Detroit : Become Human – Le test sur Playstation 4

Catégories :Action, Aventure

Plateforme : Playstation 4 exclusivement

Langues audio : Français, Allemand, Anglais, Italien

Sous-titres : Allemand, Norvégien, Finnois, Suédois, Anglais, Italien, Français, Danois, Néerlandais

Taille : 79,99 GB

Date de publication : 25/05/2018

  Développeur : Quantic Dream

Éditeur : Sony Interactive Entertainment

Prix : 39,99€ en téléchargement

52,99€ en boîte

PEGI 18

 

Si vous êtes de ceux qui sont sensibles au sujet et à l’univers d’un jeu vidéo plutôt qu’au studio dont il est issu, vous pourrez débuter Detroit : Become Human sans savoir d’où nous vient le titre. Si vous avez déjà expérimenté Beyond: Two Souls ou encore Heavy Rain, vous constaterez qu’il existe des similitudes entre ceux-ci et le dernier né de Quantic Dream. Et pour cause : tous nous viennent du même studio, une équipe française dont la particularité est de nous proposer des expériences aux atmosphères fortes, doublées d’histoires sur lesquelles le joueur a une réelle influence, le tout dans un enrobage graphique visant un réalisme des plus poussés. Très attendu, Detroit : Become Human vient combler les attentes des adeptes de ce type de productions, en particuliers les fans du studio qui ont du patienter pas moins de 4 années pour que le titre ne voit le jour.

Detroit en l’an 2038, l’entreprise Cyberlife est parvenue à redresser l’économie de la ville en produisant et commercialisant des androïdes plus vrais que nature, à tel point qu’il est impossible de les différencier des êtres humains, si ce n’est par leur comportement docile et robotisé. La puce électronique positionnée sur leur tempe droite est également un signe distinctif, à la fois indicateur de l’activité de leur système et manière de marquer leur non appartenance à l’espèce humaine. Progressivement, la machine a remplacé l’homme, fournissant une main-d’oeuvre fiable et efficace. La conséquence directe a été d’engendrer un taux de chômage dépassant le tiers de la population, ce qui a fini par créer une grande animosité envers ces androïdes considérés comme infaillibles. De ce fait, Ils sont parqués, isolés dans des espaces qui leurs sont réservés. Ce monde dans lequel humains et machines cohabitent est l’archétype même d’une société ségrégationniste. Après tout, ces morceaux de plastique n’ont pas de sentiments, d’amour-propre, de conscience véritable, est-il nécessaire d’avoir de la considération pour eux ?

C’est dans cette ambiance morose et désabusée qui s’apparente à une fiction d’anticipation, que nous allons faire connaissance des trois protagonistes principaux, n’ayant à priori rien en commun, en dehors du fait d’être des androïdes.

Connor est un modèle ultra perfectionné qui a pour mission de participer à une enquête de grande envergure : en effet, certains de ses semblables montrent des signes de rébellion, un dysfonctionnement de leur système qui leur vaut le qualificatif de Déviant. Quant à elle, Kara sort des ateliers de réparation de Cyberlife et rejoint le domicile d’un homme perturbé au possible afin de s’occuper de la fille de celui-ci. Enfin, Marcus est au service d’un homme âgé et malade, qui fait partie de ceux qui ont du respect pour les androïdes.

 

Avant toute chose, vous aurez la possibilité d’opter pour l’une des 2 difficultés proposées. Le mode spectateur et ses actions minimalistes permettent à ceux qui ne connaissent pas ou peu la manette de profiter de l’expérience, sans la frustration engendrée par un échec dû à la méconnaissance de l’emplacement des divers boutons. Un laps de temps supplémentaire pour la réalisation des QTE vient s’ajouter à la simplification des actions, ainsi qu’une probabilité moins importante de perdre un personnage. L’ensemble de ces aménagements est une réelle valeur ajoutée pour un titre qui mérite d’être expérimenté par les néophytes en matière de jeu vidéo.

Le jeu débute avec Connor qui se rend sur les lieux d’un crime, l’occasion pour nous de découvrir les déplacements et diverses commandes. Cette prise en main progressive s’inscrit dans une narration qui va être la base de l’expérience Detroit. Ponctuellement, des QTE vont donner une dynamique à la scène en cours, mais surtout mettre le joueur sous pression. Vous devrez enchaîner les actions, sachant qu’il peut suffire d’une seule touche manquée à un point précis du QTE pour apporter un changement dans le chapitre ou même orienter différemment la suite du récit. En effet, les conséquences pourront être anecdotiques, mais également totalement vous surprendre, que ce soit dans l’orientation donnée à l’histoire, ou la perte d’un personnage.

Detroit va se démarquer par un gameplay qui va mettre le paquet sur les émotions. Elles font partie intégrante de l’expérience, il est même possible de dire qu’elles en sont le moteur. Sans jamais tomber dans le pathétique, certaines scènes pourront vous prendre aux tripes, vous faisant même oublier que ce qui se déroule sous vos yeux n’est pas réel, tant le ton est juste. De ce fait, en fonction des affinités de chacun, l’attachement aux personnages va vite venir et ne plus vous lâcher, avec ce fort sentiment habilement mené par la réalisation de Detroit d’avoir une certaine responsabilité envers eux.

De la même manière, l’implication engendrée par le gameplay va totalement vous immerger. L’alternance de phases d’action et de celles dans lesquelles vous partagez le vécu et les sentiments des protagonistes apportent non seulement toute la profondeur au titre, mais aussi cette tension qui vous submerge quand vous pressentez que les conséquences de vos actes vont vous permettre de donner l’orientation désirée à votre histoire, ou au contraire vous embarquer là où vous ne le souhaitez pas. Cette conscience est d’autant plus présente lorsque vous avez déjà vécu l’aventure une fois, les actions et choix décisifs étant plus évidents à repérer. Pour autant, il faut vous attendre à être encore surpris, le maître mot de cette trame scénaristique en arborescence étant la subtilité : rien ou presque n’est couru d’avance.

Pour avoir finalisé 2 parties différentes et échangé avec d’autres joueurs, j’ai été bluffée par les toutes les subtilités apportées par les multiples arcs et leur contenu. Il est possible qu’une décision prise ait des conséquences plus tard, ou qu’elle modifie significativement le déroulement du chapitre. Nous sommes face à un titre qui ne se contente pas de nous permettre d’apporter quelques variantes aux dialogues pour finalement accéder à une fin qui va ressembler à toutes les autres. Quantic Dream a réalisé un tour de force en créant d’innombrables embranchements dans le scénario, dont l’issue dépendra non seulement de nos réussites lors des QTE, mais aussi et surtout des choix que nous allons faire. Les possibilités sont vastes, vous pouvez ainsi créer une histoire qui va grandement varier dans son déroulé et vous donner accès à une des 7 fins disponibles. Le dénouement obtenu pourra cependant ne pas vous convenir, car si certaines conséquences des choix réalisés tombent sous le sens, nombreuses sont celles que vous ne verrez pas venir et ce malgré quelques évidences dans le scénario. Ces dernières sont dues aux thèmes abordés qui ont déjà été exploités maintes fois, mais aussi aux profils des personnages qui peuvent avoir un côté cliché, voir caricatural. Ceci dit, à partir du moment où les développeurs ont fait le choix de nous emmener dans une histoire qui nous montre notre société telle qu’elle est, avec ses travers, ses désillusions et ses failles, nous sommes nécessairement face à un titre qui va mettre en avant une réalité, un quotidien et limiter l’effet de nouveauté ou de surprise. Quant aux profils vus et revus des personnages, ils s’imbriquent si bien dans l’ambiance et dans l’histoire qu’on est tout disposé à pardonner ces quelques maladresses scénaristiques. Finalement, ils apportent même un peu d’humour. Couplés aux divers ressentis dans lesquels nous allons être amenés, voici un bel effet ascenseur émotionnel qui fait partie de la force de Detroit.

Entre autres choses qui marquent les esprits : l’infinité d’embranchements que le joueur ne va pas avoir exploitée. Lorsque vous êtes face à l’arbre des possibilités, vous constatez que parfois cela pourra se limiter à quelques détails manqués qui mèneront à une fin commune, mais que ce sont aussi des branches entières qui ne sont pas débloquées, ou même qu’il existe plusieurs fins de chapitre différentes. Aussi, l’envie de redécouvrir le jeu ne pourra que vous titiller, afin de connaître les autres dénouements. Quantic Dream a réussi haut la main à nous entraîner dans la sphère de la rejouabilité, d’autant plus concernant les passionnés et les compétiteurs qui vont avoir à cœur d’obtenir les divers bonus, ou découvrir par eux-même les chemins pris par les autres joueurs dans le monde ou encore afin de comprendre comment telle ou telle voie est accessible.

Le gameplay et la direction artistique vont littéralement nous embarquer et compenser haut la main les quelques points évoqués plus haut. L’immersion et l’implication sont maximales dans Detroit, notamment grâce à ses magnifiques graphismes et à une modélisation aboutie. Les décors sont splendides, la qualité est au rendez-vous. Lors des gros plans sur les visages, le soin apporté aux détails est frappant et force le respect. Le grain de peau et ses aspérités, les effets de lumière dans les yeux pour un regard qui prend vie, la pilosité, les effets sont tout simplement époustouflants. Il est toujours possible de chipoter sur l’aspect moins travaillé des personnages dans les plans éloignés, ou encore sur une certaine raideur dans leurs mouvements, ou même sur une maniabilité parfois poussive, mais dans la mesure où l’expérience de jeu reste exceptionnelle, est-ce si remarquable ?

J’en viens à la bande originale du titre qui elle aussi a été particulièrement soignée, pour un magnifique rendu de l’ambiance spécifique à chaque scène. Les ressentis sont exacerbés par les musiques électro (qui font notamment penser à celles des films Blade Runner), ou instrumentales avec une présence marquée de la sonorité inégalable du violon. Elles vous emportent dans l’univers Detroit avec beaucoup de justesse. Quant à lui, le doublage en français est de très bonne qualité, même si la force des ressentis et les émotions sont mieux retranscrites dans la version anglaise. Évidemment, le studio d’origine étant frenchy, aucune erreur de traduction n’est à déplorer.

Quantic Dream a frappé fort. Detroit : Become Human est le fruit de 4 années de développement durant lesquelles toute l’expertise du studio a été mise à contribution. Non seulement il s’agit du plus abouti de leurs titres, mais Detroit propose une expérience unique et maîtrisée, grâce au parfait équilibre entre les éléments qui le composent et leur alternance durant le jeu. Vous avez un réel pouvoir décisionnaire et l’exceptionnelle quantité de possibilités proposées est impressionnante. Les quelques défauts n’enlèvent rien à l’expérience que vous allez vivre. Ceci dit, ils pourront gêner les joueurs qui espéraient un scénario plus original et une approche plus profonde des thèmes de l’acceptation de la différence dans notre société et par extension de celui de la tolérance. Quoi qu’il en soit, cet univers sans concession aux allures de film d’anticipation reste une magnifique réalisation, impossible pour moi de ne pas vous la recommander.

Test réalisé par Midnailah

 

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