No Straight Roads – Le test sur PS4

No Straight Roads

Catégories : Action-aventure

Plateformes : Playstation 4, Xbox One, Switch

PEGI : 12

Langues : Audio Français, Japonais, Anglais, Espagnol

Taille : 10,89 GB

Date de publication : 25/08/2020

  Développeur : Metronomik SDN. BHD.

Éditeur : Sold Out

Disponible en téléchargement

et en boîte

 

Sur le papier, No Straight Roads est le titre auquel tous les rockeurs en herbe rêvent de jouer. Ce jeu d’action-aventure musical développé par le studio indépendant Metronomik vous met dans la peau de Mayday et Zuke, un duo de rockeurs, qui, après une déconvenue façon « The Voice », décide de conquérir la ville de Vinyl City à base de gros riffs qui tâchent. Le hic c’est que Vinyl City est régenté par la faction de l’Electro Dance Music qui fournit, grâce à sa musique, l’électricité pour toute la ville. Bunk Bed Junction, nom du groupe de notre duo, est bien décidé à faire régner le rock et prouver que son énergie permettra de fournir à tous les habitants l’électricité nécessaire pour vivre.
En somme, le début de No Straight Roads pourrait se résumer à botter des culs tout en prouvant que le rock est le meilleur genre musical du monde. Rock Yeah !
Cependant, après quelques minutes manettes en main, No Straight Roads se révèle moins rock que prévu malgré sa bonne volonté. GNZ vous propose l’autopsie musicale d’un jeu qui a peut-être vu trop grand.

&

Tout d’abord, le jeu de Metronomik pourrait se diviser en deux principales phases : l’exploration et le combat.
L’exploration permet de se balader dans les différents quartiers de Vinyl City que vous aurez débloqués après avoir battu les boss qui tiennent ces-dits quartiers. Le but n’est pas uniquement de gambader dans chaque quartier mais également de remettre de l’électricité grâce aux bouteilles de Qwasa (le nom de l’électricité du jeu) que vous récupérez au fil de l’aventure. A chaque lampadaire ou autres vitrines activés, vous aurez un nombre de fans qui augmentera.
Évidemment, ce nombre de fans ne sert pas uniquement à faire joli. Dans le hub central, là où nos deux protagonistes dorment, vous aurez l’occasion de faire évoluer vos capacités en combat avec des arbres de compétences pour chaque personnage ou pour le duo. Selon le nombre de fans, vous pouvez débloquer certaines compétences parfois utiles dans les futurs combats. Mais ce n’est pas tout ! Si les arbres de compétences ne vous suffisent pas, vous pouvez également choisir les différentes attaques spéciales ou décider, grâce à des stickers disséminés dans le jeu et à mettre sur les instruments, d’améliorer la puissance d’attaque, les parades ou encore la barre de vie des personnages. En somme, No Straight Roads s’appuie sur des arbres de compétences à déverrouiller, des attaques spéciales à choisir et des buffs à équiper pour chaque personnage. Pour un jeu d’action, cela commence à faire beaucoup. Au départ, si l’on s’amuse à tester toutes ces possibilités, on finit rapidement par garder les mêmes équipements, les mêmes attaques tant les différences se font peu sentir au combat. On s’imagine tout ce temps perdu sur ces features (l’arbre de compétence est le mal profond de cette génération) alors que l’essence du jeu semble se reposer essentiellement sur les combats.

Des combats qui peinent franchement à convaincre. Dans un premier temps, l’aspect musical est finalement peu présent. Lors du tutoriel, NSR nous laissait penser qu’il suffirait de tendre l’oreille pour réussir à parer un ennemi ou esquiver une attaque grâce à des indices sonores. Dans les faits, le côté musical des combats reste peu exploité. Comme dans n’importe quel jeu, on regardera surtout les patterns visuels pour vaincre. C’est dommage surtout que c’est souvent le beau bordel notamment dans les phases de boss. Il y a tellement d’effets à l’écran que l’on peut perdre ses repères et ne pas savoir d’où vient l’attaque (Sayu, boss numéro deux, je te hais !).
Malheureusement, le gameplay ne suit pas non plus. Il est minimaliste à en pleurer. Les combos sont peu nombreux et dépendent des compétences débloquées. Au final, tous les combats se ressemblent et on finit inlassablement par appuyer sur les mêmes boutons.
Malgré tout, l’ensemble n’est pas à jeter. Metronomik a eu la bonne idée de changer quelque peu le gameplay de Zuke et Mayday. Zuke frappe fort, a des combos plus nombreux mais reste lourd tandis que Mayday est un personnage plutôt versatile. L’autre bonne idée est de pouvoir changer de personnage à la volée durant un combat. Cela permet de varier un peu les plaisirs. D’ailleurs, si vous avez deux manettes, il est tout à fait possible de jouer à deux en co-op locale. L’un incarnera Zuke et l’autre Mayday. C’est assez rare pour souligner cette excellente initiative.

Pour le moment, le portrait dressé de No Straight Roads n’est pas des plus engageant. Néanmoins, les quelques heures passées en la compagnie de Bunk Bed Junction n’est pas complétement désagréable.
En effet, l’histoire reste relativement originale et se laisse suivre. Surtout, le scénario permet de poser un humour parfois percutant notamment grâce à Mayday qui n’a pas sa langue dans la poche. On sourit, on rigole même parfois grâce à des dialogues ou des scènes vraiment bien écrites. D’ailleurs, si les dialogues fonctionnent bien, c’est aussi grâce au doublage français d’excellente facture. Le studio a fait appel à quelques pontes du domaine comme Donald Reignoux (Titeuf, Peter Parker dans le Spider-Man PS4), Céline Montserrat (Bulma dans Dragon Ball) ou encore Françoise Cadol (la voix française de Sandra Bullock). Seulement, ce travail plutôt bon sur les voix se trouve amoindri par une synchro labiale mauvaise. Parfois, le personnage continuera pendant plusieurs secondes à bouger ses lèvres alors que le doubleur a fini de dire sa phrase.

Le scénario ne se repose pas uniquement sur des blagues. Il s’autorise même à balancer quelques critiques sur le monde de la musique à travers des sujets comme les parents qui forcent leurs enfants à devenir des musiciens, les chanteuses virtuelles ou encore la création de boy’s band. Dans les faits, les critiques sont légères mais cela reste toujours appréciable de nuancer son univers.

Malencontreusement, là où Metronomik déçoit beaucoup est sur le côté artistique de No Straight Roads. Si le chara-design pourra en rebuter certains, si le design des quartiers sont peu originaux, c’est l’OST du jeu d’où provient la grande déception. NSR nous vend l’histoire de ce groupe de rock qui se rebelle contre l’establishment en place mais on cherche toujours les morceaux de rock. Globalement, on tend l’oreille pour entendre une chanson, une musique qui resterait en tête et dont on se souviendrait après avoir éteint la console. Seul un morceau de rap survolera les débats. C’est le comble pour un jeu musical.

Pour finir, sur le plan technique, No Straight Roads est plutôt propre malgré le fait que le jeu soit développé par un petit studio indépendant en Malaisie. On notera quelques chutes de FPS dans certaines zones (la place Plaza par exemple) et des temps de chargement un peu longuets mais rien de choquant. Le jeu est parfaitement jouable sur ce plan-là.

 

En somme, No Straight Roads est un jeu qui a vu trop grand en voulant absolument cocher toutes les cases de la modernité vidéoludique (arbres de compétences, objets à collectionner, zones à débloquer etc etc) en oubliant, au passage, son gameplay. Peut-être aurait-il fallu se centrer uniquement sur ce dernier point et l’univers au lieu de vouloir ressembler à tout le monde. Au final, le jeu de Metronomik perd l’originalité promise des débuts. On retiendra cependant son scénario, son humour et les nuances apportées à l’univers.

 

Test réalisé par Gwoka, merci à Just For Games pour la copie fournie.

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