13 Sentinels : Aegis Rim – Le test sur Playstation 4 [PS4]

13 Sentinels : Aegis Rim

Catégories : Aventure, RPG Tactique

Plateformes : PS4

PEGI : 12

Langues : Audio japonais, Textes en français

Taille : 4,27 GB

Date de publication : 22/09/2020

  Développeur : Vanilliaware

Éditeur : Sega Europe LTD

Disponible en téléchargement et en boîte

 

Ce test ne comporte pas de Spoiler. Le déroulement de l’histoire ne sera aucunement abordé, seuls des d’éléments succins du synopsis y figurent.

Septembre 2015, la maison Tokyoïte Atlus – filiale de Sega – profite du Tokyo Game Show pour annoncer le projet 13 Sentinels : Aegis Rim, un jeu d’aventure développé par Vanilliaware, le studio à l’origine de la licence Odin Sphere ou encore du titre Dragon’s Crown. Après quatre années de gestation, 13 Sentinels est arrivé sur le marché vidéoludique japonais l’an dernier. Avec 130 000 exemplaires écoulés au Japon en date du mois d’avril cette année, le titre a été plébiscité par la critique, et même gratifié du prix du « meilleur scénario » ainsi que celui de la « meilleure nouvelle IP » durant les Famitsu Dengeki Game Awards 2019. Plus récemment, c’est au cours de l’édition de septembre 2020 du Tokyo Game Show que 13 Sentinels s’est vu décerner un des 10 Prix d’excellence attribués également à Persona 5 Royal, Fire Emblem Three Houses, ou encore Pokémon Epée et Bouclier.

Il aura fallu attendre moins d’un an pour voir Aegis Rim fouler le sol européen, doté qui plus est de textes traduits en français, ce qui n’est pas pour déplaire à un public francophone qui représente une belle part de marché pour ce type de productions. Peut-être que le succès de Persona 5 Royal dans l’Hexagone n’est pas étranger à cette localisation, mais quoi qu’il en soit, peu importent les raisons qui ont motivé Atlus et Sega Europe, le résultat est désormais à notre portée, à notre plus grande satisfaction.

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Autant vous le confirmer tout de suite : si vous êtes plus fan d’action que d’histoire développée via des lignes de texte et que vous attendez avant tout d’un jeu qu’il vous titille les rétines avec des graphismes ultra réalistes et vous invite dans d’innombrables moments durant lesquels vous pourrez exercer votre skill et votre doigté sur les boutons de votre manette, l’aspect et le gameplay de 13 Sentinels pourront être source de déception, voire dans le pire des cas vous faire considérer qu’il s’agit d’un mauvais jeu. Sur ce dernier point, nous ne pourrons pas tomber d’accord, mais la question n’est pas là aujourd’hui.

Aegis Rim va tout d’abord vous plonger dans son univers teinté de Science-fiction par le biais d’un, que dis-je, de plusieurs prologues qui vont être composés de deux grandes phases présentées en alternance. Chaque prologue va ainsi permettre de découvrir plus spécifiquement un des 13 personnages principaux, d’une part dans son histoire et d’autre part lors des combats, afin d’en maîtriser les bases. Ces deux moments-clés distincts vont s’imbriquer habilement afin de nous apporter autant d’ébauches de portraits et d’éléments de réponses, que nous intriguer et engendrer de nombreuses questions.

Cette – relativement longue – phase introductive passée, nous pouvons à loisir opter pour la réalisation de combats, ou pour le suivi de l’histoire des protagonistes, sans aucun ordre imposé, même si atteindre un certain pourcentage du scénario lié à l’un des personnages peut permettre d’accéder à la suite de l’histoire d’un autre. La grande force du titre est de proposer une intrigue dans laquelle les destins de nos treize combattants se croisent, sont liés, sans jamais s’embourber dans le vu et revu ou le convenu. Plusieurs époques sont représentées, que ce soit dans un passé relativement proche, ou un futur chaotique et tout au long du jeu, vous reconnaitrez des références à des  superproductions cinématographiques axées Sci-Fi (Men in  black, Independance Day, E.T…). Rien n’est laissé au hasard, chaque nouvelle question impliquée par le déroulement du scénario à un but précis dans l’expérience que le joueur va vivre et l’ensemble n’est pas avare en évènements ou situations qui vous prennent par surprise. Le système d’échange verbal entre les personnages est lui aussi peu commun, passant par un processus qui consiste à débloquer de nouvelles lignes de dialogue lors… des dialogues grâce à des termes précis qui vont s’afficher dans un menu représentant les pensées du protagoniste. Certains de ces mots vont permettre d’avoir accès aux réflexions intérieures du personnage et de ce fait d’entendre ses pensées – en japonais, ou en anglais grâce au patch dédié – tandis que d’autres vont déclencher un nouvel échange oral.

Si je devais résumer nos débuts dans l’aventure – que vous pouvez découvrir dans la vidéo qui suit, sans spoiler en dehors de la mise en place des premiers éléments de l’intrigue – je dirais que 13 Sentinels présente la lutte d’un groupe de 13 jeunes hommes et femmes contre des machines très nombreuses qui ont envahi Tokyo, nommées les Kaiju/Deimos. Chacun d’entre eux manœuvre de l’intérieur un immense robot disposant de son propre arsenal et d’un ensemble de compétences afin de pulvériser les ennemis.

L’esthétisme austère et vieillot de ces phases de combat – qui représentent la portion RPG/Stratégie du titre – va rapidement passer au second plan, le plaisir d’annihiler un grand nombre d’ennemis avec une attaque des plus puissantes prenant le pas sur le côté brouillon et il faut le dire un visuel peu engageant. Par ailleurs, notre toute première prise en main peut nous faire croire que nous allons expérimenter de purs combats au tour par tour, mais si les actions des six membres de l’équipe constituée par nos soins (défense, attaque simple, attaque spéciale qui consomme des PE, réparation, déplacements selon un réseau qui impose des lignes à suivre) vont effectivement devoir se choisir les unes après les autres alors que le temps est suspendu, les ennemis vont continuer à se déplacer durant les quelques secondes que vous pourrez laisser entre le passage d’un personnage à l’autre et ne pas se gêner pour vous canarder, vous et le terminal que vous devez protéger durant deux minutes. Ceci dit, à moins d’opter pour la plus haute difficulté du jeu – au nombre de trois – les deux plus basses ne posent pas de réel problème, car même si les conditions de victoire couplées à la puissance des ennemis donnent de plus en plus de fil à retordre, les nouvelles capacités et l’amélioration des statistiques de nos combattants et de leurs robots suivent une courbe de progression qui évite de se retrouver en grande difficulté, permettant ainsi d’atteindre sans trop de mal le rang S de chaque mission. Ceci dit, gare à l’excès de confiance, il peut être fatal et entraîner la mort d’un combattant, ce qui signerait inexorablement notre défaite.

Les archives, la troisième section du jeu, un codex au contenu déblocable au fil de l’histoire

Afin de porter son histoire et sa direction artistique qui nous emporte dans des visuels qui semblent avoir été dessinés dans des coloris crépusculaires et vaporeux, 13 Sentinels est bercé par des musiques qui réalisent le tour de force d’être à la fois discrètes et mémorables, vous donnant clairement envie d’écouter l’ost en dehors de vos sessions de jeu. De manière plus générale, la bande son est assez réussie, notamment lorsqu’elle accompagne l’explosion visuelle plus colorée des combats, quand les chiffres qui marquent les points de vie arrachés aux machines ennemies envahissent l’écran, tels les sons et lumières produits par un feu d’artifice.

Il existe donc un contraste entre les deux phases de jeu, l’une étant faite de sons et de musiques dynamiques mais peu marquantes, ainsi que d’un design peu détaillé aux couleurs vives et des déplacements sur tous les axes de la carte, tandis que les environnements et les personnages dans le mode Histoire semblent être dessinés avec des touches d’aquarelle, dans une 2D aux déplacements latéraux avec une touche de profondeur, accompagnée de musiques à la fois douces et épiques.

Impossible de reprocher à 13 Sentinels : Aegis Rim de manquer de profondeur, que ce soit dans son scénario, les différentes possibilités proposées à travers la trame scénaristique et son déploiement dans le jeu, ou dans ses phases de combat qui vont s’avérer riches en possibilités grâce notamment à l’équipement des mechas, customisations, améliorations, talents, tourelles et autres armes ultimes.

L’histoire des protagonistes et de leur monde reste néanmoins le point fort de l’expérience, expérience soutenue par une traduction française de qualité. Les combats, bien que plaisants grâce à la sensation de puissance offerte par les Sentinelles ainsi que les compétences et améliorations possibles, demeurent trop peu esthétiques, manquent de lisibilité et sont austères dans leur forme.

Quoi qu’il en soit, celui qui va aller au bout de l’histoire retiendra avant tout l’intelligence de l’écriture et le scénario qui est capable de surprendre, ce qui devient de plus en plus rare dans le monde du jeu vidéo. 13 Sentinels : Aegis Rim est de ce fait incontournable pour les amateurs du genre, tout en ayant le potentiel pour séduire un nouveau public, pour peu qu’il soit conscient des particularités du titre.

 

 

Test réalisé par Midnailah, merci à Koch Media pour l’exemplaire fourni.

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