Demon’s Souls Remake : Le digne héritier de l’opus de 2009 – Le test sur PS5


Demon’s Souls

Catégories : RPG

Plateformes : PS5

PEGI : 18

Langues : Voix et textes en français

Taille : 66 GO

Date de publication : 19/11/2020 en Europe

  Développeur : Bluepoint Games

Éditeur : Sony Interactive Entertainment Europe

Disponible en téléchargement et en boîte

 

 

Demon’s Souls, Dark souls, ou encore les Souls selon le terme consacré, voici un nom qui a la faculté de provoquer des réactions épidermiques, entendez par là une bonne vieille chair de poule induite, soit par la force du ressenti de celui qui va parvenir à terrasser les boss lors de ses pérégrinations, soit par la crainte que ce seul nom évoque.

En effet, que vous soyez simple néophyte n’ayant jamais sauté le pas de peur d’y laisser votre santé mentale, ou combattant aguerri, vous n’êtes pas sans savoir que la réputation de la licence lui colle à la peau depuis son arrivée sur le marché vidéoludique japonais en 2009. Il faut dire que l’exigence du gameplay pensé par From Software (studio également à l’origine de Bloodborne et Sekiro) a de quoi  effaroucher, tant les qualificatifs peu engageants sont légion : punitif, extrêmement difficile, cruel… Demon’s Souls a ainsi posé en son temps les bases d’un genre devenu culte : les Souls-like.

Aussi, au regard de la difficulté particulièrement relevée de ce RPG, le titre semble réservé à une catégorie de joueurs restreinte. Mais il a malgré tout de quoi attirer le chaland, d’une part grâce à l’attraction qui va s’exercer sur les anciens joueurs au regard de l’incroyable travail qui a été réalisé sur les graphismes et d’autre part grâce à ce nouveau panel de joueurs qui ne pourra décemment pas laisser passer l’occasion d’aller se frotter au maître du genre.

Premiers pas dans Demon’s Souls

 

Un scénario, parce qu’il en faut un

 

Le Roi Allant XII a utilisé la magie sans aucune restriction pour que son peuple prospère, et c’est mal. Ceci a entraîné l’apparition d’un brouillard anormal qui a recouvert le royaume de Boletaria. Envahi de démons mangeurs d’âme, le monde ne demande qu’à être sauvé par le personnage que nous incarnons, qui va parcourir le royaume afin d’éliminer la menace. Il fallait un objectif à notre héros, nous l’avons. Point. La simplicité du scénario n’est pour autant qu’accessoire tant le travail sur l’ambiance et l’univers est conséquent. C’est aussi cela Demon’s Souls, une atmosphère sombre portée par des musiques réorchestrées et par le petit truc en plus qui en fait un univers unique et marquant. C’est ici que ce remake prend tout son sens, le travail qui a été réalisé sur les graphismes donne une ampleur inédite à l’univers du jeu. L’ensemble est tout bonnement splendide et magistralement exécuté. Ce travail sur les graphismes porte quant à lui un gameplay strictement identique à l’original, rien n’a été modifié, en dehors de l’ergonomie et de la gestion de l’inventaire, ainsi que l’ajout de nouveaux équipements. Cette absence de changement du game design fait que là où les habitués vont retrouver le jeu qu’ils ont connu, les nouveaux venus pourront se targuer d’avoir pu passer l’épreuve Demon’s Souls dans sa version brute, sans un quelconque édulcorant de sa difficulté. Les développeurs ont même conservé les glitchs et autres rigidités des mouvements du héros pour une expérience conforme à celle de 2009.

 

De la personnalisation à foison

 

Bluepoint Games ne s’est pas moqué de nous, leur superbe travail porte également sur les animations faciales des personnages non jouables, tandis que la personnalisation du visage du protagoniste est bluffante, tant les variations et détails sont nombreux. Homme ou femme, il est possible de régler une foultitude de paramètres allant de la hauteur et l’écartement des yeux, à la forme et l’épaisseur du nez, en passant par l’ajustement des sourcils quasiment au poil près. Couleur de peau, des yeux, forme de la mâchoire, longueur du menton, teinte des cheveux (couleur de base et reflets), la liste est longue et permet beaucoup de liberté. Si je devais chipoter, je dirais que le nombre de coiffures est surprenamment plus anecdotique que le reste des possibilités.

 

On apprend plus de ses échecs que de ses réussites

 

Force est de constater que bon nombre de joueurs vont avoir pris la fuite, face au spectre de l’échec qui rôde autour de celui qui lance Demon’s Souls. Il n’est clairement pas donné à tout le monde d’accepter de plonger dans un titre qui va nous mettre de manière impitoyable face à notre incapacité – bien que provisoire – à maintenir notre personnage en vie et de ce fait, nous amener à nous sentir particulièrement incompétent. Tout part de cette notion d’échec et de notre appréhension face à elle.

Je l’admets, c’est ce qui m’avait toujours rebuté dans les Souls-like, cette succession d’échecs dans lesquels je ne pensais prendre aucun plaisir. C’était sans compter sur l’arrivée de cet opus qui a fait ressurgir les aficionados de la licence et a engendré bon nombre d’échanges, que ce soit sur les réseaux sociaux ou les chaînes de certains vidéastes. Mention spéciale à Exserv, dont le plaisir lors de sa découverte de ce Demon’s Souls 2020 transpirait de chaque pixel de nos écrans.

Sans aller jusqu’à parler de plaisir (quoi que), mon expérience dans Demon’s Souls est pourtant particulièrement satisfaisante, ne faisant que confirmer la formule mentionnée plus haut. Si vous voulez ne pas définitivement poser la manette après quelques heures, il est indispensable de garder à l’esprit que chaque mort vécue par votre personnage va faire ressortir un élément qui va vous permettre de progresser. Le level design est ainsi fait : vous avancez, rencontrez un obstacle ou un ennemi et vous allez devoir sans cesse chercher où est le point de rupture, afin de faire différemment la fois suivante et ainsi progresser un peu plus dans la zone. Le principe est le même pour les boss, à chaque fois que vous mourez, cela est dû à votre méconnaissance des lieux ou des réactions de l’IA, à une erreur d’appréciation, et chaque élimination est donc source d’apprentissage et logiquement de progression. Notons tout de même que la gestion parfois approximative de la caméra peut nous sanctionner injustement.

 

Demon’s Souls et la notion de difficulté

 

Tout d’abord, posons le contexte. Demon’s Souls est un RPG, ce qui signifie que l’arsenal et l’équipement du protagoniste varie en fonction de nos trouvailles, de nos achats et des améliorations que nous pouvons leur apporter. Mais avant de faire parler le fer et d’aller annihiler des démons, il sera nécessaire de choisir une classe parmi les 10 proposées, chacune disposant de compétences et de statistiques qui lui sont propres. En outre, lieu stratégique où nous allons bien souvent nous rendre, le Nexus est une sorte d’immense temple qui fait office de QG, dans lequel il est possible d’échanger les âmes durement récoltées contre des objets, armes et équipement, mais aussi contre l’augmentation de l’une ou plusieurs de vos statistiques.

Un partage improvisé

Partant de là, la difficulté va être tout d’abord influencée par le choix de notre classe, certaines présentant l’avantage d’équilibrer nos forces entre le maniement des armes et la magie, cette dernière étant particulièrement efficace. Le choix des statistiques que vous allez faire évoluer par la suite va donc être déterminant. Mais ce ne sera pas suffisant. Si le titre est aussi exigeant, c’est avant tout car il ne laisse aucune place à l’improvisation, une mauvaise gestion de vos jauges d’endurance et de magie, ou un mauvais calcul et l’ennemi peut vous asséner un coup qui va dangereusement faire fondre vos points de vie. La moindre erreur peut être fatale et vous obliger à recommencer entièrement une zone, votre inventaire amputé des objets que vous avez utilisé, les âmes récoltées réduites à zéro – cependant récupérables, une unique fois, sur le lieu de votre premier décès dans la zone – et ce que vous soyez mort dans un niveau ou lors d’un combat contre un boss de fin de zone. Mais comme ce n’est pas suffisant, suite à votre toute première mort, vous pourrez revenir dans la partie, mais sans votre enveloppe charnelle, avec une jauge de vie qui ne pourra se remplir qu’à demi. Pour récupérer votre corps – et l’entièreté de votre barre de vie par la même occasion – une seule solution : vaincre la créature de fin de zone. Une fois votre enveloppe récupérée, vous la perdrez à nouveau dès la mort suivante et devrez vous contenter de votre condition d’âme tant que vous n’aurez pas vaincu de boss. Un cercle sans fin dans lequel, contre toute attente, combattre sous forme d’âme aura un avantage que je vous laisse le soin de découvrir. Et oui, vous allez mourir, souvent, très souvent, plus ou moins en fonction de votre maîtrise, mais ça, vous le savez déjà.

 

Un apprentissage dans la douleur ?

 

Toujours est-il que Demon’s Souls a ce génie de marier une certaine restriction dûe à la précision demandée et une liberté certaine dans les stratégies à adopter pour terrasser les boss. Il n’y a pas une méthode unique mais un panel de solutions, chaque joueur devant expérimenter les combats pour saisir celle qui lui convient, ou celle que ses différents essais vont lui faire apparaître comme la plus efficace. Autre point qui apporte une relative liberté, il est très vite possible d’opter pour n’importe quelle des cinq parties du monde de Boletaria et ainsi faire provisoirement l’impasse sur une zone qui nous pose particulièrement problème.

Mais Demon’s Souls, c’est aussi l’absence de guide, l’apprentissage en roue libre. Personne ne vient vous donner d’explication sur ce en quoi consiste la tendance du monde (qui nécessiterait à elle seule un article), les caractéristiques des objets, la magie ou le fonctionnement du Nexus et le jeu pourra vous faire découvrir de manière cruelle les conséquences de vos actions d’apparence anodine. Cette mouture 2020 offre cependant la possibilité de croiser des messages laissés par d’autres joueurs qui peuvent représenter une aide, en donnant un indication, en apportant un soutien moral, voire vous permettre un moment de légèreté lorsque vous croisez les propos d’un troll… mais l’intervention des joueurs peut aussi être source de confusion ou d’échec, lorsqu’ils débarquent dans votre parcours via une fonction dédiée sans bienveillance.

A contrario, l’expérience de certains connaisseurs peut grandement bénéficier aux néophytes, qui ont l’avantage de pouvoir profiter du savoir des joueurs de la première heure investis dans l’écriture de guides dédiés à Demon’s Souls. En outre et comme annoncé par Sony, la Playstation 5 offre une aide en temps réel accessible via le bouton PS de la Dualsense en proposant des astuces qui correspondent à la zone où vous vous trouvez.

Le mot de la fin sera consacré à l’aspect technique de Demon’s Souls qui, outre des temps de chargement conformes aux promesses de Sony, permet d’opter pour deux modes d’affichage qui sont Performances et Cinématiques. Le premier permet une résolution 4K dynamique et un framerate stable de 60 images par seconde, tandis que le second annonce une 4K native et 30fps. Ce sera bien entendu à votre libre appréciation, mais j’ai opté pour le mode Performances et ses 60 fps, qui me paraissent indispensables compte tenu du gameplay millimétré du titre.

 

Ce sont de nos morts que nous apprenons et devenons de plus en plus aptes à progresser dans notre chemin de croix. Partant de ce postulat, l’exigence de Demon’s Souls devient supportable, du moins pour celui qui accueille plutôt que subit les règles imposées par le game design, tout en sachant faire preuve d’humilité et de mesure. Persévérance et acceptation sont également essentielles, ces deux notions permettent au titre de devenir plus accessible. A partir de là, peu importe le temps que cela vous prendra, ni le farm dont vous abuserez, ni même le nombre de guides que vous pourrez consulter pour décrypter cet univers obscur et complexe dans lequel vous êtes largué sans ménagement, la victoire est à portée de main et c’est un euphémisme de dire qu’elle est satisfaisante.

Cette mouture 2020 se devait de transcender un titre qui a posé les fondements d’un genre. Bluepoint Games a su relever le défi grâce à une version mettant à profit le potentiel de la Playstation 5 de la plus belle manière qui soit, tout en gardant totalement intacte l’âme du Demon’s Souls original. Les plus grands amateurs vont à nouveau se délecter de cet univers sublimé par la refonte graphique, un véritable appel à l’utilisation sans vergogne du Mode Photo, que même les nouveaux venus en Boletaria vont être tentés d’utiliser afin d’immortaliser des panoramas grandioses, ou des scènes de combat épiques. Oui, même vous là-bas, vous qui observez sans oser sauter le pas, par crainte de ne pas réussir à dompter le jeu, ou de souffrir au-delà du supportable. Vous pourriez finalement vous lancer et vous retrouver à capturer vos exploits. Avec de la détermination et l’état d’esprit qui convient, si une novice sans skill comme je le suis peut y arriver, c’est que vous le pouvez également. Il ne tient maintenant qu’à vous de connaître l’intense satisfaction procurée par la vision d’un boss de Demon’s Souls terrassé de votre main.

 

9/10

 

Test réalisé par Midnailah, merci à Julien et Playstation France pour la copie fournie.

 

Vous pouvez soutenir GNZ en achetant votre exemplaire via ce lien.

2 réflexions sur “Demon’s Souls Remake : Le digne héritier de l’opus de 2009 – Le test sur PS5

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