autant apprécié le soin apporté au chara-design de la créature et le respect de l’univers du film, que l’accessibilité des mécaniques de combat de ce FPS qui reprend les bases du genre avec un bonne ergonomie. J’admets également volontiers que le fait d’incarner un Predator est particulièrement enivrant, d’autant plus que le gameplay rend bien le sentiment de puissance et les déplacements de cette masse qui est pourtant fort agile et rapide. Je reste cependant dubitative concernant la pérennité du titre. Pour voir leur jeu perdurer, il faudra que les développeurs trouvent le juste équilibre, celui qui permettra à chacun, quel que soit le personnage qu’il incarne, d’avoir des possibilités de réussite, afin de supprimer un aspect punitif à l’heure actuelle trop marqué, tout en maintenant la sensation de pression ressentie lorsque le monstre rôde. Mais il sera également nécessaire de fournir de nouvelles maps, ainsi qu’une plus grande variété dans les missions – ce changement ayant semble t-il été amorcé récemment – et revoir certains points comme le système de matchmaking ou les conditions de fin des missions, afin de ne plus avoir cette sensation d’incomplétude et de trop peu.

 

AFFAIRE A SUIVRE

 

Test réalisé par Midnailah, merci à Julien Bourey et Playstation France pour la copie fournie.

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