Anthem- Le test sur Playstation 4

Catégories : Shoot

Plateformes : PS4, Xbox One, PC

PEGI : 16

Langues :  Audio Français, Allemand, Anglais, Italien, Espagnol

Sous-titres Français, Allemand, Anglais, Italien, Espagnol, Russe, Portugais, Polonais

Taille : 34,67 GB

Date de publication : 22/02/2019

  Développeur : BioWare

Éditeur : EA Swiss Sarl

Prix : 69,99€ en téléchargement

51,49€ en boîte

 

Fort de ses productions antérieures et des propositions appétissantes que Anthem semblait être à même de nous apporter, le studio BioWare a su attiser la hype, ou à défaut la curiosité. Pour être tout à fait honnête, je faisais partie de la première catégorie, avec cependant une petite réticence : l’absence d’un mode histoire en local. En effet, BioWare a développé un jeu visant à se faire une place sur le marché des shooters jouables exclusivement en ligne. Cette tâche était ardue, compte tenu des concurrents en place, dont certains sont implantés avec un certain succès dans le monde vidéoludique. Pour parvenir à se démarquer d’un Destiny ou d’un Tom Clancy’s The Division, Anthem se devait d’offrir des propositions sortant des sentiers battus, un contenu étoffé, tout en bénéficiant d’une technique irréprochable.

Si le premier point est plutôt réussi grâce au style et au maniement du protagoniste, j’émets plus de réserves concernant la richesse du contenu et la totale réussite technique, comme nous allons le voir dans ce test.

Bastion est un lieu qui a vu le jour grâce à l’Hymne de la Création, un artefact qui a la capacité de composer le monde selon les souhaits de celui qui l’utilise. Les dieux (ou Démiurges) sont à l’origine de cette société relativement paisible, mais le monde va s’avérer corrompu par le Dominion, un groupe assoiffé de pouvoir. Le chaos qui va en découler va contraindre les hommes à se mobiliser pour résister aux créatures ayant envahi la région, en créant les javelins, des armures de combat perfectionnées. Sous le commandement du général Héléna Tarsis, l’humanité s’est réfugiée dans le fort éponyme et survit grâce aux freelancers qui luttent contre les attaques ennemies.

C’est alors qu’une nouvelle menace d’ampleur surgit, obligeant le Général a recruter de nouveaux freelancers. Vous incarnez un (ou une, au choix) de ces soldats et c’est ici que votre aventure débute.

Pour débuter, je tiens à rappeler une évidence : si vous souhaitez acquérir le titre sur PS4, il vous faudra détenir un abonnement au PS+ pour prétendre jouer à Anthem.

Le principe est simple : vous, freelancer, ferez partie d’une équipe de 4 dont le but sera de démolir les affreux envahisseurs grâce à votre armure à la Ironman.

LE point fort d’Anthem se situe dans les sensations et les possibilités offerte par votre javelin. Certe, cette mega armure permet de shooter ou d’envoyer des missiles, mais elle permet surtout des déplacements et ressentis tout simplement extatiques. Si on devait les définir en quelques mots, ils seraient liberté, vitesse, ivresse. Les mouvements sont précis, vous pouvez pratiquer le vol stationnaire, le double saut, ou encore tracer à grande vitesse, le tout avec une notion de verticalité qui apporte de l’envergure au gameplay.

L’arsenal que vous emportez est composé de deux armes, mais vous pouvez également vous battre au corps à corps ou utiliser deux capacités parmi un panel, qui permettent de balancer du froid, des flammes, de l’électricité, ou d’autres joyeusetés à enchaîner tactiquement pour infliger plus de dégâts. Chaque mission rapporte des points d’expérience, dont le niveau influencera la puissance de vos capacités. Le niveau 30 est le plus élevé disponible, une fois celui-ci atteint, il est nécessaire de se concentrer sur l’obtention d’équipement plus performant si vous souhaitez continuer à faire évoluer votre freelancer, avec cette contrainte du passage obligatoire par la forge et de ce fait faire face à un plus grand nombre de temps de chargement, souvent trop longs. Notez qu’une petite dose de craft permet de démanteler certains items afin d’obtenir des ressources à recycler pour une autre utilisation.

Ce tableau idyllique est terni par une certaine répétitivité, le point faible des productions basées sur des missions à remplir ponctuées de passages dans la zone centrale du jeu, à l’instar de titres comme Monster Hunter Generation Ultimate ou encore God Eater 3. Deuxième bémol sur une partition par ailleurs harmonieuse, le fossé qu’il existe entre les ressentis aux commandes de votre javelin et la fadeur du Hub, Fort Tarsis. Il ne s’y passe rien de bien transcendant, cela manque de rythme, le lieu paraît sans vie malgré la présence de quelques PNJ. C’est d’autant plus ennuyeux que vous ne pouvez pas faire autrement que de vous y rendre très régulièrement pour récupérer la prochaine mission ou vous occuper du contenu de votre inventaire. Le même schéma va se répéter durant toute l’expérience avec le même axe de progression : récupérer une mission, aller d’un point à un autre, notre protagoniste traçant sa route pour atteindre des objectifs assez similaires.

Quelques mots sur l’équipement qui a subi le même sort, les variantes sont redondantes et risquent de frustrer ceux qui espéraient plus de possibilités, notamment en matière de customisation.

Autre point à souligner, les tenants et aboutissants de l’histoire ne sont pas clairement et suffisamment développés, ni au début de votre aventure, ni par la suite. Là encore, un parallèle est possible entre God Eater 3 et Anthem, tous deux disposant d’un codex conséquent qui permet de comprendre ce qu’il en est, mais avec une différence significative sur le développement de l’univers et du scénario au sein des deux jeux : si God Eater 3 est dense, Anthem va s’avérer plus vide d’informations. Celui qui ne va pas s’intéresser au contenu du codex risque fort de penser que le titre est creux. De plus, malgré leur longueur, les interactions avec les personnages restent superficielles, vous permettant au mieux de glaner quelques quêtes, au pire vous sembler rébarbatives.

Enfin, le End Game va ouvrir 2 forteresses ainsi que 3 modes de difficultés. L’ensemble n’apporte pas de différence significative dans sa structure avec le corps du jeu, mais la difficulté “grand maître”  augmente considérablement le potentiel offensif des adversaires, se trouvant dotés d’une barre de vie conséquente et de dégâts infligés qui le sont tout autant. Quoi qu’il en soit, le bloc principal de l’aventure vous tiendra durant une vingtaine d’heure, à laquelle peut se greffer une bonne durée supplémentaire, à condition de garder la motivation induite par ce ressenti grandiose aux commandes de votre freelancer.

Anthem est un monde ouvert très réussi, tout y est magnifique quoique un peu vide d’interactions possibles. Sur Playstation 4, les chutes de framerates sont présentes lorsque trop de détails visuels ou d’ennemis figurent à l’écran. Je dirais que c’était prévisible, au regard des 30 fps dont le jeu est doté sur console. Ceci dit, la beauté des images compense cette petite lacune finalement peu gênante, quand on considère l’ensemble de l’expérience.

Est-il utile de préciser avec quel soin les freelancers ont été modélisés et le souci du détail dont bénéficie le chara-design ? Ou encore la qualité du rendu des javelins ? Les animations sont superbes, les effets convaincants. Le seul point en retrait est celui du bestiaire, aussi bien réalisé que le reste mais manquant de variété, ainsi que de big boss aux caractéristiques singulières. L’ensemble est cependant sublimé par une bande son efficace, précise et qui sait être épique. Fait notable, l’audio en français de qualité est disponible.

Sous sa forme actuelle, Anthem pose les bases d’un titre à fort potentiel qui a encore besoin de se trouver. Si les graphismes de toute beauté de ce monde ouvert, ainsi qu’un gameplay dynamique procurant des sensations fortes qui nous embarquent dans des sessions de jeu extatiques, il y a des points qui empêchent cet opus de se hisser au rang des jeux frôlant la perfection. A mon sens, les bémols les plus marquants qui viennent entacher l’expérience sont cette répétitivité présente dans la globalité des propositions, ainsi qu’un manque de contenu et de profondeur de l’histoire.

Il est légitime de se poser la question d’une potentielle prématurité de la sortie du dernier né du studio BioWare, qui aurait mérité d’être fignolé encore quelques temps. Cela aurait peut-être évité des temps de chargements trop longs – bien que partiellement corrigés – un Hub fade et l’exploitation trop timide de la coopération.

Ceci étant posé, j’admets avoir été face à un dilemme lorsqu’il a fallu attribuer une note à Anthem. Prendre en compte uniquement ce qu’il est à l’heure actuelle ou considérer ce beau potentiel dans l’évaluation ? Finalement, j’ai décidé de retenir les sensations fortes qu’il procure ainsi que toutes les promesses qu’il laisse entrevoir, car il ne fait aucun doute que BioWare en a encore sous le pied, pour peu qu’on lui en laisse le temps.

Test réalisé par Midnailah sur une version offerte par l’éditeur.

Merci à eux !

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