Street Fighter 6 – Le test sur PS5

STREET FIGHTER 6

1991 : révolution ! Capcom chamboule l’industrie en dévoilant le premier grand jeu de combat de l’histoire du jeu vidéo : Street Fighter II ! Rapidement, tout le monde s’arrache le titre, ce qui a bien évidemment donné des idées à la maison japonaise. De meilleures versions ont alors vu le jour (Champion Edition, Turbo, Super Street Fighter II et Super Street Fighter II Turbo), mais aussi une multitude de suites et spin-off. Toutefois, aucun de ces projets ne s’est vraiment donné la peine pour se rendre accessible au plus grand nombre, tout du moins, jusqu’à aujourd’hui…


Street Fighter 6 – Le trailer de lancement

 


UN VÉRITABLE JEU D’AVENTURE

Il a fallu 30 ans pour que la saga Street Fighter décide de s’ouvrir au monde, de s’intéresser à la concurrence, pour à son tour proposer une expérience accessible. En plus des classiques Versus et autres mode Arcade sur lequel nous reviendrons plus tard, Street Fighter 6, la dernière itération de la série, propose une véritable aventure, et ce, avec un grand A. Intitulée World Tour, cette nouvelle proposition délaisse quelque peu les 1 contre 1 et dévoile une formule inédite qui s’inspire grandement des jeux de Ryu Ga Gotoku, à savoir Yakuza et Judgement. Dorénavant donc, une ville toute entière s’offre au joueur : Metro City ! Il est donc possible d’explorer librement ce nouveau terrain de jeu qui reprend les traits de la ville de Final Fight pour s’adonner à quelques affrontements ici et là, remplir des missions et aussi vaquer à ses occupations. Encore une fois, à la manière d’un Yakuza, plusieurs mini-jeux sont à disposition, mais aussi des petites boutiques, idéales pour augmenter sa vie ou encore pour se refaire une beauté… Parce que, oui : pour la première fois dans l’histoire de la franchise, on peut façonner son combattant ou sa combattante de la tête aux pieds.

Dans un premier temps, ce mode de jeu fort prometteur nous a déçus, la faute à un manque de vie certain. Metro City n’a pas d’âme, les PNJ semblent simplement posés là pour remplir une fonction ou tout simplement faire office de décor, tandis que les environnements sont peu inspirés, la faute à une direction artistique timide. Que ce soit sur le plan visuel ou sur l’aspect sonore, tout est seulement travaillé en surface, histoire de donner l’illusion de. Mais malheureusement, ça ne suffit pas. Les différentes bâtisses ennuient le regard avec leur teint pâle et leurs textures lisses au possible, tandis que l’absence de sons environnants est absolument déroutant. Nous sommes à Metro City, ville nord-américaine composée de ruelles par dizaines et de grands boulevards, mais en jeu, on n’entend tout simplement aucune voiture, aucun klaxon, aucun rire, aucun cri, aucune discussion. Heureusement qu’il y a cette petite musique tantôt jazz, tantôt hip-hop, qui tente vainement de combler ce très grand vide. Le mode World Tour se rattrape cependant en dévoilant dans un second temps une deuxième destination : Nayshall ! Bien plus inspiré, ce nouveau lieu se montre agréable à parcourir, grâce à ses couleurs chatoyantes, donnant un petit cachet visuel réussi, mais aussi à sa verticalité qui casse complètement la monotonie de Metro City.

La bonne trouvaille de ce mode World Tour est d’avoir mélangé avec brio deux genres : d’un côté le beat’em up et de l’autre le versus fighting. Dans cette ville, il est possible de défier qui l’on veut, les passants ou encore les membres des différents gangs, qui ne cherchent qu’une seule chose, à se faire humilier. Lorsqu’un combat est lancé, le soft abandonne la caméra à la troisième personne au profit de la vue 2.5D à laquelle nous sommes habitués depuis 2008, date de sortie de Street Fighter IV. Ce qui est impressionnant, c’est que chaque combat prend exactement place là où l’affrontement a débuté, afin de proposer une infinité de décors différents ou presque à chaque fois que vous mettez les gants.

LA BASTON, LA VRAIE !

Si l’on émet quelques réserves sur le mode World Tour, la faute à une ambiance bien trop timide, sachez que nous sommes pleinement convaincus par tout ce que propose ce Street Fighter 6 manette en mains. Dès que l’on pénètre dans le menu Fighting Ground, un mode qui réunit tous les impératifs d’un jeu Street Fighter (Arcade, Versus, Entraînement et En Ligne), le jeu de Capcom change du tout au tout. L’univers semble à nouveau maitrisé sur le bout des doigts, et ce, grâce à une ambiance plus harmonieuse, organique, et à un casting aussi diversifié que réussi. Les 18 combattants jouables, aux profils et morphologies variés, transpercent l’écran par leur charisme, leur style, et propose bien entendu des approches complètement différentes une fois dans l’arène. Dhalsim ou Guile sont par exemple des héros qui ont tout intérêt à tenir leur adversaire à distance, tandis que JP, un tout nouveau combattant, se montre imprévisible. Luke, Ryu et Ken, de leur côté, jouent constamment des points, et Cammy ou encore Zangief, maitrisent la chope à la perfection.

En combat, le titre se montre également plus accessible, grâce à l’uniformisation des compétences entre les personnages, mais aussi grâce à l’arrivée de contrôles modernes qui permettent de lancer des attaques uniques, et ce, en pressant un simple bouton. Pas d’inquiétude à avoir, ces nouvelles touches ne viennent en rien détruire la philosophie Street Fighter, puisqu’il est encore une fois impossible de matraquer les touches pour espérer sortir un combo impressionnant. La mise en place de Jauge Drive est également un plus. En plus d’équilibrer davantage l’attaque et la défense, cette dernière ajoute une petite touche de stratégie supplémentaire au titre. Grâce à cette jauge, un joueur moyen et observateur peut prendre le dessus sur les joueurs plus expérimentés qui connaissent les combos par cœurs. En effet, cette jauge vient favoriser les blocages ainsi que les contre-attaque. Pour nous, c’est simple, l’équilibre entre attaque et défense n’a jamais été aussi maitrisé dans l’histoire de la franchise.

Si Street Fighter 6 peut décevoir en premier lieu à cause de son mode World Tour qui ne tient pas suffisamment ses promesses et ne met pas forcément en valeur les arguments de la franchise, le jeu s’en sort haut la main, une fois que l’on joue aux modes classiques. C’est simple, en combat, jamais un Street Fighter ne s’est montré aussi passionnant. Le titre donne à tout type de joueur la chance de faire ses preuves en ajoutant des options d’accessibilité plus que bienvenue et de nouvelles mécaniques qui vient toujours plus équilibrer le jeu. Vous l’avez compris, c’est du tout bon !

7/10

 

Test réalisé par Jerome Joffard, merci à l’éditeur pour la copie fournie.

Catégories : Shoot’em Up

Plateformes : PS5

PEGI : 18+

Langues : Textes en Français

Date de publication : 02/06/2023

  Développeur et Éditeur : Capcom

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